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Handicap mental et travail en milieu ordinaire, comment concilier les deux ?

Publication : 1er mai 2011

"Aujourd’hui, le travail a une valeur très forte d’intégration et d’inclusion dans la société. Les travailleurs handicapés sont productifs, c’est valorisant." Partant de ce constat, Aude Bourden, chargée de développement des activités professionnelles des personnes handicapées mentales à l’Unapei*, revient sur les possibles. Interview.

Travailleurs handicapés en milieu ordinaire de travail / © Unapei

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Quand peut-il y avoir intégration dans le milieu ordinaire ?

"Cette intégration dépend de deux aspects. D’abord, de la volonté de la personne handicapée d’aller vers le milieu ordinaire de travail. Ça lui demande un effort très important, supérieur à celui d’une personne valide. Ensuite, la transition n’est pas toujours facile entre les deux milieux. Là où elle était parfois la meilleure en Esat, elle se retrouve parmi ceux qui peuvent avoir le plus de difficultés en entreprise. Elle peut être isolée dans le collectif de travail. Même si le geste technique, professionnel est bien maîtrisé, les aspects communication avec les collègues ne sont pas toujours faciles. C’est pour ça que la volonté de la personne et son souhait sont vraiment importants."

Quel accompagnement mettre en place ?

"La compensation du handicap mental, c’est l’accompagnement à la fois professionnel et extraprofessionnel. En entreprise, il existe le tutorat. Une personne référente va connaître plus particulièrement les besoins spécifiques de la personne et va s’assurer que tout se passe bien. Et puis il faut envisager un suivi externe, tout aussi important parce qu’il va avoir des conséquences sur l’environnement professionnel. L’exemple typique, ce sont les trajets domicile-travail. Ça ne fait pas partie de la situation de travail en tant que telle, mais si la personne n’est pas capable de les maîtriser, forcément cela va avoir un impact. L’entreprise ne peut pas tout prendre en charge."

Qu’en est-il de cet accompagnement aujourd’hui ?

"C’est la grande difficulté. Parce que les dispositifs actuels accompagnant les travailleurs handicapés en milieu ordinaire ne sont pas spécialisés sur le handicap mental. Et qu’il n’existe pas de prise en charge durable. Je pense qu’il sera ardu dorénavant d’intégrer beaucoup de personnes handicapées mentales en milieu ordinaire. A l’Unapei, avec l’Agefiph on est actuellement en pleine réflexion là-dessus."

* Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis.

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