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Un métier proche : écoutez le témoignage de Bernard Marty, géochimiste
La retranscription intégrale du Chat avec Caroline
La retranscription intégrale du Chat avec Caroline
Retrouvez ci-dessous l'intégralité des échanges qui se sont déroulés mercredi 10 octobre, de 15 h à 16 h.
Caroline: Bonjour à tous
fabus: Combien d'années d'étude as-tu fait?
Caroline: 5 ans après le bac : 2 années de prépa et 3 années d'école d'ingénieur.
slm: Qu'est ce que c'est un ingénieur géologue ?
Caroline: L'ingénieur, c'est celui qui a suivi une formation généraliste basée sur les maths et la physique. Ensuite, il y a différentes façons d'être ingénieur géologue : on peut l'être dans le domaine de l'eau et des nappes phréatiques, dans les ressources minières, dans le pétrole, la géochimie...
quintinais: Quelle prépa as-tu fait ?
Caroline: BCPST (Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la terre).
leyla: je ne sais pas quoi faire comme métier. Comment as-tu choisi ton métier ?
Caroline .: Je n'ai pas choisi tout de suite. J'ai d'abord choisi la voie de la géologie. J'ai découvert la spécialisation en milieu pétrolier durant mes études. Les stages sont importants pour découvrir le contexte de travail. C'est ce qui m'a décidée à me tourner vers le contact avec le client.
sonia-sisou: Que faites-vous le plus souvent lorsque vous exercez ce métier ? Pouvez-vous raconter en exemple une mission qui vous a marquée ? Merci
Caroline: Je fais plein de choses différentes. J'aide les clients à se servir des logiciels, je les forme. Sur la photo prise à Abu Dhabi, par exemple, je suis chez mon client pour réaliser une étude d'incertitude sur les estimations pétrolières. Cela consiste à regrouper toutes les données du champ pétrolier concerné et à déterminer avec le client comment appliquer les incertitudes. A la fin des 15 jours de mission, j'ai rendu un rapport de 50 pages. Le tout (la mission et le rapport) en anglais, bien sûr !
Florian: Dans quelle société travaillez-vous ?
Caroline: PARADIGM, société américaine. J'ai commencé chez EARTH DECISION, société française rachetée l'an passé par Paradigm.
melinda: Est-ce qu'il y a beaucoup de filles dans ton métier ? Est-ce que c'est dur pour une fille ?
Caroline: On n'est pas majoritaires... du coup, on est bien accueillies ! Mais le métier n'est pas particulièrement difficile en soi. Et la bonne nouvelle, c'est que le métier se féminise. Dans les pays dont la culture est très différente de la nôtre vis-à-vis des femmes, il faut simplement plus de temps pour faire ses preuves.
quintinais: Après 2 années de prépa en BCPST, ayant préparé une licence et maîtrise de sciences de la vie et de la terre, après avoir passé mon capes, j'enseigne dans la région parisienne. Peut-on changer d'orientation, suivre une formation pour parvenir au métier que vous exercez ?
Caroline: Vous ne pouvez sans doute pas reprendre le cursus ingénieur dès le départ (3 années d'études). Mais vous pouvez préparer un master à l'ENSG ou dans d'autres écoles, notamment pour vous familiariser avec le monde de l'entreprise (pour l'ENSPM, il faut avoir le parrainage d'une entreprise pour s'inscrire). Il faudrait également se renseigner sur le Collège des ingénieurs (www.cdi.fr )
jerome: Vous êtes nombreux dans votre société ? Quelle est la langue pratiquée ?
Caroline: Pratiquement 1 000 dans le monde entier et tout le monde parle anglais, sauf dans les bureaux où l'on parle aussi la langue locale.
caroline: Est-ce qu'il y a beaucoup d'écoles en France pour faire votre métier ? Cela demande combien d'années d'étude?
Caroline: Il n'existe pas beaucoup d'autres écoles d'ingénieurs dans le domaine. Il existe l'ENSPM (l'Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs) qui propose une spécialisation, après un premier diplôme d'ingénieur. On peut aussi se former dans des écoles plus généralistes comme les écoles des Mines à Nancy ou Paris, l'Ecole centrale de Paris... et se spécialiser en fin d'études.
Florian: Est-ce qu'il existe des formations bac + 2 pour faire de la géologie ? Je suis en terminale S. Mais je ne pense pas avoir le niveau pour faire une prépa grande école.
Caroline: Oui, il existe un BTS géologie appliquée préparé au lycée Henri Loritz de Nancy. Mais tu peux peut-être tenter la prépa quand même. Tu peux passer aussi par une prépa intégrée dans les INP de Grenoble, Nancy et Toulouse. Tu peux aussi passer par la fac, en sciences de la Terre.
Cynthia: Avez vous souvent l'occasion de travailler sur le terrain ?
toinou2813: Est-ce que vous travaillez plus sur le terrain ou alors sur informatique?
Caroline: Hélas, je ne vais plus sur le terrain (avec mon marteau, mon cahier de notes et ma loupe). Mais je bouge beaucoup chez mes clients.
toinou2813: Pour quelles raisons ?
Caroline: En géologie pétrolière, il n'y a pas beaucoup de terrain. Sauf pour les spécialistes qui font des mesures ou des relevés. Mais à l'école, on fait beaucoup de terrain, ça fait partie de la formation de base
lovedance: Voilà, je suis à la recherche d'un métier intéressant et facile à trouver. Comment trouvez-vous votre métier ? Est-ce intéressant?
Caroline: Un métier peut être intéressant selon différents points de vue : techniquement, ou grâce aux gens avec lesquels on travaille... Moi j'ai choisi mon métier parce que il est technique et que je voyage beaucoup. Je change de projet souvent, je vois sans cesse des nouveautés.
toinou2813: En quoi consiste votre métier sur le terrain ? Que devez-vous y faire ? Et en informatique, que faut-il faire?
Caroline: Ce n'est pas vraiment le même métier : les géologues de terrain font des relevés ou interprètent des analogues de terrain. Pour ma part, je modélise sur ordinateur le réservoir pétrolier en 3D.
jerome: Avez-vous été tentée par la recherche en géologie ? Est-ce qu'il y a plus de terrain lorsqu'on fait de la recherche ?
Caroline: Oui, en géologie, il y a pas mal de recherche. Et en particulier avec l'école, il a pas mal de possibilités. Pour ce qui concerne le terrain, cela dépend du type de recherches (thèse ou autre) . Soit les données sont déjà là ; soit il faut aller les acquérir ou retourner sur le terrain pour affiner nos analyses.
quintinais: Quelles méthodes avez-vous utilisé pour trouver votre emploi ?
Caroline: J'ai fait un stage de fin d'études (6 mois) chez Earth Decision à Dubai et j'ai eu le poste à Paris à la suite de ce stage. J'ai choisi ce stage parce qu'on était peu nombreux dans ce bureau et pour aller travailler à l'étranger chez les clients. C'est aussi parce que je voulais me perfectionner et mieux connaître les méthodes de modélisation.
toinou2813: Vous modélisez à partir des relevés effectués sur le terrain?
Caroline: La plupart des modélisations que nous faisons ne sont pas directement dérivées des analogues de terrain. On reçoit des données de sismique, de puits, d'interprétation, qui viennent des compagnies pétrolières.
Alchimiste: Je me présente, je m'appelle Aziz, j'ai 27 ans et je suis géologue tunisien, plutôt un marginal des temps modernes. Quelle est votre spécialité ?
Caroline: En 3e année d'école, j'ai fait l'option "ingénierie et hydrologie des réservoirs" ; je suis donc spécialisée en écoulement des fluides pétroliers.
JLB: Vous voyagez beaucoup, semble-t-il. C'est le cas de tous les ingénieurs géologues ?
Caroline: Non, ce n'est pas le cas de tous les ingénieurs géologues. Je voyage parce que je suis dans une compagnie de services pétroliers et qu'il faut donc se déplacer chez les clients. Dans les compagnies de services, il y a toujours des déplacements.
quintinais: Quel est le temps de travail entre les déplacements à l'étranger, le travail en France (où ?). Reste-t-il des moments pour avoir une vie de famille ?
Caroline: Je travaille maintenant dans la région Europe. Donc les déplacements sont courts (au maximum une semaine). Je suis chez moi quasiment tous les week-ends et, parfois, je ne pars que pour la journée. Cela me paraît conciliable avec une vie de famille.
ken: Votre métier a l'air intéressant. Comment je peux faire après la 3e ?
Caroline: Il faut préparer un Bac scientifique (S), éventuellement STI (Sciences et technologies industrielles) pour le BTS.
enel: Est-ce que les études sont difficiles ? en prépa ? en école d'ingénieur ?
Caroline: En prépa, il y a ceux qui vont s'y mettre à fond et puis il y a ceux qui prennent plus de recul. Moi, je me suis investie à fond. C'était dur, mais du coup, les 3 années d'ingénieur m'ont paru plus simples, même s'il faut aussi s'investir. Et on n'est pas forcé d'être un super crack en prépa pour entrer dans une école d'ingénieur. Tout dépend de l'école visée...
quintinais: Est-il indiscret de vous demander votre salaire (ou une fourchette de salaire)?
Caroline: Non, ce n'est pas indiscret : les salaires à l'embauche dans les milieux pétroliers sont plus élevés qu'ailleurs (autour de 40 000 € annuels bruts, sans compter les bonus). Ces salaires élevés sont une compensation aux déplacements et contraintes du métier.
Efix: Est-ce que tu étais forte en terminale ? quelle moyenne tu avais ?
Caroline: J'ai eu mon bac avec une mention Bien.
Cynthia: Vous a-t-il été difficile de trouver un emploi en sortant de l'ENSG ?
Caroline: Pas du tout ! Tous ceux qui ont fait la spécialisation pétrolière ont trouvé un emploi avant la sortie de l'école. Même dans les autres options, tout le monde trouve dans les deux mois. Ceux qui ont suivi l'option environnement mettent plus de temps à se placer, sauf s'ils acceptent de partir à l'étranger.
Alchimiste: Vous ne pensez pas qu'un géologue sous la tutelle des décideurs des compagnies pétrolières devient un scientifique géré par les lois du marché mondial du pétrole?
Caroline: C'est un peu vrai parce qu'on a plus de clients quand le prix du baril monte : il faut des technologies plus poussées pour aller chercher le pétrole dans des endroits plus compliqués...
ken: Au lycée, c'était koi tes matières préférées ?
Caroline: La biologie, les maths, les langues.
Cynthia: Votre travail est-il plutôt solitaire ou bien vous intégrez-vous dans une équipe à chaque "mission" ?
Caroline: Mon travail n'est pas du tout solitaire ! Je m'intègre dans l'équipe de mon client, sur place. Et je suis en contact permanent avec mes collègues et mes managers ; ça me permet de les solliciter si j'ai des interrogations.
saida: Bonjour Caroline, j'ai une licence de biologie. Est-ce que je peux entrer dans ton école ? Que me conseilles-tu ?
Caroline: Il est possible d'entrer en 1ère année à l'ENSG avec une licence scientifique. Je ne suis pas sûre que les licences de bio soient avantagées parce qu'il y a des épreuves de maths et de physique à l'entrée. Tu peux aussi tenter ta chance avec un master : entrée en 2ème année, sur dossier.
alban: c koi les matières principales dans ton école ?
Caroline: On démarre par 3 semestres généralistes, on brasse toutes les disciplines de la géologie. Au 4ème semestre, on choisit entre deux filières : matières premières et minérales (ce que j'ai fait) et eau-environnement, plus axée sur la géologie de surface. Et on choisit entre différentes spécialisations pour effectuer les 2 derniers semestres.
Virginie: Que fait un(e) ingénieur(e) au quotidien ?
Caroline: Cela dépend des semaines... si je suis chez un client, au bureau, en formation, etc. les journées ne se ressemblent pas !
seldu13: Quels conseils donneriez-vous à une personne qui veut exercer ce métier ?
Caroline: Il faut aimer travailler en équipe, être curieux, savoir se remettre en question, aimer la nouveauté et l'imprévu, rencontrer de nouvelles personnes et bien sûr, avoir un esprit scientifique.
linda: Au quotidien, ton travail correspond-il à ce que tu imaginais ?
Caroline: Je savais à quoi m'attendre car d'autres étudiants de mon école avaient partagé leur expérience avec moi. Je ne suis donc pas déçue.
Alchimiste: Chère Caroline, est-ce que vous pouvez me dire comment un ingénieur tunisien pourrait faire pour postuler à un poste au sein d'une entreprise pétrolière ? Par exemple dans la même boîte pétrolière que la vôtre ?
Caroline: Il faut aller sur le site de l'entreprise (www.paradigmgeo.com) et postuler en ligne en déposant son CV et sa lettre de motivation en anglais. Les postes ouverts dans les différentes régions sont régulièrement mis à jour sur ce site.
Laura: Je suis très embarrassée à l'idée de me lancer dans des études d'ingénieur, car c'est 5 ans, et j'ai peur de me retrouver avec un poste à haute responsabilité et à pianoter sur un ordinateur à longueur de journée. Est-ce que je me fais un fausse idée de ce qu'est un ingénieur? Comment travaillez-vous en fait?
Caroline: Tu n'as pas tout à fait tort, je travaille essentiellement sur ordinateur. Mais ce n'est qu'un outil. Il nous aide notamment à être en contact avec les autres parce qu'on ne travaille jamais seul. Je bouge beaucoup quand même, je suis souvent chez le client.
quintinais: A-t-on à 24 ans la maturité suffisante pour être à l'aise avec les clients, collègues, etc. Y a-t-il parfois des moments difficiles ?
Caroline: Au sein de mon entreprise, cela ne pose pas de problème ; au contraire, on aime bien ma spontanéité et ma curiosité, ainsi que ma faculté à apprendre vite (que l'on a en étant plus jeune). Vis-à-vis des clients, ce n'est pas toujours évident : je suis souvent en face d'experts d'une quarantaine d'années. A moi de faire mes preuves sur le plan technique pour être acceptée. Jusqu'à présent, ça s'est bien passé !
ken: Est-ce que tu te vois encore longtemps dans ce métier ou est-ce que tu peux faire autre chose sans changer de métier ?
Caroline: Je pense que ce métier est quand même fatigant et qu'il arrivera un moment où j'aurais besoin d'être plus posée. Je peux faire autre chose dans ma compagnie, mais en me réorientant. Par exemple en étant coordinateur de produit, en lien avec la partie développement, ou à la formation, au marketing, voire à la vente...
Sophie: Quels sont vos horaires?
Caroline: Il n'y pas vraiment de règles. Quand je reste à Paris au bureau, je fais 8 heures / jour. Quand je suis en déplacements, cela peut être ponctuellement plus pour des raisons de délai de projet (pour finir à temps).
hamid: Salut, moi je m'appele hamid et je suis étudiant en 3ème année sciences de la terre. Comment vous voyez l'aménagement du territoire, urbain ? et la géomorphologie ?
Caroline: La géomorphologie et l'aménagement ne reposent pas sur les mêmes matières scientifiques. La géomorphologie fait référence aux sciences fondamentales. L'aménagement, c'est plus concret, on étudie la résistance des matériaux, des cas appliqués de génie civil.
stras: D'ici combien de temps il n'y aura plus de pétrole ?
Caroline: A priori, les études montrent qu'il y en a encore pour 40 ans environ. Mais on découvre encore du pétrole et on arrive surtout à exploiter plus longtemps et avec un meilleur rendement les réservoirs déjà existants. Au niveau de l'emploi, on est en période faste dans le secteur pétrolier car il faut remplacer les départs des spécialistes à la retraite.
cricri: C'est quoi les inconvénients de votre métier ?
Caroline: Les horaires, parfois contraignantes (lever tôt, coucher tard, week-end pris...). Aussi, le fait d'être parfois sans nouvelles de l'impact de mes interventions chez le client. J'aimerais mieux connaître les conséquences à long terme de mes projets lorsque j'interviens ponctuellement sur des projets de plusieurs mois.
cricri: Vous travaillez que sur le pétrole ou bien aussi sur d'autres matières premières ? Et est-ce que vous pouvez vous reconvertir sur ces autres matières premières ?
Caroline: Mes clients principaux sont des pétroliers, mais on travaille également avec le secteur minier. J'ai aussi eu des études pour de l'eau. Il me sera possible de me reconvertir dans ces secteurs qui utilisent les mêmes méthodes de modélisation.
Modérateur : ce Chat touche à sa fin. Carole, le mot de la fin ?
Caroline:Merci à tous d'avoir participé. J'ajouterais que, bien que le secteur pétrolier ne soit pas très populaire, c'est quand même une orientation à retenir car les débouchés sont nombreux et le travail scientifique réellement intéressant. On se sent impliqué dans les enjeux énergétiques d'avenir !
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