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Tchat avec Mickaël Jacob, technicien de maintenance

publication : 26 mars 2012
A l'occasion de la 2e édition de la Semaine de l'industrie, Mickaël Jacob, technicien itinérant en maintenance des matériels, vous a convié à un tchat vendredi 23 mars. Son métier : trouver la panne le plus rapidement possible pour ne pas immobiliser les engins de travaux publics et de manutention sur les chantiers. Retrouvez l'intégralité des échanges entre vous et ce jeune professionnel.

Modérateur : Bonjour. Le tchat va commencer dans quelques minutes. Nous accueillons Mickaël Jacob, technicien en maintenance de matériels itinérant. Il dépanne les engins de travaux publics et de manutention sur les chantiers. Il va répondre à vos questions sur son métier, sa formation, son travail quotidien, etc.

Mickaël Jacob : Bonjour à tous. J'attends vos questions. 

Symitch : En quoi consiste votre métier ? Dans quel environnement travaillez-vous ?

Mickaël Jacob : Je répare des engins de manutention. J'interviens essentiellement sur des chantiers de travaux publics.

dp3 collège Taison Metz : D'où l'envie d'exercer ce métier vous est-elle venue ? Adolescent, étiez-vous déjà fort en mécanique ?

Mickaël Jacob : Tout petit, j’étais attiré par la mécanique sans jamais avoir été très bon, mais j'avais l'envie d'en savoir plus et de pouvoir dépanner les engins que je démontais.

dp3 collège Taison Metz : Votre situation d’itinérant est-elle un choix personnel ? Que vous apporte cette mobilité ?

Mickaël Jacob : Oui c'est un choix personnel ; ça permet d'évoluer plus vite et de faire plus de formations pour pouvoir suivre les machines au fur et à mesure de leurs évolutions.

Kevin : Quels cursus avez-vous effectué ?

Mickaël Jacob : J'ai fait un bac STI Génie mécanique et après un CQP (certificat de qualification professionnelle) en deux ans en engin de manutention.

Gégé : Bonjour, pouvez-vous m'expliquer la différence entre un BTS et un CQP ?

Mickaël Jacob : un BTS est reconnu par l'Education nationale. Il peut être fait en alternance ou non alors qu'un CQP est mis en place par une branche professionnelle en alliance avec un lycée et un concessionnaire.

Emilie : Quel bac faut-il passer pour préparer un BTS ou un CQP dans la maintenance ?

Mickaël Jacob : Un bac pro ou bac STI ou n'importe quel bac technique.

kb : Actuellement en terminal bac maintenance des équipements industriels, j'aurais voulu savoir en quoi consiste exactement votre métier ? Quelles sont les conditions ? Quelles sont les possibilités d'évoluer dans ce domaine ? Quelles sont les entreprises qui recrutent ?

Mickaël Jacob : Sur les conditions de travail, je travaille en extérieur sur site là où la machine est tombée en panne. Pour l'évolution, on commence par l'atelier pour acquérir de l’expérience ; ensuite on passe technicien itinérant et on peut évoluer vers une place de chef d'atelier.

C'est un domaine où l'on recrute un peu partout. Il faut aller voir sur les sites des marques de constructeurs ; ils recrutent et proposent du travail un peu partout en France et à l'étranger.

Denis : Comment se passent les premières semaines qui suivent l’embauche ? Est-ce qu'on suit une sorte de formation ? Je suppose qu'on ne nous lâche pas comme ça face aux problèmes...

Mickaël Jacob : Le CQP est une alternance entre l'école et le concessionnaire ; au bout de ces deux ans on a un certificat avec une embauche à la clé. Ensuite, on reste environ un an en atelier où l'on peut être amené à accompagner d'autres techniciens itinérants, puis on part sur la route en totale autonomie.

Jenny : Existe-t-il un BTS qui correspond au certificat de qualification professionnelle que vous avez passé ?

Mickaël Jacob : Oui, il s'agit du BTS Maintenance et après-vente des engins de travaux publics et de manutention.

Philo : Est-il possible d'espérer exercer le métier de technicien de maintenance industrielle avec un DUT GMP en poche ?

Mickaël Jacob : Le DUT Génie mécanique et productique permettrait plus d'aller travailler chez un constructeur dans la conception de matériels. Mais il est toujours possible d'exercer le métier de technicien de maintenance. Tout dépend du profil de la personne.

Mikee72 : Est-ce qu'il y a des niveaux d'intervention ? Ou vous touchez à tout et réparez tout ?

Mickaël Jacob : Oui il y a des niveaux d'intervention. On ne peut pas tout réparer. Notre boulot consiste à évaluer l'état de la machine et savoir s'il n'est pas préférable de la faire rentrer en atelier.

 

Mikel Jo : Est-ce qu'il vous est arrivé de ne pas trouver la panne ?

Mickaël Jacob : Oui. Selon les machines sur lesquelles on est amené à travailler certaines sont plus simples que d'autres et étant tout seul sur la route on ne dispose pas tout le temps de la documentation appropriée pour dépanner la machine.

Cathy93 : Quelle est votre journée de travail type ?

Mickaël Jacob : En gros on effectue deux à trois dépannages par jour suivant le boulot qu'il y a à faire sur chaque dépannage. Je suis à près en moyenne 3 à 4 heures par jour sur la route. Notre secteur d'intervention est l’Ile-de-France.

Billy : Est-ce fréquent qu'un technicien de maintenance industrielle travaille de nuit ? Et est-il aussi fréquent de faire des astreintes ?

Mickaël Jacob : Pas dans mon entreprise mais suivant les concessionnaires c'est possible. En revanche il est très rare de faire 35 heures dans la semaine. Bien souvent on travaille sur des journées de 10 heures.

Djimico : Etes-vous limité dans le temps pour réparer une panne ? Parce que plus vous mettez de temps et plus vous perdez d'argent non ?

Mickaël Jacob : Non on n'est pas limité dans le temps mais on travaille sous la pression du client pas satisfait.

 

Vlad : Quand il n'y a ni panne, ni entretien à faire, quel est votre travail ?

Mickaël Jacob : Il n'y a jamais de journée sans panne mais une fois le dépannage terminé il faut rédiger un rapport d'intervention et réapprovisionner le camion en pièces et en huile. On vise l'intervention en une fois. Il faut qu'on ait tout ce qu'il faut sous la main pour réparer

Rachel : Est-ce qu'il y a des exigences physiques particulières ? Y a-t-il beaucoup de débouchés ?

Mickaël Jacob : Non il n'y a pas d'exigences physiques particulières. Il faut juste être assez débrouillard. Côté débouchés, il y en a beaucoup. On manque de personnels.

Modérateur : Pourriez-vous nous décrire une intervention dans sa totalité ?

Mickaël Jacob : Le client appelle mon chef d'atelier en lui donnant les symptômes ressentis sur la machine. Mon chef d'atelier me transmet un ordre de réparation. A la suite de cela, j'évalue les pièces à emmener pour dépanner la machine. Je me déplace chez le client, diagnostique la panne et la répare. Ensuite, je dois remplir un rapport d'intervention, le faire signer par le client et le rendre à mon chef d'atelier.

Dan : Quelles sont les pannes originales auxquelles vous avez eu à faire ?

Mickaël Jacob : Des machines en panne en plein milieu de l'autoroute, une machine en panne dans un tas de sucre...

dp3 collège Taison Metz : Ce métier peut-il être exercé par une femme ? Votre profession s’ouvre-t-elle aux filles ?

Mickaël Jacob : Oui, ce métier peut être exercé par une fille. Mais pour l'instant il y en a très peu…

Kermit' : Qu'appréciez-vous dans votre métier et que n'appréciez-vous pas ?

Mickaël Jacob : C'est très plaisant de travailler dehors quand il fait beau, de ne pas avoir de chef sur le dos ! C’est bien aussi d'avoir un véhicule de fonction attitré de type camionnette avec lequel je rentre chez moi. Ce que j'apprécie moins, c'est d'être dehors quand il fait froid.

René : Utilisez-vous beaucoup l'informatique ou l'électronique sur vos machines ?

Mickaël Jacob : Toutes nos machines sont munies de calculateurs. Donc on utilise un ordinateur pour paramétrer ces calculateurs. J'étais justement en formation pour apprendre à utiliser l’outil de diagnostic sur les dernières machines qui viennent de sortir.

Abdel Aziz : Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Mickaël Jacob : Il faut être autonome, précis, débrouillard, assez rapide, avoir le sens du contact avec le client, être déterminé pour résoudre les problèmes que l'on rencontre. Il faut savoir gérer la pression et composer avec le client, le chef d'atelier, les chauffeurs de machine et le problème à résoudre.

dp3 collège Taison Metz : Votre métier consiste-t-il aussi à prévenir les pannes ? Réfléchissez-vous aussi à l’optimisation des machines ?

Mickaël Jacob : Oui. Lorsque l'on rencontre des pannes récurrentes ou que l'on pense qu'il pourrait y avoir un éventuel problème, on essaie de modifier le système pour fiabiliser la machine.

Grio : Question à vous qui êtes itinérant : on peut aujourd'hui dépanner sans se déplacer, c'est la télémaintenance. Qu'en pensez-vous ?

Mickaël Jacob : Oui, mais c'est vraiment le début de cette nouvelle technologie. Il nous faut l'aide d'un opérateur sur place. On n'en est pas encore à dépanner la machine avec un simple ordinateur à distance.

Test33 : Connaissez-vous la fourchette de salaire pour un technicien débutant ?

Mickaël Jacob : Pour un débutant, avec un BTS, c'est environ 2 000 euros brut.

Philippe44 : Les entreprises recherchent-elles des professionnels ayant des connaissances techniques particulières ?

Mickaël Jacob : Oui, car nos machines comportent plusieurs technologies : on va retrouver de l'électricité, de l'hydraulique, de la motorisation. Je suis plus formé pour l'électronique embarquée. Suivant le profil de la panne, le chef d'atelier va envoyer telle ou telle personne.

Mariusz : Bonjour. En sortant du parcours scolaire, aviez-vous déjà travaillé avant de trouver ce travail. Je suis titulaire d'un BTS Electrotechnique, et n'ayant pas d’expérience professionnelle, j'ai du mal à trouver un travail dans la maintenance justement.

Mickaël Jacob : Mon cursus en alternance m'a permis de trouver du travail tout de suite. J'ai été embauché par l'entreprise où j'étais en alternance.

Karlit : Les techniciens en maintenance peuvent-ils occuper tout un éventail de postes ?

DD: Y-a-t-il des possibilités d'évolution de carrière ?

Mickaël Jacob : On débute en atelier. Après on peut évoluer et devenir technicien itinérant puis chef d'atelier suivant le type d'entreprise. On ne peut pas arriver en connaissant le métier. Chaque personne évoluera en fonction de ses capacités.

Mathieu_blois : Aujourd'hui, les entreprises recherchent des professionnels flexibles, disponibles et prêts à se remettre en question, pour mieux évoluer. Est-ce votre cas ?

Mickaël Jacob : Oui. Il faut savoir s'adapter aux besoins de l'entreprise.

Modérateur : Le tchat se termine. Mickaël, le mot de la fin ?

Mickaël Jacob : C'est un métier assez varié où l'on a la possibilité d'évoluer dans plusieurs environnements, de ne pas rester enfermé dans les bureaux, où l'on est au contact des personnes. C'est un métier où il y a beaucoup de débouchés, plutôt bien payé et où on peut évoluer pour les gens motivés. On a la satisfaction personnelle d'avoir accompli sa mission. On se sent utile et on reçoit la reconnaissance des gens. Chaque jour qui passe ne se ressemble pas ! Le travail n’est pas monotone, il requiert de la réflexion. Bonne chance à tous. Venez chez nous, on recrute !

Modérateur : Merci Mickaël. Merci à tous de votre participation.

 

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