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Le diagnostic est déclaré : agir au plus vite. Retour sur la prise en charge médicale et scolaire des élèves souffrant de TED (troubles envahissants du développement). Regards croisés.
"2 ans, c’est le bon âge pour un diagnostic efficace", explique le Pr Poinso, pédopsychiatre au Centre ressources autisme de Marseille. Sachant que plus le diagnostic est précoce, plus grandes sont les chances de diminuer les symptômes.
Entre 2 et 6 ans, l'enfant est pris en charge en hôpital de jour, en CMP (centre médico-psychologique), dans un IME (institut médico-éducatif) ou en école par un Sessad (service d'éducation spécialisée et de soins à domicile).
"Les soins s'effectuent sur une base multidisciplinaire. A l'hôpital de jour, psychomotricien, psychologue, éducateur et orthophoniste travaillent ensemble afin que l'enfant autiste retrouve un maximum d'autonomie, insiste le Pr Poinso. Le psychomotricien revient sur les bases corporelles du développement, améliore les gestes, les rythmes. L'éducateur aborde le développement par le jeu. Le psychologue travaille les émotions. L'orthophoniste, la relation par le langage, que l'enfant n'arrive pas à mettre en œuvre."
Après 7 ans, de nombreux enfants atteints trouvent leur place en Clis (classe d'inclusion scolaire) en primaire. Au collège, ils sont placés en Ulis (unité localisée pour l'inclusion scolaire) au sein d'un établissement secondaire. "Pour des élèves autistes, le minimum requis, c’est de pouvoir gérer la vie au collège en termes d’angoisse", explique Patricia Le Guen, enseignante spécialisée dans une classe dédiée TED à petits effectifs de Marseille. D’autres élèves viennent à eux dans le cadre d’ateliers et, inversement, ils participent à des cours de classes "normales". "Thomas, par exemple, suit des cours en arts plastiques. Mais nous ne pouvions pas le jeter dans une classe inconnue. L’enseignante est d’abord venue le rencontrer, puis il a visité la salle de classe vide. Avec les personnes autistes, on peut tout faire si on les prépare."
"La médiation corporelle permet d'arriver à un mieux-être psychique. Le psychomotricien doit s'adapter au rythme de chaque enfant autiste. C'est un travail en miroir, explique Karine Yvonnet, praticienne en hôpital à Marseille. Le dessin, la peinture, la gymnastique ou la relaxation sont autant de supports d'expression pour avancer."
Et Patricia Le Guen de poursuivre : "Les personnes autistes ont besoin d’appuis visuels", avec des images et des consignes concrètes tenant compte de leur compréhension littérale. Ainsi, lorsqu’elle aborde "Le Cid" avec sa classe de 4eme, elle réalise un tableau avec les prénoms, des flèches pour montrer qui aime qui… Ou comment ne pas angoisser devant l’inconnu.
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