Gilles est ingénieur réseau et télécom au sein de l’IPTAC. L’IPTAC, c’est l’Internet Protocol Technical Assistance Center de France Telecom, basé à Rennes. Après un DUT réseaux et télécommunications, il a intégré l’ENST Bretagne pour devenir ingénieur par apprentissage. Assistance aux équipes, relations avec les constructeurs, collaborations avec la Pologne… Gilles apprécie la variété de son métier.
Gilles a répondu à vos questions mercredi 2 avril de 15h à 16h.
La vidéo du Chat avec Gilles
La retranscription intégrale du Chat avec Gilles
La retranscription intégrale du Chat avec Gilles
Retrouvez ci-dessous l'intégralité des échanges qui se sont déroulés mercredi 2avril 2008, de 15 h à 16 h.
Marie: En quoi consiste le métier d'ingénieur réseau ?
Gilles: Il n'existe un pas un métier d'ingénieur réseau, mais différentes déclinaisons de ce métier : les ingénieurs réseaux côté recherche et développement, qui travaillent sur des solutions en amont du réseau, des "purs" ingénieurs réseaux, qui proposent des architectures, ou encore, des postes comme le mien, qui se situent plutôt au niveau de l’introduction de nouveaux services et du support autour de ces services.
kris: Tu travailles dans le domaine de la téléphonie ou de l'internet ? Ou les deux... ??
Gilles: A la base, je travaille dans le domaine de l’internet. Mais la convergence des réseaux fait que je travaille sur plusieurs services : la TV, la vidéo à la demande… Je travaille aussi sur la téléphonie mobile, via l'offre UNIK.
caroline: Ton métier est plutôt réseau ou télécom?
Gilles: Plutôt réseau. Mais j'ai besoin de connaissances en télécom pour comprendre parfois les choses.
benjei: En quoi consiste votre travail ?
Gilles: Ma mission première, c'est de faire en sorte que l'introduction d'un nouveau service dans le réseau se passe bien, de la phase du pilote (expérimentation) jusqu'au déploiement au niveau national, voire plus...
Ce travail couvre différentes étapes:
nini: Peux-tu nous parler d'une journée type...? Intervention...
Gilles: Tous les matins, on fait un brief avec toute l'équipe pour être au courant des dysfonctionnements en cours. Ensuite, chacun entreprend son planning personnel. Il est fait de réunions téléphoniques ou sur site. On est souvent appelés en support lors des incidents ou lors de la production de nouveaux services. Pour ces tâches, on peut être amenés à solliciter les constructeurs pour une expertise plus poussée. Entre les réunions, on fait tout un travail d'écriture de documentation ou de recherche d'informations, de traitement d’emails, etc.
florine: Est-ce que tu te déplaces souvent en France ou en Pologne ? Merci
Gilles: Je ne suis encore jamais allé en Pologne, mais les collègues polonais sont déjà venus. On les a quasiment tous les jours au téléphone. Pour ce qui concerne les interventions sur les sites, ce sont les techniciens qui se déplacent plus que les ingénieurs. Moi je me suis déplacé au début, à l'arrivée dans mon poste, pour voir la réalité du terrain. Aujourd'hui, mes déplacements se situent plus en région parisienne pour des réunions, pour dispenser des formations ou rencontrer nos collègues. J'ai eu la chance de me déplacer dans les DOM-TOM à deux reprises.
titi: Est-ce que tu utilises beaucoup l'anglais?
Gilles: Oui ! On ne communique pas en anglais en interne dans l'équipe, mais quasi systématiquement avec les constructeurs et les collègues polonais. Les constructeurs se trouvent en Turquie, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis. L'anglais, c'est moitié-moitié de la rédaction d’emails et des réunions téléphoniques.
army: Avez-vous beaucoup de responsabilités ?
Gilles: Pour l'instant, je n’ai pas ou peu de responsabilités au niveau encadrement de personnes. J'encadre des techniciens au niveau fonctionnel, mais pas organisationnel (au sens "ressources humaines"). En revanche, on a de grosses responsabilités concernant les travaux sur les réseaux. Tout doit être pesé, et maîtrisé. On n'a pas le droit à l'erreur, sinon il y aurait un impact sur les clients, qu'ils soient entreprise ou grand public. On est garant du bon fonctionnement du réseau et des services qu'il véhicule. Comme les choses évoluent tout le temps (les configurations, les technologies...), il y a toujours un risque présent... toujours un stress.
rem: c koi les contraintes de ton métier ?
Gilles: J’ai des permanences de nuit de temps en temps. Le stress est aussi une contrainte, par rapport aux projets et au réseau sur lequel on travaille : il y a beaucoup de clients, des particuliers, des entreprises… Une autre contrainte : ce n’est pas un métier que tu peux exercer partout… cela se passe plutôt dans les grandes villes.
255: Quelle qualité faut-il avoir ?
Gilles: Il faut aimer chercher et résoudre les problèmes. Il faut de la méthode pour mener des investigations lourdes et puis il faut aimer apprendre : on ne fait jamais la même chose et comme la technologie évolue sans cesse, on apprend tout le temps… Enfin, il faut une dose de résistance au stress.
hamidou: Est-ce que dans votre métier il y a une partie manuelle. Par exemple porter des choses ou serrer des choses ?
Gilles: Non, je n’ai aucune obligation de porter des matériels. Sur des plateformes de test, on peut être amené à faire des manipulations sur des routeurs. Mais le métier ne demande pas de force physique ou de capacités physiques particulières.
caroline: Métier d'hommes ou de femmes? Ton équipe est mixte??
alex: Bonjour, est-ce qu’il y a des filles ingénieur qui travaillent avec vous, est-ce possible pour une fille ?
Gilles: Dans notre équipe, il y a 4 filles sur une vingtaine de personnes. On peut être fille ou garçon, cela ne fait pas de différence par rapport au poste.
Julien: Est-ce que vous aimez ce travail ?
Gilles: Oui, j’adore. Je travaille sur le domaine de l’IP (Internet Protocol) qui est très porteur. Il y a de plus en plus de choses qui se construisent dans ce domaine. Il y a une partie abstraite (les protocoles par exemple) et une partie très ludique, très concrète, avec des applications telles que la vidéo à la demande, la téléphonie…
Robynn: Est-ce que votre métier est routinier ou faites-vous toujours de nouvelles choses?
Gilles: Mon métier n’est pas du tout routinier, ce n’est jamais la même chose !
LN: Bonjour Gilles, je suis prof de français en lycée. Avez-vous des dossiers et des rapports à rédiger et la maîtrise de l'orthographe est-elle un plus dans votre métier ? Merci
Gilles: Certes, c'est un métier technique, mais il y a une grosse partie de rédaction : documents, présentations, emails. On est plus crédible vis-à-vis de la hiérarchie quand on ne fait pas de fautes et quand le français est maîtrisé.
max: As-tu eu des difficultés à trouver un job ?
Gilles: Quand je suis sorti de l'école, il y avait pas mal de places disponibles sur le marché : j'avais plusieurs pistes dans des SSII (sociétés de services en ingénierie informatique), sur Rennes ou Paris, et dans des grands groupes (constructeurs, banques...). J'ai choisi de rester dans une équipe avec laquelle j'avais été en relation pendant ma période d'apprentissage.
caroline: As-tu eu des difficultés pour trouver ton entreprise lors de ton apprentissage ?
Gilles: Non. L'école proposait différentes entreprises, et j'étais déjà en contact avec France Télécom de par mon stage de fin de DUT. Donc, j'ai eu à choisir entre le CELAR (centre d'électronique de l'armement), apprentissage plus orienté "R&D" et France Télécom, dans une équipe voisine de celle où j'ai fait mon stage de DUT.
ekke: Est-ce qu'on peut faire des stages à France Télécom ?
Gilles: Oui, il y a une partie prévue à cet effet, sur le site d'Orange http://www.orange.com/fr_FR/recrutement/campus/index.html .Dans les services avec lesquels je suis en contact, je travaille souvent avec des stagiaires et avec des apprentis. Je suis d'ailleurs moi-même en charge d'un apprenti.
Laurent: Bonjour, quels sont les différents métiers autour de l'ingénieur réseau (type de poste qu'il peut encadrer par exemple) ?
Gilles: L'ingénieur réseau travaille avec d'autres ingénieurs, mais aussi avec des techniciens. Que ce soient des techniciens réseaux ou des personnes en intervention sur les sites. On travaille aussi, sur les projets, avec toute une chaîne d'intervenants très divers : des chefs de projet, des commerciaux, des développeurs...
benjei: Existe-t-il des techniciens pour les réseaux ?
Gilles: Oui, je travaille par exemple avec différents types de techniciens réseaux : des personnes chargées de la supervision 24h/24 et 7j/7, de la production des services, des interventions sur site...
jean philippe: Comment vous est venu le goût de l'ingénierie ?
Gilles: Je ne me suis pas dit, au départ, "je veux être ingénieur". J’ai fait un DUT, et je me suis donné les chances de continuer. J’ai découvert le métier petit à petit. Je savais que je ne voulais pas exercer un métier trop routinier, avec des tâches trop répétitives.
arnaud: Pourquoi avez-vous choisi le réseau ? Une passion ?
Gilles: Au départ, j'ai plutôt découvert le métier d'ingénieur système sous forme de fiches (recherches d'infos au collège) et j'ai un oncle qui travaille dans le domaine, qui me parlait du métier. Le véritable déclic, ça a été la visite de l'IUT de Saint-Malo, la présentation du matériel et des TP réalisés, du programme aussi...
Ciane: J'aimerais devenir ingénieur car j'adore savoir comment marchent les objets que j'utilise dans mon quotidien Mais je ne me pense pas suffisamment inventive. Alors je ne sais pas vraiment vers quelle partie du métier d'ingénieur, qui est très varié, me diriger. Est-ce que vous pourriez me renseigner un petit peu ?
Gilles: Tu aimes comprendre comment les choses fonctionnent, c’est un bon début ! L’ingénieur n’est pas forcément quelqu’un qui "invente" sans cesse. C’est aussi un homme (une femme) de terrain qui sait aller chercher les bons outils au bon moment. Je n’invente pas grand-chose. Et puis l’expérience joue aussi : avec le temps, on en vient à proposer des solutions de plus en plus pertinentes. Si tu veux découvrir les différentes facettes du métier d’ingénieur, tu peux aussi aller dans la rubrique www.onisep.fr/videos , rubrique "Les portraits vidéos".
Jean Bernard: slt gillou j 14 piges e j veu savoir c k un ingénieur ?
Gilles: C’est quelqu’un qui sait s’adapter, qui sait analyser et proposer des solutions à des problèmes qu’on lui soumet, ou à des besoins qui s’expriment. Il faut savoir aller chercher l’information ou réunir les bonnes compétences pour répondre au problème posé.
camille: Bonjour Gilles, quel bac tu as fait ?
Gilles: Un bac S, spécialité mathématiques.
julian: Quel profil choisir en TS : maths ou physique-chimie ou science de l’ingénieur ?
Gilles: Je pense que maths et sciences de l'ingénieur sont plus appropriées. Mais tout bac S convient, voire un bac techno STI, sciences et technologies industrielles. En DUT, les gens venant du bac techno étaient plus à l'aise en électronique. Moi, c'était plutôt en maths.
sara: Je suis en terminal science-math. Je suis étrangère et je désire terminer mes études en France. Je voudrais faire une classe préparatoire aux grandes écoles, voie mpsi. Je voudrais savoir la moyenne nécessaire pour intégrer une classe prépa.
Gilles: Il faut évidemment avoir de bonnes notes en 1ère et en terminale, mais les classes prépas ne sont pas uniquement réservées aux "premiers de la classe". Il faut être dans le premier quart de la classe, à peu près. Et pour MPSI (mathématiques, physiques et sciences de l’ingénieur), avoir un profil assez équilibré entre les maths, la physique et la chimie.
olivier: Comment devenir ingénieur réseau ?
Gilles: Pour devenir rapidement ingénieur réseau, le mieux est de faire une école d’ingénieur ou un master pro à l’université. C’est-à-dire 5 années d’études spécialisées après le bac. Au niveau de l’IP (Internet Protocol), il y a un besoin énorme de personnes qualifiées. Du coup, il existe aussi des promotions en interne, avec des formations internes, mais c’est beaucoup plus long et pas systématique.
ginette: Combien d'années faut-il pour faire ce métier ?
Gilles: Ingénieur, correspond au niveau bac+5. En école d'ingénieur ou en fac.
kokotelou: Bonjour, je suis en TS et le domaine de la télécommunication m'intéresse beaucoup ou encore tout ce qui est haute technologie. J'ai remarqué qu'il y a beaucoup plus de places pour ceux qui viennent d'une classe prépa que d'iut, afin d'intégrer une grande école comme l'ENST. Dans ce cas pourquoi n'avoir pas fait une classe prépa pour assurer encore mieux le concours? Y a-t-il une grande différence entre formations IUT et classes prépas ? Je me pose ces questions parce que c'est la première fois que je vois une personne réussir. Merci
Gilles: En terminale, la prépa me faisait peur. On considérait que c’était fait pour ceux qui prenaient 2 ans de leur vie pour travailler comme des fous. Je n’avais pas envie de ça. Et puis en passant par une prépa, je n’étais pas sûr de décrocher un concours en lien avec les réseaux et télécoms. Alors qu’avec le DUT, j’ai pu choisir directement le domaine professionnel qui m’intéressait.
carole: Comment faire ? Je suis en finance comptabilité et ce métier que tu exerces me plaît...
Gilles: Le passage de la comptabilité à l’ingénieur réseau me semble très difficile. Il y a un certain nombre de connaissances techniques à avoir (les protocoles par exemple). Il faut aussi avoir des compétences dans l’aspect gestion de projet. Le mieux est que tu redémarres une formation dès le départ, après le bac.
rod: Moi, j'adore les jeux vidéos, Nintendo. S ke que tu crois que cela peut m’aider pour travailler com toi ?
Gilles: Oui, ça peut t'aider à te détendre par rapport au stress du métier :-)) A l'IUT et dans l'école, j'ai rencontré pas mal de personnes bien branchées par les jeux en réseau. Si tu mets plusieurs ordis en réseau, tu appréhendes une petite partie de ce qui est réalisable en IP (Internet Protocol).
kevin: Est-ce que c’est la même chose d’être ingénieur apprentissage ou ingénieur tout court ?
Gilles: Oui et non. On a le même diplôme, mais la formation classique ouvre par exemple des portes vers la recherche, ce qui est plus rarement le cas des formations par apprentissage. En revanche, lors de mon embauche, j’avais déjà 3 ans d’expérience professionnelle et une vue vraiment opérationnelle, ce qui est un plus pour les entreprises.
julie: Devenir ingénieur par apprentissage, est-ce plus difficile que par la formation continue?
Gilles: Oui et non, ça dépend des profils, du caractère de chacun, de l’envie de rentrer rapidement dans la vie active. On a plus d'obligation de part l'apprentissage. On s'engage auprès d'une entreprise.
rem: Tu gagnes combien ?
Gilles: J’ai débuté à plus de 1 800 € net par mois. Après, au niveau de chaque personne tout dépend de son âge, de l'école, de l’expérience professionnelle, de la situation géographique de l’entreprise…
camera: Vive l'informatique !... un métier d'avenir
Gilles: L'informatique et les réseaux ont un bon avenir ! Notamment dans la partie communication. L'informatique est un outil pour moi. L'essentiel de mon métier n'est pas la programmation, mais je m'en sers personnellement ou je fais appel à des développeurs pour résoudre certains problèmes.Moderateur: Le chat se termine. Merci à tous de votre participation et merci également à Gilles pour ses réponses. La conclusion, Gilles ?
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