Retrouvez ci-dessous l'intégralité
des échanges qui se sont déroulés mercredi 20 décembre
2006, de 15 h à 16 h.
Nelly : Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire
ce métier ? Vous vouliez dès le départ travailler
à la télé ou c'est le hasard qui vous a conduit là
? Qu’est-ce vous avez fait pour arriver à la télé
?
Carole : Au départ : l’envie de rencontrer les gens, de
comprendre pour vouloir retranscrire. J’envisageais la presse
écrite, j’ai découvert la TV, en stage. Après,
ce sont des rencontres… et aussi une dose de chance. Il ne faut
pas voir uniquement le côté vitrine, il faut une vraie
motivation.
Nono : Quelle est la tâche la plus dure à accomplir
lorsqu'on est journaliste TV ?
Carole : La TV est un média qui va de plus en plus vite. Avec
le numérique, on peut envoyer les images et les monter très
rapidement. Et, en même temps, on a une grande responsabilité.
Il faut témoigner de ce qu’on a vu et que les gens, eux,
ne peuvent pas voir. Il faut rester fidèle et honnête malgré
le côté rapide et même grisant du média.
Utilisateur3 : À quel âge avez-vous été contaminée
par le virus du journalisme ?
Carole : À 15 ans, je voulais être avocate ou journaliste.
Finalement, c'est une rencontre avec la patronne du journal régional
où j'habitais qui m'a confortée dans mon intuition de
vouloir réellement faire ce métier. Une série de
stages dans ce même journal m'a permis de me frotter avec la réalité
de ce métier. Depuis, le virus ne m'a pas quittée...
Popo : Depuis combien de temps vous faites ce métier
?
Carole : Depuis 1991, date de ma sortie de l’école. J’ai
fait l’IUT (institut universitaire de technologie) de Bordeaux
après une maîtrise de lettres classiques (latin-grec).
À la fin de l’IUT, j’ai fait un stage à RTL
Télévision, à Metz, puis un stage à France
3 Amiens.
Laurène : Pourquoi n'avez-vous pas fait avocate ?
Wellydu69 : Pourquoi avez-vous pris journaliste à la
place d'avocate ?
Carole : Parce que ma mère m'a dit qu'un avocat défendait
toutes les causes, même celles auxquelles on n’adhérait
pas, c'était pas mon truc.
Charlène : Bonjour, pourriez-vous m'informer de votre
parcours "études" qui vous a permis de devenir journaliste
et journaliste TV ? Personne ne peut me dire quelles études je
dois suivre après le bac. Je suis en terminale L et il va falloir
que je me positionne très prochainement. Ce métier m'attire
beaucoup. Merci pour votre réponse.
Utilisateur4 : Quel est votre parcours scolaire (série
de bac puis post-bac) ?
Carole : J’ai fait un bac L, puis une classe prépa littéraire,
une licence et une maîtrise de lettres classiques. À 15
ans, je suis allée voir la directrice d’un journal qui
m’a conseillée de faire les études qui me plaisaient,
d’acquérir une culture générale, avant d’entrer
dans une école de journalisme.
Louise : Faut-il avoir certaines qualités pour faire
ce métier ?
Carole : La curiosité, c'est sans doute la première qualité.
C'est elle qui vous permet de vous intéresser au monde, d'essayer
de le comprendre pour ensuite s'adresser aux auditeurs, lecteurs ou
téléspectateurs.
Félicie : Faut-il avoir un plan de carrière assez
défini pour devenir journaliste TV (un vrai fil conducteur) ?
Carole : C'est bien là mon problème ! Je suis une idéaliste,
toujours motivée par le seul plaisir de faire ce métier.
Pour répondre plus précisément à ta question,
je te dirais, comme dans tous les métiers : pour avancer plus
vite, il faut penser au chemin le plus court pour parvenir à
ton but.
Wellydu69 : Est-ce que moralement c'est difficile d'être
journaliste TV ?
Carole : Si moralement, pour toi, signifie être confronté
parfois à des situations difficiles psychologiquement éprouvantes,
oui ce métier est parfois moralement difficile.
Hackers200 : Est-ce que c'est dur le journalisme (le trac? etc.)
?
Carole : Si tu parles de trac, peut-être penses-tu à la
peur du direct ? Elle ne te quitte jamais. Mais c'est souvent un bon
moteur pour te dépasser. Il faut apprendre à se dominer,
à se maîtriser, ensuite le trac devient un allié...
c'est un peu comme un acteur qui travaille sans filet.
Wellydu69 : Faut-il avoir du talent en écriture ?
Carole : En TV, l'écriture est très imagée. On
ne demande pas d'effets de style, on demande d'être concis, direct,
informatif. D'ailleurs tu auras sans doute remarqué que les sujets
du JT sont souvent écrits sur le même rythme, avec un même
type de vocabulaire. En revanche, en presse écrite, seule la
plume, le style des phrases, permettent de distinguer l'auteur d'un
article d'un autre. En TV, on peut jouer sur le son, l'image, c'est
vraiment un travail d'équipe et c'est le talent de toute une
équipe.
Giga : Faut-il prendre des cours de diction par exemple ou des
cours pour savoir rebondir (voire meubler parfois !) ?
Carole : En école de journalisme, effectivement, on travaille
parfois avec des comédiens et des profs spécialisés.
On travaille sur sa diction, sa respiration. Notre métier n'est
pas si loin du métier de comédien. Sur la forme... pas
sur le fond ! Pour meubler, mieux vaut bien bosser ses dossiers. C'est
comme un prof qui serait devant ses élèves sans avoir
préparé son cours.
Louise : Faut-il suivre une formation particulière pour
se spécialiser devant les caméras de TV ?
Carole : Au début, en école de journalisme, le cursus
est commun à la presse écrite, la radio, la télé.
Plus tard, on peut choisir sa spécialité et, à
ce moment-là, on travaille sur la réalisation des reportages,
mais aussi sur la présentation face caméra.
Utilisateur5 : Vous avez fait un IUT. On peut alors très
bien réussir sa carrière sans être passé
par le Celsa ou autre ?
Carole : La preuve... Trêve de plaisanterie, ce que je veux dire,
c'est qu'un IUT permet avant tout d'obtenir des stages. Et c'est là
le sésame de ce métier : toujours se frotter à
la réalité d'une rédaction. La différence
se fait à ce moment : tu t'accroches, tu en veux et tu peux t'en
sortir. Le meilleur élève en théorie n'est pas
forcément le meilleur journaliste dans la pratique.
Melissa17 : L'école de journalisme est-elle accessible
à tous ?
Carole : Aujourd'hui, 12 écoles de journalisme sont reconnues
en France. Les plus anciennes et les plus prestigieuses restent le CFJ
à Paris et l'ESJ à Lille, mais les autres sont également
de bons moyens de se former à ce métier. Dans la plupart
des cas, il faut posséder au moins un bac + 2 ou + 3. Souvent
ceux qui réussissent le concours très difficile ont même
un niveau bien plus élevé.
Tania : Est-ce que vous étiez forte au lycée ?
Quelles sont les matières qui comptent le plus pour faire du
journalisme ?
Carole : L’important, ce n’est pas telle ou telle matière.
C’est de lire un journal tous les jours. C’est tout ce que
vous aurez aussi appris en dehors de l’école qui fera de
vous un bon journaliste. Il faut être bon à l’école,
mais ne pas être trop scolaire, accepter de « perdre »
son temps au ciné, en job à l’étranger…
Utilisateur3 : Êtes-vous souvent amenée à
vous déplacer pour votre métier ?
Carole : Je ne vais pas parler de mon cas personnel, je veux simplement
te dire que tous les journalistes ne sont pas des Albert Londres parcourant
le monde, il faut bien en être conscient. Beaucoup font de l'information
de proximité. Mais la démarche est la même : la
curiosité, on l'a dit tout à l'heure.
Émilie: Quel est le bac "conseillé"
pour faire ce métier ?
Carole : Je ne dirais pas qu'il y a un bac meilleur que d'autres. Il
y a avant tout ta culture générale, ta capacité
à t'intéresser à l'actualité nationale et
internationale. Le bac aujourd'hui, à mon sens, n'est qu'un moyen
pour obtenir un niveau universitaire qui te permettra ensuite d'aborder
les concours de journalisme.
France : Est-ce que c’est un métier que l'on peut
commencer sur le tard alors qu'on a déjà une expérience
professionnelle dans un autre secteur ?
Carole : Tout à fait. Le CFPJ (Centre de formation professionnelle
des journalistes) accueille chaque année des salariés
qui ont envie de changer de voie. Je ne connais pas les modalités
exactes, mais en les appelant, tu obtiendras plus d'infos.
Laurène : Peut-on commencer seul, sans connaître
de personnes travaillant dans ce secteur ?
Carole : C'est ce que j'ai fait personnellement, je ne connaissais personne
dans ce métier. C'est là que l'école de journalisme
devient vraiment une clé incontournable.
Loïc : Combien de temps passez-vous pour préparer
un journal ?
Carole : C'est une grosse machine dont le présentateur n'est
qu'une vitrine. Imagine-toi que la rédaction de France 2, ce
sont plus de 200 journalistes et JRI (journalistes reporters d'images).
Un journal de 20 h se construit dès le matin 9 h avec une réunion
pour déterminer le choix des sujets ; ensuite, c'est toute une
fourmilière qui se met en route.
MARINE : C'est quoi rédactrice en chef ? Est-ce que c'est
différent dans un magazine écrit et à la télé
?
Carole : Pas vraiment, la démarche est la même : faire
des choix qui vont donner une cohérence au support. Ce qui change
: en presse écrite, on n’a pas la contrainte de l’image
pour traiter un sujet. Si on prend l’affaire Clearstream par exemple,
c’est très compliqué à traiter en TV ; à
l’écrit, on peut se contenter d’une info qui a filtré.
Gamine28 : Bonjour, combien de personnes travaillent avec vous
? Est-ce que c'est un travail d'équipe ?
Carole : Le magazine Immersion totale sur France 2, c'est une grosse
équipe, qui travaille sur une période assez longue. Préparation
de l'enquête, réalisation, JRI (journaliste reporter d'images),
ingénieur du son, monteur, présentateur... chacun a un
rôle essentiel.
Émilie : Arrivez-vous à concilier vie professionnelle
et vie de famille ?
Carole : C'est mon challenge de tous les jours, comme toutes les mamans
qui travaillent. Il faut trouver un équilibre, mieux vaut avoir
un époux compréhensif, car l'actualité ne prévient
pas...
Ricou : Je suis en terminale, je vous ai vue à la télé,
vous êtes super. Présenter le journal, c'est seulement
lire ce qu'on vous affiche, ou vous avez un vrai rôle de journaliste
?
Carole : On ne travaille pas du tout à l’américaine
avec des « speakers ». Le présentateur est souvent
rédacteur en chef adjoint, il participe aux comités de
rédaction. C’est un travail d’équipe avec
les chefs de service. Je collecte l’info tout au long de la journée
pour écrire le lancement des sujets.
Nif : Vous n'avez pas l'impression que tous les journalistes
sont dans le même "moule", tous Sciences po + école
de journalisme ?
Carole : Je te trouve un peu extrême, mais c'est vrai que le développement
des écoles de journalisme et des candidats sortis de Sciences
po ont tendance à uniformiser les profils.
Laurène : Peut-on commencer sans connaître de rédacteur
de magazine, de photographe ou autre ? Vous aviez dit connaître
une femme qui vous a aidée et pris en stage non ?
Carole : En fait, cette rencontre est le fruit d'une démarche
personnelle. À 15 ans, j'ai écrit une lettre à
cette directrice de journal pour lui demander des conseils. Elle m'a
reçue, a sans doute été séduite par ma naïveté
et mon enthousiasme, et c'est elle qui m'a proposé mon premier
stage, non rémunéré. Donc on revient au même
point de départ : il faut être motivé, ne pas avoir
froid aux yeux et avoir un peu de chance...
Louise : Pour devenir rédactrice en chef, faut-il une certaine
expérience? un passé pour arriver à ce statut ?
Carole : Effectivement, le poste de rédacteur en chef est un
poste avec beaucoup de responsabilités. Pour pouvoir manager
une équipe, mieux vaut inspirer l'admiration... On ne peut pas
corriger un reportage ou imposer des choix rédactionnels si on
n'est pas respecté professionnellement par ses pairs. C'est comme
ça dans tous les postes d'encadrement.
Anais : Comment peut-on entrer à la télé
? Comment vous avez fait ?
Carole : À 15 ans, je voulais travailler dans la presse écrite.
L’intérêt pour la TV est venu pendant mes études,
après un stage à M6. Mes profs m’ont encouragée,
j’ai testé JRI (journaliste reporter d’images), mais
les caméras étaient trop lourdes à l’époque.
La présentation, c’est venu après, là aussi
parce qu’on m’a encouragée à le faire…
Au départ, j’étais tétanisée…
Loïc : Quel a été (pour vous) le sujet d'actualité
le plus difficile à traiter ?
Carole : Sans aucun doute, le tsunami. À ce moment-là,
le 26 décembre 2004, je remplaçais David Pujadas sur le
20 h. Nous étions en permanence connectés au flot des
images qui nous parvenaient en régie, et au fur et à mesure,
nous avons compris l'ampleur du drame. Comme tout le monde, même
si on met sa carapace professionnelle, on reçoit ces informations
aussi douloureusement que chacun.
Cri-cri : Bonjour Carole, je voudrais connaître la différence
entre un journaliste écrit et un journaliste à la télé
? merci.
Carole : Ce sont différents moyens pour arriver au même
résultat : informer. Il y a une lourdeur propre à la TV,
parce que nous avons besoin de l’image et du son. La presse écrite,
comparativement, c’est la « légèreté
» des mots, de la photo, on a moins besoin de « technique
» pour traiter un sujet.
Utilisateur3 : Ça a dû être dur pour vous
et toute l'équipe de traiter d'un sujet si grave... si inattendu
?
Carole : Oui d'autant qu'il a fallu attendre 24 h pour que les premières
équipes de France 2 parviennent sur les différents lieux
du tsunami. Donc pendant 24 h, nous avons travaillé avec des
images dont nous ne connaissions pas le contexte ; et donc nous ne savions
pas exactement quelle était l'ampleur de la catastrophe.
France : Est-ce qu'on peut bien gagner sa vie en exerçant ce
métier ? J'ai entendu dire que beaucoup de journalistes avaient
des revenus précaires, et qu'il s'agissait d'une filière
bouchée.
Carole : Effectivement, il faut souvent attendre plusieurs années
avant de passer du statut de pigiste (on fait appel à toi en
fonction des besoins de la rédaction) au statut de CDD, voire
mieux CDI. Il faut t'attendre à passer les premiers temps dans
l'incertitude d'un éventuel appel qui te donnerait du boulot.
Certains journalistes vivent pourtant très bien cette "flexibilité",
ils se sentent plus libres pour collaborer à différents
organes de presse. C'est un choix qu'il faut pouvoir assumer psychologiquement.
Skerzo : Sur le plan financier, quel est le plus avantageux
: presse écrite ? TV ? Même si on est idéaliste,
on peut s'informer ou bien est-ce une question de chaîne TV plus
ou moins mercantile par exemple ?
Carole : C'est très bien de s'informer... Si tu veux gagner beaucoup
d'argent, change de métier ou deviens producteur. Il ne faut
pas confondre, les journalistes ne paient pas les mêmes impôts
que certains producteurs bien connus. En clair, la presse écrite,
vu ses difficultés actuelles, n'offre pas de salaire élevé
; côté TV, pour gagner de l'argent, mieux vaut choisir
une chaîne privée. Si tu as un attachement au service public,
je suis sûre que tu accepteras d'être moins payé.
Utilisateur3 : A-t-on le droit à l'erreur à la
télévision ? Je pense, par exemple, dans le traitement
d'une information divulguée au journal ?
Carole : Sacrées responsabilités que celles d'informer
par un média aussi puissant que la télévision !
Bien sûr qu'on n'a pas le droit de se tromper. La déontologie
du journaliste consiste avant tout à vérifier ses sources.
Félicie : Pour la presse en ligne, on est reconnu comme
vrai journaliste aussi ?
Carole : Un vrai journaliste, c'est une personne qui possède
sa carte de presse. Pour l'obtenir, il faut travailler dans un organe
de presse, c'est une société qui est officiellement reconnue
comme diffuseur ou producteur d'informations. Par exemple, France télévision.
Donc si tu travailles pour la presse en ligne, il faut que tu vérifies
cette condition, car la commission d'attribution des cartes est très
stricte.
Clean : Bonjour, je voudrais savoir si, pour faire comme vous,
il faut plutôt commencer par être journaliste ou plutôt
d'abord entrer à la TV ?
Carole : Le journalisme, c’est un métier bien précis,
c’est une démarche qui se décline aussi bien à
la TV, à la radio, que dans la presse écrite. Avec une
constante : la déontologie. L’animation d’une émission
n’a rien à voir avec cela. La TV est un milieu très
cloisonné, on ne passe pas du divertissement à l’information.
Fillenormale : Je suis en troisième et, en ce moment,
je prépare mon orientation. Je sais que j'ai le temps, mais quel
est le meilleur moyen de se faire connaître dans le journalisme
? Faut-il que je fasse un stage tout de suite ou attendre, d'après
vous ?
Carole : Pourquoi pas ! En tout cas, cela te permettra de savoir si
ce métier et ce milieu te plaisent vraiment.
Vincent : Comment on fait pour devenir journaliste sportif ou
commentateur sportif ? Il faut d'abord faire du sport, tout savoir sur
le sport ou d'abord être journaliste ?
Carole : Il faut toujours une passion pour l’info, pour en être
le médiateur auprès du public. Pour le sport, il faut
une culture sportive. Le milieu sportif a un langage propre, il y a
des codes que le téléspectateur connaît… C’est
pourquoi des sportifs de haut niveau peuvent devenir commentateurs.
Moi pas…
Alex : Est-ce que vous tournez vous-même les images ?
Carole : Non, ce n'est pas moi qui tourne, ce sont les JRI, les journalistes
reporters d'images. Ce sont eux-mêmes des journalistes, leur stylo
c'est leur caméra.
Emilie : Est-ce une obligation d'être bilingue ?
Carole : Comme dans tous les métiers, mieux vaut maîtriser
l'anglais. Toutes les images qui nous parviennent du monde entier sont
commentées en anglais et, lorsque tu pars à l'autre bout
du monde, c'est quand même le meilleur moyen de communiquer, même
si on travaille souvent avec des traducteurs dans des pays non anglophones.
Merlin : Au journal, vous pouvez pas tout dire, je crois...
Comment vous choisissez l'info ? Le prioritaire, c'est quoi ?
Carole : L’équilibre d’un journal de 35 min, le choix
des sujets, c’est un échange au sein d’un comité
de rédaction. Il y a une hiérarchie d’évidence,
liée à l’actualité : un procès, une
catastrophe… Après, il y a des choix qui révèlent
la sensibilité d’une chaîne : faire un zoom sur tel
phénomène, etc.
LYNDA : Bonjour, comment vous choisissez les sujets de vos émissions
?
Carole : Le point de départ de « C’est notre affaire
», c’était de prendre des objets de notre vie quotidienne
et de voir quels secteurs industriels sont concernés en France
: une brosse à dent, une voiture, le e-commerce… comprendre
le marché, voir les coulisses. Qui produit en France, comment
? Ça intéresse les gens.
Momo_xx_387 : Bonjour Carole, quel est votre meilleur souvenir
de télé ? C’est plutôt les reportages ou la
présentation du journal ?
Carole : Un 13 h avec Rachid Arhab, nous recevions Fabrice Luchini :
un moment de grâce ! Et puis, il y a 3 ans, Philippe Noiret ;
j’ai été épatée par la classe, la
retenue de ce « jeune homme ». C’est ce qui fait l’intérêt
de notre métier : vous ne savez jamais quelle personnalité
vous allez rencontrer dans la journée.
Modérateur : ce Chat touche à sa fin. Carole,
le mot de la fin ?
Carole : Ça a été sympa d'échanger avec
vous tous. Si vraiment ce métier vous plaît, accrochez-vous
et ne vous laissez pas décourager par ceux qui vous disent que
la voie est bouchée. Quel que soit le métier, l'essentiel
est d'y croire et de s'en donner les moyens.
Carole : Je vous donne rendez-vous sur France 5 le mercredi
10 janvier pour un nouveau numéro de « C'est notre affaire
» et le 18 janvier sur France 2 en fin de journée pour une
retransmission en direct au Panthéon d'une cérémonie
en présence de Jacques Chirac, qui inaugurera une plaque en hommage
aux Justes... Au fait, qu'est ce qu'un Juste ? À vous de chercher,
histoire de tester votre curiosité... Bon mercredi après-midi,
à bientôt !