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Métiers de la mer : les réponses de nos experts

publication : 23 juin 2014
La pêche ou les loisirs nautiques vous intéressent ? L'Onisep vous a proposé durant 15 jours de poser vos questions à deux professionnels : Noël Meunier, patron-pêcheur et Jimmy Sinet, responsable d'une base nautique, moniteur de voile. Leur formation, leur quotidien, ce qu'ils pensent de leur secteur d'activité… Ils ont répondu à toutes vos questions. Voici désormais vos réponses personnalisées.

Qui n'a pas rêvé de travailler au contact de la mer ? Avec quelle responsabilité, quelle formation ? Ces métiers font rêver et en plus ils recrutent. En dépit des difficultés économiques, les métiers de la mer relèvent d'une grande diversité et continuent de proposer de belles carrières. Noël Meunier, patron-pêcheur, vous a répondu.

Par ailleurs, le tourisme, le plaisir des vacances à la mer ou aux bords de lacs et de rivières sont aussi à l’origine de très nombreuses activités professionnelles. Jimmy Sinet, responsable d'une base nautique et moniteur de voile a également répondu à vos questions.

Noël Meunier
Patron-pêcheur d'un bateau de 15 mètres sur l'île de Noirmoutier. Président du Comité local des pêches.

Jimmy Sinet
Responsable de base nautique, moniteur VNM (véhicules nautiques à moteur : jetski – engins tractés) et moniteur de voile dans un club de vacances à La Grande Motte.

 

Vos questions à Noël Meunier, patron-pêcheur

Marielle : Comment avez-vous commencé le métier ? Avez-vous fait une formation ? Souvent, ce milieu me semble uniquement ouvert à ceux qui ont déjà de la famille dans le métier...

J’ai commencé à 14 ans, à Boulogne sur Mer, à l’école des pêches, sur des bateaux de 50 m qui faisaient la Mer du Nord. J’ai passé mon CAM (Certificat d'Apprentissage Maritime) au Portel. Je ne suis pas issu d’une famille de pêcheurs puisque mon père était assureur et que j’habitais Paris ! Mais j’ai toujours eu la passion de la mer depuis tout petit…

 

Mich : Bonjour, j'imagine que vous êtes plusieurs jours de suite en mer, est-ce compatible avec une vie de famille ?

Au début, je partais 12 jours en mer… avec 72h de repos entre les marées. Depuis quelques années, je pars le lundi et je rentre le samedi, repos le dimanche et pendant les grandes marées. Ma femme a beaucoup géré l’éducation des enfants et la vie à terre…

 

Charles : Quelle est votre formation ?

J’ai passé mon CAM (Certificat d'Apprentissage Maritime) à 16 ans puis je suis retourné à l’école plusieurs années plus tard pour passer mon Capacitaire et différents modules pour la sécurité. J’ai aussi validé mes acquis en rapport avec mon expérience en tant que patron pêcheur depuis 1987.

 

Julien : C'est quoi l'avenir de la pêche ? Beaucoup de contraintes pour pas beaucoup d'argent et puis aussi beaucoup de lois, normes, à respecter avec l'Union européenne ?

L’avenir de la pêche ? Si je le savais, je dormirais un peu mieux ! C’est vrai que la réduction des quotas qui nous tombent dessus et les nouvelles normes qui sont pondues chaque année réduisent la liberté de notre métier… Mais j’ai la passion de mon métier et je ne me vois pas faire autre chose à mon âge ! Concernant l’argent, je gagne correctement ma vie, mais le salaire n’est pas assuré chaque mois. Cela demande une gestion rigoureuse du budget…

 

Aude : Quelle est la place des femmes aujourd'hui dans le monde de la pêche ?

On voit maintenant quelques femmes mais le métier est physique, notamment pour les bateaux qui partent la semaine. Ceux-ci ne sont pas équipés pour avoir un couchage et des toilettes séparées. Cela pose quelques problèmes de cohabitation… En revanche, pour les bateaux qui font la journée, c’est plus facile. Dans le port de Noirmoutier, une jeune fille vient de se mettre à son compte. Elle navigue avec son compagnon. Elle a reçu plusieurs prix…

 

Olivier : Bonjour je souhaite être garde-côtes mais des personnes me disent qu'il faut être gendarme et d'autres non. Pourriez-vous me dire ce qu il en est ? Merci.

Contrairement à ce que son nom laisse entendre, il ne surveille pas les côtes, mais le territoire maritime. Le garde-côte exerce une surveillance douanière sur l'ensemble de la navigation maritime, qu'il s'agisse des courriers marchands, des navires de pêche ou de plaisance.

Agent de constatation des douanes ou marin-contrôleur des douanes, il est chargé de lutter contre le trafic de drogue, d'armes, la contrefaçon... et la contrebande maritime. Son rôle est aussi de sauvegarder le milieu marin (lutte contre la pollution des plaisanciers, dégazage des paquebots en pleine mer) et de préserver les espèces menacées (baleines...).

Accès sur concours de la fonction publique avec le bac pour les douaniers.

Accédez à la fiche métier : contrôleur(euse) (des douanes, des impôts, du Trésor public, du travail)

 

 

 

 

Remy : Vous êtes combien sur votre bateau ? Vous pêchez quoi ?

Nous sommes 7 avec moi et nous pêchons principalement la sole au filet. Au printemps le turbot, la lotte et les homards, toujours au filet mais avec des grands mailles.

 

Pensez-vous que les métiers de la mer soient accessibles pour des "terriens" intéressés par les métiers de la mer mais n'ayant pas le "sang de marin" ? Désolé pour les expressions.

Oui bien sûr, étant moi-même un « terrien ». Comme je l'ai dit à Marielle un peu plus haut, j’ai commencé à 14 ans, à Boulogne sur Mer, à l’école des pêches, sur des bateaux de 50 m qui faisaient la Mer du Nord. J’ai passé mon CAM (Certificat d'Apprentissage Maritime) au Portel. Je ne suis pas issu d’une famille de pêcheurs puisque mon père était assureur et que j’habitais Paris ! Mais j’ai toujours eu la passion de la mer depuis tout petit. Il faut être passionné et volontaire.

 

Ced : Comment se faire embaucher lorsque l'on n'a pas de formation particulière dans ce domaine ? Merci

Je conseillerais pour quelqu’un qui ne connaît pas le métier de demander une dérogation aux Affaires Maritimes ; une dérogation pour embarquer sur un bateau en tant que passager pour voir si le métier peut plaire. Ensuite, il faut obligatoirement passer son Certificat d’Initiation Nautique pour pouvoir embarquer à la pêche. C’est le minimum requis.

 

Dodo : La pêche, est-ce tous les jours différent ? Avez-vous beaucoup de gestes quotidiens voire routiniers ? Votre métier vous plaît toujours ? Autrement dit, êtes-vous toujours heureux de voir ce que vous pêchez chaque jour ? Vous arrive-t-il d'avoir peur en mer ? Votre plus beau souvenir ? Et le pire souvenir ?

Oui, c’est tous les jours différent car la météo et les éléments sont tous les jours changeants. La quantité de poissons varie également souvent d’un jour à l’autre, d’un coin à un autre…

Les gestes sont assez routiniers, c’est vrai, mais le métier me plaît toujours autant, même si la fatigue se fait plus sentir au fil des années. J’ai peur en mer lorsqu’elle est formée. Particulièrement la nuit où l’on ne voit pas forcément la vague arriver.  

Mon plus beau souvenir : c’est une journée de pêche où on a relevé 5 tonnes de poissons (c’était en 1987 !).  

Mon pire souvenir : lors d’une tempête où j’étais bloqué en mer. On a mis 24h pour rentrer au port. De plus, les moyens de communication étaient moindres à l’époque et je ne pouvais pas rassurer ma famille.

 

Jonas33 : Y a-t-il beaucoup de concurrence entre les bateaux ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il y a peu de solidarité entre nous et beaucoup de jalousie. Il y a aussi moins de concurrence car moins de bateaux : la flottille française a été divisée par 2 !

 

Noeudmarin : Est-ce que le métier de pêcheur est, à l'heure actuelle, encore un métier viable ?

Oui car il y a toujours du poisson, quoiqu’en disent les scientifiques et l’Europe. Il faut aussi avoir un bon équipage, car il faut des gars motivés et soudés, et aller régulièrement en mer !

 

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Vos questions à Jimmy Sinet, responsable d'une base nautique, moniteur de voile

 

Fanny : Quelle(s) formation(s) avez-vous suivi ?

J'ai d'abord fait un BAC STT, puis je suis rentré en faculté de sports pour obtenir une licence STAPS mention éducation et motricité. Ensuite j'ai passé un monitorat de kite surf IKO et un BPJEPS activité nautique mention Motonautisme.

 

Risau : Est-ce que ça marche aussi l'hiver ou tu fais autre chose comme travail saisonnier ? À la montagne par exemple ?

Mon activité sur la base nautique s’étend de fin mars à fin octobre. Je n'ai pas d'activité pendant les 4 mois d'hiver. Cette période est consacrée aux vacances.

 

Marco : Jimmy, c'était le métier que tu rêvais de faire depuis petit ? Qu'est-ce que tu préfères faire (voile, jet-ski, partie administrative de la gestion de ta base nautique etc...) ? Merci pour ta réponse. Marco71

Non, ce n'est pas le métier que je rêvais de faire petit. Je voulais être prof d'EPS et je ne connaissais pas le métier de responsable de base nautique. Cette orientation est venue avec le temps. Aujourd'hui, j'ai la chance d'avoir un métier de passion. En ce qui concerne mon travail, je préfère être sur l'eau (peu importe le support : jet, voile, bateau) mais l'administratif fait également partie de mon travail. J'essaye donc de m'organiser au mieux pour y passer le moins de temps possible.

 

Olivier : Bonjour, je voulais demander à Jimmy Sinet si on pouvait vivre toute l'année avec votre activité ?

Pour ma part, j'en vis toute l'année et je n'ai pas d'autre travail. Toutefois, la grande majorité des emplois dans le nautisme sont souvent couplés avec une activité hivernale. Beaucoup de postes sont ouverts pour juillet-août pour répondre à l’afflux touristique.

 

David : Est-ce qu'il faut faire plusieurs activités comme vous pour en vivre bien ou juste moniteur ça suffit ?

Tu peux être moniteur et bien en vivre toute l'année, mais ces postes sont rares. Je pense qu'il est préférable d'avoir plusieurs cordes à son arc.

 

Iren : Quels sont les qualités et défauts qu'il faut avoir dans votre métier ?

Je pense que dans n'importe quel métier, il vaut mieux éviter d'avoir des défauts ;-) . Toutefois nous en avons tous. Pour ma part je suis obstiné et têtu. Pour que j'accepte mes torts, il faut me prouver que je n'ai pas raison. Pour les qualités, je crois surtout qu'il faut être passionné, pédagogue et aimer le contact humain. Il faut également être solide tant physiquement que mentalement. Les journées en mer sont très épuisantes. 

 

Math94 : Vous avez un métier qui change tous les jours ? C'est quoi ton rythme de travail ?

Sur les périodes plus calmes (mai, juin, septembre) nous essayons de respecter des horaires "classiques" à 35h. Sur les périodes de forte affluence, nous essayons de prendre une journée de repos pas semaine. Après, nous n'avons pas de journée type. Cela varie en fonction de la demande des clients. Pour te résumer, en juillet-août je passe 90% du temps sur l'eau.

 

Rémy : Avez-vous beaucoup d'évolution de carrière dans votre métier ?

Non, car ce ne sont pas des métiers très codifiés au niveau des statuts. Tu peux évoluer de moniteur à chef de base ou responsable de base ou alors décider de devenir ton propre patron et ouvrir ta base.

 

Rémy : Être bon marin ou nageur ne doit pas être suffisant pour choisir ce métier. Que faut-il d'autre comme qualités ?

Effectivement, il faut également avoir une très bonne connaissance technique des supports que tu utilises (jet, voile, bateau...). Il est également nécessaire de bien connaitre son environnement (zone de navigation, conditions météo...). Cf question d'Iren

 

Amadou : Est-ce que les rémunérations diffèrent selon les employeurs ? Vous êtes payé selon une grille ?

Nous n'avons pas de grilles pour les salaires. Les salaires sont fixés par l'employeur.

 

Estou44 : Vaut-il mieux être né près des côtes maritimes pour être moniteur de voile ?

Pas forcément, il y a beaucoup de plans d'eau en France (lac, étang) où l'on peut enseigner la voile. Après, je pense que c'est peut être un peu plus avantageux d’être près des côtes par rapport à l'environnement (70% des moniteurs de ski sont des enfants de la montagne).

 

JO : Jimmy, quelle est la part de temps que vous passez dans l'eau par rapport au temps passé à gérer votre base nautique ?

Cela dépend des périodes, en début de saison nous passons beaucoup de temps sur la base pour préparer le matériel et toute la partie administrative. Plus nous avançons dans la saison, plus nous passons de temps sur l'eau. Le pic étant juillet-aout ou je suis 90% du temps sur l'eau.

 

Matt : Pensez-vous que les métiers de la mer soient accessibles pour des "terriens" intéressés par les métiers de la mer mais n'ayant pas le "sang de marin" ? Désolé pour les expressions

Bien sûr, il suffit d'avoir l'envie d’être sur l'eau. Les compétences nécessaires s’acquièrent avec le temps. Je suis originaire du nord de la France et je suis venu vivre au bord de la mer à l'age de 23 ans.

 

Ced : Comment se faire embaucher lorsque l'on n'a pas de formation particulière dans ce domaine ? Merci

La plupart du temps, ce sont des métiers qui demandent évidemment des qualifications. Il existe quand même, sur toutes les bases, des postes sans qualification obligatoire : les personnes qui font l'accueil, les "jet man" qui aident à équiper les clients, faire le plein des jet ou encore les aider à partir du ponton. En dernier cas, tu peux travailler sur une base sans qualification uniquement si tu ne fais que de la location et non de l'enseignement.

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