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Ils sont atteints de Dys, ces troubles cognitifs qui affectent les apprentissages : dyslexie, dysphasie… Pour ces jeunes, l’entrée dans la vie active est une étape aussi décisive que délicate. Éclairage avec Vincent Lochmann, président de la Fédération française des Dys (FFDys).
Vincent Lochmann, président de la Fédération française des Dys (FFDys)
Ces jeunes adultes ont souvent eu un parcours scolaire émaillé d’échecs, qu’ils achèvent avec une très mauvaise image d’eux-mêmes. Beaucoup considèrent le passage à la vie active comme une libération, un nouveau départ. Le travail, à condition d’être bien vécu, peut jouer un rôle essentiel pour retrouver l’estime de soi.
Il faut comprendre que le "handicap", ce n’est pas la difficulté ou la déficience en elle-même. C’est la difficulté rencontrée par un individu lorsqu’il est confronté à un environnement incompatible avec ses troubles ou avec ses déficiences. Pour minimiser le retentissement de ces troubles sur la vie professionnelle, tout est donc question d’aménagements de l’environnement de travail.
Les Dys les plus légers, dyspraxiques ou dysphasiques, s’appuient en général sur les outils techniques. L’informatique a permis d’énormes progrès en ce sens. De simples logiciels de correction orthographique, par exemple, ont grandement facilité la vie des dyslexiques ! Reste que pour bénéficier de certains accompagnements et aménagements, il faut faire reconnaître sa déficience d’un point de vue légal et entrer dans le "champ du handicap". Une démarche que certains Dys refusent ou peinent à accomplir.
Elles sont de plus en plus conscientes de l’existence des différents troubles du langage et des apprentissages. Mais, en même temps qu’émerge la reconnaissance de ces problèmes spécifiques, se pose la question de l’évaluation du niveau de difficulté de ces salariés. C’est l’une des difficultés principales à laquelle se heurtent aujourd’hui les Dys. Une difficulté et un enjeu !
J’ai tendance à le préconiser. La transparence reste le meilleur moyen, selon moi, d’obtenir les aménagements et accompagnements nécessaires. Je ne jette pas la pierre à ceux qui ne veulent pas ou n’arrivent pas à le dire. La dyslexie, la dyscalculie, la dyspraxie… ne sont pas perceptibles à première vue. Le réflexe peut donc être de les camoufler. "Avouer" que l’on rencontre certaines difficultés n’est jamais simple… qui plus est avec son employeur. Mais notre action au sein de l’association FFDys consiste justement à préparer le terrain. Faire en sorte que le grand public porte un regard "bienveillant" sur les difficultés rencontrées par les Dys. Mieux connus et reconnus, les troubles cognitifs seront mieux compris et les personnes concernées mieux accompagnées.
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