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Tchat avec Romain et Rémy, couvreur et menuisier à Melbourne

publication : 19 mai 2010

A 24 ans, Romain, couvreur de formation, est aujourd'hui chef de chantier dans une entreprise du bâtiment à Sydney. Rémy, 29 ans, a pour sa part décidé de devenir menuisier après son bac littéraire. Il est aujourd'hui menuisier agenceur dans une entreprise située à Melbourne. Leurs points communs, outre le fait de travailler en Australie : ils sont Compagnons du devoir, ont fait leur Tour de France et suivi une formation en alternance. Romain et Rémy ont répondu en direct depuis Melbourne à vos questions sur leurs métiers et leurs parcours mercredi 19 mai de 15h à 16h.

La retranscription intégrale du tchat avec Romain et Rémy

Onisep : Bonjour ! Le tchat va démarrer dans quelques instants... Nous accueillons aujourd'hui Romain et Rémy. Ils vont répondre à vos questions.

Chat avec Romain et Rémy, couvreur et menuisier à Melbourne_2

Romain : Bonjour, je m'appelle Romain. Je suis Compagnon couvreur. Je suis en Australie depuis un peu plus de 5 mois et je suis heureux d’être parmi vous, pour vous faire partager mon expérience. N'hésitez pas à me poser des questions...

Rémy : Bonjour à tous et à toutes, je m'appelle Rémy, Compagnon menuisier, travaillant dans une entreprise d'ébénisterie moderne à Melbourne, sud-est de l'Australie. Je serai heureux de répondre à vos questions concernant le métier ou le voyage dans un pays étranger.

Onisep : Pour apporter des réponses complémentaires à vos questions sur les formations des Compagnons du devoir, nous accueillons également Anaïs Hervé, Chargée de mission Promotion des métiers, Recrutement et Placement des jeunes.

Anaïs Hervé : Bonjour à tous, je suis ravie de participer à ce chat et répondre à vos questions.

Onisep : Rémy, Romain, vous allez nous répondre en direct de Melbourne. Quelle heure est-il actuellement à Melbourne ?

Rémy : Il est 23h et 3 minutes.

Melki : Qu'est-ce qui vous a décidé à partir ? Pourquoi l'Australie ?

Rémy : L'Australie était pour moi comme un nouvel Eldorado ; un rêve vieux de plus de dix ans ; un pays que j'imaginais superbe et qui s'est révélé l'être encore plus.

Romain : Mon parcours professionnel et également mon entourage. Un pays jeune et anglophone.

Anton : Romain, Rémy, vous êtes parti pour l'aventure ou pour le métier ? Je veux dire, c'est mieux côté pro ? Vous apprenez des trucs ou pas plus qu'en France ?

Rémy : Du côté professionnel, j'ai voulu passer de la menuiserie à l'ébénisterie moderne, nouveau domaine pour moi et très formateur. Sinon cette aventure est pour moi le moyen de suivre un vieux rêve.

Romain : Pour ma part, un peu les deux mais avec un réel projet, sur le plan professionnel, d'approfondir mon anglais. Le travail est sensiblement le même mais les techniques de conception, en passant par l’organisation jusqu'à la réalisation sont différentes.

Elis : Est-ce qu'il faut bien parler l'anglais avant de partir ? Comment avez-vous fait pour avoir un bon niveau ? Merci

Rémy : L'anglais est absolument obligatoire ! J'avais un bon niveau avant de partir mais l'anglais australien est assez différent de celui qu'on apprend à l'école, donc, il vaut mieux partir bien préparé !

Romain : Il est important de bien préparer son projet. Avoir de bonnes bases peut t'éviter des soucis. Après 5 mois, je ne suis pas encore bilingue... J'ai encore du chemin à faire.

AXEL : Est-ce que c'est dur de s'habituer à la vie en Australie ?

Chat avec Romain et Rémy, couvreur et menuisier à Melbourne_3

Rémy : Au début c'est déstabilisant et assez impressionnant. Mais les gens sont tellement "relax" et ouverts que ce nouvel apprentissage se fait très bien. Tout est assez différent mais on retrouve pas mal de base européenne.

Romain : Non, ce n’est pas forcément compliqué mais il y a un temps d'adaptation.

Julien : Avez-vous pu avoir un visa facilement ? Votre métier est-il demandé en Australie ?

Rémy : Le visa est un visa vacances travail que j'ai obtenu en 24h par Internet. Le pays est en pleine construction, l'artisanat est très demandé. Mais actuellement les choses deviennent dures en matière d'immigration. Pour les visas, reportez-vous au site du gouvernement australien, les lois changent vite.

Romain : J'ai demandé mon visa il y a 6 mois, je l'ai eu en 6 heures. La compétence de couvreur est très demandée, notamment les compétences européennes.

Rémy : Il existe des centres de formation en Australie, mais la formation est moins poussée qu'en Europe c'est pourquoi la main d'œuvre européenne, particulièrement française, est appréciée.

Anaïs Hervé : Un accompagnement sur le volet des démarches administratives, par le service international du siège social des Compagnons du Devoir peut être apporté.

gloups : Aviez-vous un travail déjà prévu là-bas avant de partir ?

Rémy : Oui

Romain : Également

Rémy : J'avais des contacts avec des compagnons ici. Je déconseille fortement de partir à l'aventure. C'est très dur de trouver du travail par soi-même. La difficulté : la langue et l'équivalence de qualification. En particulier pour les plombiers.

Romain : J'ai été mis en contact par l'intermédiaire des Compagnons avec mon employeur.

Julien : Votre statut de compagnon est-il un plus ?

Rémy : En Australie, les Compagnons ne sont pas connus.

Romain : Les Compagnons sont présents en Australie, mais ils ne sont pas connus a priori.

Rémy : L'avantage des Compagnons en Australie, ce sont les contacts qu'on peut avoir avec les sédentaires sur place, comme moi.

Anaïs Hervé : Près de 500 jeunes vivent une expérience professionnelle à l'étranger, accompagnés par des compagnons sédentaires.

Gloups : Comment avez-vous procédé pour trouver un job à distance ?

Rémy : Grâce à un Compagnon qui était passé des années avant moi en Australie dans cette entreprise. Et qui m'a donné l'adresse.

Romain : Moi aussi, j'ai trouvé par le réseau des Compagnons. J'ai pu rencontrer mon patron qui était en déplacement en France à ce moment-là. Il avait déjà accueilli des Compagnons.

KEVIN : c koi le métier de couvreur ?

Romain : Le rôle du couvreur est de réaliser l'étanchéité d'un bâtiment. Nos secteurs d'activité sont très variés. Nous réalisons les couvertures dites "traditionnelles" en ardoise, tuile, plomb, zinc... Nous nous occupons des installations solaires, des toitures végétalisées... Nous sommes également un acteur majeur dans les économies d'énergie... Comme tu peux le constater, c'est un métier en permanente évolution. Tu n'auras pas le temps de t'ennuyer !

Max : Pouvez-vous me parler de votre métier de menuisier agenceur ? Merci

Chat avec Romain et Rémy, couvreur et menuisier à Melbourne_4

Rémy : Le métier de menuisier est un travail du bois et de ses dérivés. Nous travaillons sur des habitations individuelles ou collectives, ainsi que sur des collectivités comme des centres d'accueil. C'est avant tout un travail sur le bois massif, du sol au plafond : les murs, le plancher, le plafond, les escaliers... Le métier de menuisier agenceur porte sur le bois et ses dérivés : le mélaminé, le médium... des panneaux stratifiés. Au cours de mon Tour de France, j'ai travaillé dans 8 villes différentes, notamment en Suisse.

Alexis Randazzo : Quel bac pro faut-il faire pour faire ce métier ?

Romain : Nous n'avons pas de bac professionnel dans notre métier. Le chemin le plus adapté pour devenir couvreur est la voie de l'apprentissage. Nous validons nos acquis par différents diplômes : CAP, BP (brevet pro, niveau bac), BTS.

Rémy : Le bac pro n'est pas obligatoire.

Henry : Vous étiez bilingue avant de partir ?

Rémy : J'avais un bon niveau d'anglais en terminale et j'ai eu l'impression de ne pas savoir parler en arrivant. Il vaut mieux partir avec un bon niveau, sinon, c'est très dur. L'accent est particulier. Le but du voyage étant de communiquer, l'anglais est obligatoire. Personne ne parle français ici.

Romain : Moi, je n'étais pas du tout bilingue. Au niveau du métier, le message passe aussi par le geste. Le plus important, c'est aussi de pouvoir communiquer à l'extérieur. Le côté administratif est important ici : pour conduire, avoir un permis...

Arru : Facile de s'habituer à la vie en Australie ? Les kangourous... lol...

Rémy : L'Australie est le pays le plus dangereux au monde, par rapport aux animaux. Des araignées grosses comme mon ongle sont mortelles ! Les gens sont très accueillants, avec un esprit insulaire. Ils sont surpris de voir des gens qui font autant de km pour découvrir leur pays. Ils sont impressionnés et vous disent : « bienvenue, on va te faire découvrir le pays !».

Romain : Les Compagnons sont habitués à voyager. On a une facilité d'adaptation.

LN : Bonjour, mon fils veut devenir charpentier, il n'est pas fait pour rester sur les bancs de l'école. Mais il n'a que 15 ans et il n'est pas très vaillant au travail. Je crois qu'il n'est pas encore assez autonome pour travailler tout seul. Je suppose qu'il faut une certaine maturité, une certaine force morale pour faire son Tour de France, loin de sa famille ? A quel âge l'avez-vous fait ? Merci pour votre réponse.

Rémy : C'est un âge tout à fait normal. La force de caractère va venir petit à petit au quotidien. Le compagnonnage est très formateur. Avec cette entraide dans le travail, il n'est peut-être pas très vaillant, mais il va le devenir. Moi j'ai commencé mon apprentissage à 18 ans. C'est le meilleur choix que j'ai fait de ma vie.

Romain : J'avais 15 ans et demi quand j'ai commencé mon apprentissage. J'en garde un très bon souvenir. J'ai décidé de rester durant deux ans dans ma région. Et vers 18 ans, j'ai décidé d'entamer mon tour de France.

Anaïs Hervé : Tout d'abord il faut que votre fils fasse son apprentissage sur 2 années, donc il va acquérir une certaine maturité pendant cette expérience. Le rythme d'alternance pendant cette période est de 6 semaines en entreprise et 2 semaines au CFA. Après il va pouvoir changer plusieurs fois de villes en France avant d'envisager de partir à l'étranger pour poursuivre son Tour de France.

Koala : Comment vous êtes-vous préparés ? Que conseilleriez-vous pour se préparer à mieux communiquer ?

Rémy : Des cours d'anglais ! Au niveau de la préparation en elle-même, je conseille fortement d'avoir de bonnes économies avant de partir. Et de prendre une assurance complète : une mutuelle prévoyance spécifique aux Compagnons.

Romain : Il faut avoir un vrai projet. Un projet professionnel avant tout.

Anaïs Hervé : En regardant des films ou la télévision en anglais en amont, en écoutant de la musique...

Hakim : Vous travaillez dans des entreprises françaises ou australiennes ?

Rémy : L'entreprise est australienne, mais j'ai la chance de travailler avec une poignée de Français, ce qui est très rare.

Romain : En couverture, à Sydney, j'étais dans une entreprise australienne, mais sinon c'est très cosmopolite. Je travaille avec des Suisses, des Allemands, des Suédois, des Serbes, des Français... et des Australiens aussi, bien sûr.

Brandonne : Est-ce que les cours d'anglais sont dispensés par les Compagnons du Devoir ?

Anaïs Hervé : En France, des cours du soir sont dispensés.

Gwendoline : Comment avez-vous choisi d'être menuisier et couvreur ?

Romain : Pour moi, je voulais un métier en pleine évolution, qui ne subit pas la crise.

Rémy : L'attrait et l'amour de la matière : à savoir le bois, pour moi. Et en premier lieu, j'avais un désir de concret.

The_French_Bush : Vous connaissez d'autres métiers bien accueillis en Australie ? Vous pensez qu'il y aurait de l'avenir pour les tapissiers ?

Rémy : Oui ! L'entreprise d'ébénisterie dans laquelle je travaille fait souvent appel à des tapissiers.

Romain : L'ensemble des métiers du bâtiment et plus largement l'ensemble des métiers préparés par les Compagnons seront bien accueillis. Ils ne subissent pas la crise et sont appréciés.

Daniel : Vous pensez que votre formation de compagnon plus pointue vous permette plus facilement de prendre du galon, même en Australie où vous êtes expatrié ?

Chat avec Romain et Rémy, couvreur et menuisier à Melbourne_5

Rémy : Oui. Très rapidement, je me suis vu investi de responsabilités. Malgré mon anglais hésitant, j'ai pu traiter avec des architectes et des designers et j'ai pu faire mes preuves rapidement.
 

Kline : La vie vous plaît là-bas ?

Rémy : Définitivement ! Je suis heureux comme je ne l'ai jamais été auparavant et d'ailleurs, j'y reste !

Romain : Je me lève avec le sourire tout les matins comme en France.

Emilie : Vous êtes "Compagnons du devoir". Est-il plus facile de trouver un emploi en Australie qu'en France ?

Rémy : Non, ce n'est pas facile de trouver du travail ici. Çà dépend des corporations.

Romain : Nous, dans le secteur de la couverture, si 10 couvreurs européens arrivent, ils seront tous pris, sans exception !

Eilen : C’est quoi pour toi Rémy et pour toi Romain, l'avantage principal d'être à l'étranger ? Merci.

Rémy : Une grande ouverture d'esprit, la confrontation avec une autre mentalité et une autre culture. Personnellement, c'est le côté "nature" et les grands espaces qui me plaisent le plus en Australie.

Romain : De s'ouvrir l’esprit... de voir d’autres choses...

Corinne : Y a-t-il des filles parmi les compagnons expatriés ? Est-ce possible ? (je suis une fille et je me destine à un CAP de plomberie)

Romain : Oui, bien sûr. Elodie, aspirante mécanicienne, travaille en moment sur Perth.

Anaïs Hervé : Nous avons de plus en plus de jeunes filles dès l'apprentissage en France et également sur le Tour de France et cette tendance ne va faire qu'augmenter.

Gloups : Au niveau des conditions de travail ? Est-ce contraignant ? Pouvez-vous aussi revenir voir votre famille en France quand vous le voulez ? Est-ce possible de pouvoir revenir au moins 2 à 3 semaines par an ?

Rémy : Les semaines sont longues, on bosse dur ici. Il faut être motivé. On a un rythme de travail assez soutenu. Chacun doit mettre de l'argent de côté pour payer son billet d'avion.

Romain : Un aller-retour, c'est environ 1 100 Euros.

Gloups : C’est plus dur qu'en France ?

Romain : Les conditions de travail ne sont pas plus dures qu'en France, mais les journées sont plus longues. Les gens ici sont moins stressés qu'en France. Ici, on a 4 semaines de congés payés par an.

Mimi : Pas trop long le voyage pour atteindre la terre promise ?

Rémy : 24 heures

Onisep : Les dernières questions...

Brandonne : Quelle est la durée du voyage à l'étranger ?

Rémy : Le visa vacances travail est d'une durée d'un an. Toutefois, ce visa ne vous permet de travailler que 6 mois pour le même employeur. Donc, la plupart des gens qui prennent ce visa font 6 mois de travail et 6 mois de vacances : ils font le tour de l'Australie et bossent ponctuellement.

Romain : Pour moi, cela fait 5 mois que je suis là, j'ai fait la moitié de mon voyage. Et je compte faire l'autre moitié dans les 5 mois qui viennent.

Brandonne : Y a-t-il des possibilités de renouvellement ?

Rémy : Oui, et il est parfois demandé de quitter le territoire pour renouveler son visa.

Ss : Vous devez aller en Nouvelle-Calédonie ?

Rémy : Pas forcément. Mais depuis Sydney, la Nouvelle Calédonie est à 3 heures d'avion.

Koala : Vous avez envisagé ou voyagé dans d'autres pays ?

Romain : Juste après l'Australie, je vais passer un mois en Nouvelle-Zélande, puis à Hong Kong et au Danemark.

Seb : Rémy, je te vois bien surfeur, probablement.

Rémy : Je suis menuisier !

Romain : Je suis couvreur, surfeur sur les toits en zinc.

Onisep : Nous allons conclure le chat. Le mot de la fin ? Rémy et Romain ?

Rémy : GDAY MATE, NO WORRIES (Salut, et pas de problème !)

Romain : See you soon in Australia !

Rémy : Quel que soit le chemin que vous prendrez, suivez vos passions ! Merci pour vos questions.

Anaïs Hervé : Merci à tous pour votre participation et à bientôt chez les Compagnons du Devoir.

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