Les formations françaises sont aujourd’hui inscrites dans le schéma européen appelé « LMD » (licence, master, doctorat). Les équivalences entre diplômes et les échanges entre universités sont facilités. A quel moment partir ? Quelles démarches entreprendre ? Combien de temps à l’avance faut-il s’y prendre ? Est-il possible d’étudier en Europe de l’Est lorsqu’on ne parle pas la langue du pays ?…
A l’occasion du Salon européen de l’Education, Graziana Boscato, représentante du réseau Euroguidance, a répondu en direct à vos questions sur les études en Europe mercredi 26 novembre de 15h à 16h.
La retranscription intégrale du Chat avec Graziana Boscato
En supplément du Chat, des réponses complémentaires 
La retranscription intégrale du Chat avec Graziana Boscato
Retrouvez ci-dessous l'intégralité des échanges qui se sont déroulés mercredi 26 novembre 2008, de 15 h à 16 h.
miss –BN : Quelles filières s'offrent à nous et quel est l'avantage de faire des études en Europe ?
Graziana Boscato : Les mêmes qu'en France. Il faut avoir un projet d'études. L'avantage de faire des études en Europe, c'est de développer des compétences linguistiques et relationnelles : ouverture d'esprit, adaptabilité... qui vous seront utiles dans votre CV pour faire d'autres études ou rechercher un emploi.
Manon : Est-ce possible de faire n'importe quelles études dans un pays de notre choix ? Est-ce possible de continuer mes études dans un pays hors de l'Union Européenne ?
Graziana Boscato : Oui, vous pouvez faire les études que vous voulez et dans le pays de votre choix, à condition d'avoir un projet précis et des connaissances linguistiques attestées. Il faudra aussi se référer au mode de recrutement des établissements supérieurs du pays concerné.
Poursuivre des études hors de l'Union Européenne : oui, c'est possible, mais les procédures sont plus longues et les études souvent plus chères. Il est nécessaire d'avoir un visa.
ninon : Bonjour. Etudiante en deuxième année de médecine, je souhaiterais étudier une année en Europe. Quelle université me conseillez-vous ? Où puis-je me renseigner ? Quid en termes d'équivalence ?
Graziana Boscato : Il est possible de partir dans le cadre d'une mobilité d'études Erasmus. Il faut se renseigner dans votre université, au service des relations internationales, pour savoir quelles sont les universités européennes partenaires dans lesquelles vous pourriez partir.
Il existe une directive européenne pour les professions médicales qui permet de travailler dans tous les pays de l'Union Européenne quel que soit le pays où l'on a fait ses études. Il faudra quand même parler la langue du pays pour s'installer.
ninon : Quels sont, selon vous, les atouts d'aller étudier dans un pays européen ?
Graziana Boscato : Cela permet de voir des organisations de travail différentes, de confronter des pratiques, de voir comment se déroulent les études dans un autre pays, d'acquérir le vocabulaire médical dans une langue étrangère.
Miss –BN : A partir de quel âge est-il envisageable d'étudier en Europe ?
titegrenouille : Je voulais aussi savoir s'il était possible (techniquement) de partir à partir de la 2ème année de licence ? N'est-ce pas trop tôt au niveau de la maturité de partir à 19 ans ?
Graziana Boscato : Pour partir dans le cadre du programme Erasmus, il est nécessaire d'avoir validé au moins trois semestres d'études supérieures. Dans la réalité, c'est le plus souvent en L3 (5e et 6e semestres), voire en master que les départs sont les plus fréquents.
Si vous êtes très motivé(e), si vous avez des bonnes connaissances linguistiques et un projet précis, il est également possible d'envisager un départ "en solo" après le bac. Les démarches seront plus longues. Certains auront une très bonne maturité à 19 ans, d'autres préfèreront attendre... L'expérience de mobilité aide à mûrir.
nada : Quelles démarches suivre pour aller étudier en Europe ?
Graziana Boscato : Il faut savoir dans quel pays on veut faire sa formation, les démarches seront différentes selon les pays. Il faut se renseigner dès à présent pour un départ l'année prochaine. Certains pays sélectionnent pour entrer dans l'enseignement supérieur, d'autres pas.
Vous trouverez toutes les informations sur les modalités d'accès dans l'enseignement supérieur des pays européens sur www.onisep.fr/europe .
yeaxx : Bonjour, je vais passer mon bac STG à la fin de l'année et je souhaite étudier en Europe l'an prochain. J'ai déjà prévu de passer mon TOEFL. Est-ce que je peux le passer après inscription ?
Graziana Boscato : Je pense que si vous passez un TOEFL, vous souhaitez intégrer une formation dans un pays anglophone. Pour le Royaume-Uni, il est possible de préparer un HND (Higher National Diploma) en deux années. Il est nécessaire de passer par une procédure centralisée pour entrer dans l'enseignement supérieur britannique et candidater en ligne : www.ucas.com (information sur les cursus et les procédures). Il est conseillé d'avoir obtenu les résultats au TOEFL (ou autre test de langue) avant l'inscription puisqu'il faudra fournir les résultats dans le dossier.
chloe : Je voudrais passer une licence en Allemagne après mon bac. Comment en savoir plus sur les types d'écoles là-bas ? Comment connaître leurs cotes respectives ? Est-ce que le coût de la scolarité est le même pour les Allemands et les étrangers ?
Graziana Boscato : Il existe deux types d'établissements d'enseignement supérieur en Allemagne. Des Fachhochschulen (FH) et des universités. Dans les FH, les études sont plus concrètes, encadrées et ont un lien direct avec le tissu économique. Dans les universités, les études sont plus académiques. Pour connaître leur cote, il existe un classement. Renseignez-vous sur http://ranking.zeit.de/che9/CHE.
Les coûts de scolarité sont les mêmes pour les Allemands et les ressortissants européens. Ils sont variables selon les Länder : environ 500 € par semestre. Vous pouvez vous renseigner sur www.daad.de.
Si vous êtes bilingue ou dans une filière franco-allemande, pensez aux cursus de l'université franco-allemande (www.dfh-ufa.org). Ils permettent de commencer des études en France, de poursuivre en Allemagne et d'obtenir ainsi des doubles diplômes.
chloe: J'ai déjà passé deux mois en lycée allemand, pendant mon année de 1ère. Je dois encore beaucoup progresser en allemand pour avoir le niveau nécessaire pour intégrer une Fachhochschule. Avez-vous une idée pour partir là-bas de nouveau pendant l'été, alors que je n'ai pas 18 ans ?
Graziana Boscato : Soit vous partez faire un job d'été en Allemagne et vous êtes hébergée dans la même famille d'accueil, par exemple. Soit vous repartez dans le cadre d’un séjour linguistique d'été.
titi_1 : Peut-on avoir des aides financières pour étudier à l'étranger ?
Graziana Boscato : Plusieurs possibilités d'aide financière existent pour faire des études à l'étranger. Les programmes d'échange européens proposent des bourses. Si l'on est boursier français sur critères sociaux, on peut garder sa bourse pour un séjour à l'étranger. Des aides à la mobilité, délivrées par les Conseils régionaux, complètent souvent les bourses européennes. Il faut savoir que plus on avance dans les études, plus l'éventail des bourses est large.
Attention, les bourses européennes ne sont pas données à titre individuel mais transitent par un établissement d'enseignement supérieur. Vous pouvez vous renseigner sur toutes les aides financières à l'étranger sur le site : www.diplomatie.fr, rubrique "Les Français et l’étranger" puis "Etudier à l'étranger".
milue : N'y a-t-il pas de possibilités que la bourse soit un peu augmentée ?
Graziana Boscato : Si on est déjà boursier sur critères sociaux, on obtient une bourse de mobilité complémentaire. Voir sur le site www.cnous.fr.
racine : Existe-t-il des bourses pour aller étudier à Londres ? Car c'est très cher...
Graziana Boscato : Il n'existe pas de bourse spécifique pour étudier à Londres.
milue : A quoi faut-il faire attention avant son départ ?
Graziana Boscato : Tout dépend du contexte de la mobilité : partez-vous en échange entre établissements ou en solo ? Entre établissements, le service des relations internationales précise les conditions et le moment du départ. Les démarches administratives sont facilitées.
Pour le départ en solo, il faut bien se renseigner un an à l'avance pour avoir le temps de faire soi-même toutes les démarches et contacter l'établissement d'accueil, organiser son hébergement, etc.
milue : Comment cela se passe-t-il pour la sécu ?
Graziana Boscato : A nouveau, il faut distinguer le départ en échange ou en solo. En échange, on reste étudiant français, inscrit en France. On part avec la carte européenne de sécurité sociale pendant le séjour. En solo, tout dépend de la durée. Soit on fait tout un cursus à l'étranger et on s'inscrit à la sécurité sociale du pays d'accueil. Soit on opte pour la sécurité sociale des Français à l'étranger.
erty : L'Europe est sous la présidence française. Est-ce plus facile d'aller faire ses études en Europe ?
Miss –BN : Si on étudie en Europe, nos diplômes sont-ils par la suite valables en France ?
Graziana Boscato : Les pays européens mettent en place l'harmonisation des diplômes dans l'enseignement supérieur. En France, c'est le LMD (licence, master, doctorat). Avec un système de crédits de formation cumulables et transférables d'un pays à l'autre appelés ECTS. Pour l'instant, il est plus facile de faire reconnaître un diplôme complet (toute la licence, par exemple = 180 crédits ECTS) dans un autre pays.
titegrenouille : Quelles sont les formations universitaires qui délivrent des diplômes franco-espagnols, par exemple pour pouvoir aller travailler en Espagne ? Permettent-elles un séjour de longue durée dans le pays ?
Graziana Boscato : Il existe des doubles diplômes franco-espagnols dont vous trouverez la liste sur le site de l'ambassade de France en Espagne. Ces diplômes permettent de travailler dans les deux pays. Les études se déroulent également dans les deux pays. Des diplômes d'ingénieur ou de commerce français peuvent aussi proposer des opportunités d'études ou de stages en Espagne. Ce qui facilitera ensuite la recherche d'emploi en Espagne.
titegrenouille : Et pour des études universitaires ? (du type LEA)
Graziana Boscato : Renseignez-vous auprès du service des relations internationales pour savoir quels accords existent entre votre université et les universités espagnoles. Les accords peuvent être de différents types : échanges Erasmus, double diplôme, possibilité d'être assistant ou lecteur de langue en Espagne...
misstyty : Pour avoir un double diplôme, faut-il aller dans une université de renommée ?
Graziana Boscato : Toutes les universités françaises ne proposent pas de double diplôme. Il est nécessaire de voir dans chaque université où cela est possible et dans quel cursus de formation. Vous pouvez vous renseigner sur les différents sites internet des universités, rubrique "Relations internationales". Les grandes écoles d'ingénieurs et de commerce proposent également des doubles diplômes.
Flo : Je ne parle pas un mot de suédois et pourtant je rêve d'y partir l'année prochaine. Peut-on apprendre sur place ?
Graziana Boscato : Il existe des cours de suédois pour les étudiants étrangers en Suède. Ces cours se déroulent sur toute l'année universitaire ou durant l'été. Consultez la liste sur www.studyinsweden.se. La Suède propose également des cursus d'études (en particulier au niveau du master) en langue anglaise.
Michelle Capelli : Bonjour, mon fils a 18 ans, en terminale S, italien en LV1, aimerait faire sa formation supérieure en Italie : dans les voitures de course. Existe-t-il un centre de formation Dino Ferrari ? Sinon des écoles automobiles ? Merci d'avance.
Graziana Boscato : Il existe des possibilités de formation professionnelle dans la mécanique automobile à l'institut professionnel Ferrari près de Modène. Voir le site de l'école : www.ipsiaferrari.mo.it. Contactez la scolarité pour connaître les modalités précises pour les étrangers et le niveau de langue italienne requis.
Flo : Combien coûte en moyenne une année d'études à l'étranger ?
Graziana Boscato : Il est difficile de répondre de façon précise : cela dépend du pays. Certains pays pratiquent des frais de scolarité élevés dans l'enseignement supérieur (par exemple le Royaume-Uni, comptez 3000 livres par an pour préparer un Bachelor). A cela s'ajoutent : l'hébergement, le transport, les frais de la vie quotidienne... D'autres pays ont des frais de scolarité similaires à ceux pratiqués en France. Dans tous les cas, s'ajoutent les frais de la vie quotidienne. Il existe des différences de coût de la vie, selon la taille des villes, d'un pays à l'autre...
titegrenouille : En général, est-ce que les bourses suffisent ?
Graziana Boscato : Non, les bourses sont insuffisantes pour couvrir tous les frais. Ce sont des aides. Il est nécessaire de bien calculer le coût de sa mobilité AVANT de partir.
prof : Bonjour, on nous parle beaucoup des pays de l'Est en ce moment. Mais y a-t-il véritablement un intérêt pour un étudiant français de partir étudier dans ces pays ? Existe-t-il des domaines de compétence particuliers ? Comment passer le barrage de la langue ? Merci.
Graziana Boscato : On en parle parce que ces pays sont moins fréquentés que ceux de l'Europe occidentale. Très souvent, leur offre de formation supérieure a été fortement développée en rejoignant l'Union Européenne. Ils proposent parfois des cursus en langue anglaise, allemande ou française. Si l'on veut faire toutes ses études dans l'un de ces pays, il sera quand même nécessaire d'apprendre la langue du pays concerné. L'intérêt d’aller dans un de ces pays, c'est de se démarquer des mobilités "classiques" (Royaume-Uni, Espagne, Allemagne...). Cela fera la différence dans un CV.
Al : Bonjour, je suis actuellement en L3 informatique et je souhaiterais suivre un semestre de master dans un pays anglophone via Erasmus. Or, ma fac ne peut m'envoyer qu'en Grèce ou en Allemagne. Que dois-je faire ?
Graziana Boscato : Vérifiez qu'il n'y ait pas d'autres accords institutionnels avec votre université et un établissement anglophone auprès du service des Relations internationales ou des enseignants de votre département. Sinon, vous pouvez envisager un départ en solo dans l'université de votre choix. Mais les démarches seront plus longues.
milue : Comment cela se passe-t-il si la nouvelle fac ne nous plaît pas et qu'on veut rentrer. Est-ce possible ?
Graziana Boscato : Quand on part dans le cadre d'un échange, on essaie de trouver des solutions alternatives dans l'université d'accueil. Cela se négocie avec l'enseignant référent à l'étranger. Si l'on part en solo, difficile de revenir sans avoir validé au moins un semestre (30 crédits ECTS).
Fabienne : Ma fille souhaite étudier la médecine en Suisse ou dans un pays anglophone euro. Est-ce que les diplômes sont reconnus en France ? Plus tard, pourra-t-elle exercer en France ? S'installer à son compte ? Merci d'avance (Maman soucieuse).
Graziana Boscato : Il est très difficile de faire des études de médecine en Suisse quand on n'a pas la nationalité suisse ou qu'on n'est pas résident Suisse. Pour les autres pays européens, il existe une directive européenne concernant les métiers de la santé permettant au titulaire d'un diplôme de médecine d'un pays d'exercer dans tous les pays de l'Union Européenne. Elle pourra s'installer à son compte ou travailler dans un établissement public ou privé.
Attention, pour faire des études de médecine au Royaume-Uni, les candidatures sont à déposer avant le 15 octobre de l'année précédant la rentrée. Voir, www.ucas.com.
shiddy : Je voulais avoir des informations concernant les études en Belgique et comment je pourrais faire pour aller là-bas. Merci pour votre compréhension
Graziana Boscato : Vous pouvez faire en Belgique les mêmes cursus d'études qu'en France. Donc il est nécessaire d'avoir un projet. Vous pouvez accéder à l'université ou entrer dans des écoles spécialisées. Il est nécessaire de faire homologuer son bac auprès du ministère de l'éducation belge. Toutes les informations sur cette procédure administrative sont sur le site www.euroguidance-france.org, rubrique "Etudier à l'étranger", Belgique. Attention, certains cursus d'études, en particulier dans le domaine paramédical, sont soumis à un numerus clausus.
milue : Le film L'auberge espagnole ne donne-t-il pas une image galvaudée d’Erasmus ?
Graziana Boscato : Ce film a vraiment fait la promotion du programme Erasmus ! Les étudiants qui reviennent après une expérience Erasmus sont toujours enchantés de leur séjour. Même si cela ne se déroule pas comme dans le film. Les bénéfices au retour sont beaucoup plus importants que ce que le film en laisse paraître !
Le mot de la fin :
Graziana Boscato : La mobilité reste pour l'instant le privilège de quelques uns. N'hésitez pas à partir pour vous enrichir sur tous les plans !
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