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Fiche métier

médecin humanitaire

Généraliste ou spécialiste, le médecin humanitaire a une triple mission : soigner des populations dans un contexte de crise, mettre en place des programmes de prévention et de développement des soins, former des équipes médicales sur place.

Le métier

Nature du travail

Urgence ou développement

Le médecin humanitaire intervient dans différents contextes : soins d'urgence lors de conflits ou de catastrophes, mise en place de services de santé de post-urgence, ou programmes de santé orientés vers la prévention et l'éducation à la santé, sur du long terme.

Adapter ses soins

Le médecin humanitaire, généraliste ou spécialiste, prescrit et soigne lors de consultations dans des centres mobiles ou des hôpitaux. En situation de crise, il doit adapter sa pratique à des moyens techniques limités. Il faut parfois faire face à des pénuries de médicaments et de matériel, mais aussi d'équipements tels que les radios ou les examens biologiques. Une grande sûreté de diagnostic est alors nécessaire.

Planifier et manager

Dans le cadre d'un programme de développement, le médecin humanitaire évalue les besoins de la population et met en place des actions de prévention : programmes axés sur la tuberculose, les maladies tropicales, le VIH, la drogue... Médecin nutritionniste, il peut piloter des projets de prévention de la malnutrition et mettre en place des centres de renutrition. Quel que soit le contexte, il encadre des infirmiers et du personnel local. Et peut être amené à analyser l'offre de santé du secteur (enquête sur les centres de soins d'une région, par exemple).

Compétences requises

Généraliste ou spécialiste

Les missions humanitaires font appel à des médecins généralistes et spécialistes. Les formations en nutrition, santé publique et communautaire, épidémiologie, maladies parasitaires, médecine tropicale, maladies infectieuses et médecine d'urgence sont un atout. Les pathologies et les traitements diffèrent souvent des pratiques occidentales.

Du sang-froid

Un contexte de crise impose des conditions de travail précaires. Par exemple, mener un accouchement sans eau ni électricité. De plus, il faut parfois interrompre une consultation pour respecter les règles de sécurité. Proche du patient, le médecin humanitaire prend en compte la culture de la population qui l'entoure. Il doit comprendre son fonctionnement et le respecter. Le travail quotidien avec le personnel local permet d'assimiler ces règles.

24 heures sur 24

Il arrive qu'un chirurgien opère 24 heures d'affilée sur des sites de catastrophe. Ce métier demande une bonne résistance physique. Ainsi que la capacité à s'adapter à un mode de vie peu confortable et en communauté. Il faut donc être curieux et ouvert d'esprit puisque l'on travaille avec des gens venus de tous horizons.

Où l'exercer ?

Lieux d’exercice et statuts

Camp de transit et hôpital

Le médecin humanitaire travaille pour une ONG (organisation non gouvernementale) dans un pays où celle-ci assure un programme d'urgence ou de développement. Sur place, il exerce dans un dispensaire, un hôpital, un camp de réfugiés ou au sein d'une équipe mobile. En urgence, il peut intervenir lors de conflits armés, de catastrophes naturelles, d'épidémies...

Pour des raisons de sécurité et selon les zones, il y a parfois des règles à suivre impérativement : interdiction de se déplacer seul et à pied dans le pays ; couvre-feu le soir...

En France aussi, on peut pratiquer la médecine humanitaire, auprès de populations n'ayant pas accès au système de soins classique.

Avec des équipes locales

En fonction du programme de la mission, différents moyens sont mis en oeuvre : consultations et soins, enquêtes épidémiologiques, enquêtes nutritionnelles, réunions d'information et de formation. Le médecin humanitaire collabore avec d'autres soignants (sages-femme, infirmiers, etc.) et avec les équipes locales. Il a un rôle pédagogique primordial auprès de celles-ci. Un programme de développement se poursuit après le départ de la mission humanitaire.

Carrière et salaire

Salaire

Salaire du débutant

Variable en fonction de la mission, du statut et de l'employeur. Tous les frais sont pris en charge (transport, logement, nourriture).

Source : non indiquée.

Intégrer le marché du travail

Des volontaires

La plupart des ONG (organisations non gouvernementales) recrutent leur personnel expatrié sous statut de volontaire. Les volontaires de la solidarité internationale bénéficient de la prise en charge du transport, de l'hébergement et des frais de vie sur place, de la couverture sociale et d'une indemnité mensuelle. Le volontariat médical s'insère relativement facilement dans la continuité d'une carrière.

En lien avec la France

Les missions durent de quelques mois à 1 an. Les médecins libéraux alternent souvent missions et remplacements de médecins en France. Ceux qui ont participé à des actions de santé publique éprouvent parfois le besoin de continuer dans cette voie, de retour en France. Côté spécialités techniques (chirurgiens, anesthésistes), les missions sont souvent très brèves (1 à 2 semaines).

De la coordination

Avec de l'expérience, le médecin humanitaire peut évoluer vers la gestion de programmes de santé humanitaire. Le coordinateur médical participe à l'analyse des besoins. Il élabore aussi des projets en relation avec les autorités locales. Certains médecins accèdent à des postes de coordinateur au siège de l'ONG.

Accès au métier

Accès au métier

Les ONG recrutent aussi bien des médecins généralistes que spécialistes. Les internes titulaires de la licence de remplacement peuvent également être recrutés. Pratique de l'anglais indispensable.

Entre 9 ans et 11 ans sont nécessaires pour former un médecin humanitaire. Des études longues à l'université, qui débouchent sur le diplôme d'État de docteur en médecine. Le cursus se déroule en quatre grandes étapes :

  • La PACES (1re année commune aux études de santé) constitue le premier barrage. Elle se termine par un concours au nombre de places restreint. Profil recommandé : un bac scientifique, si possible avec mention. A noter : dès 2020, la PACES et le concours de 1ière année seront supprimés et devraient être remplacés par des partiels organisés tout au long du 1er cycle.
  • Les 2e et 3e années : enseignement des bases théoriques de la médecine et premiers stages hospitaliers. En fin de 3e année, obtention du diplôme de formation générale en sciences médicales, niveau licence.
  • Les 4, 5e et 6e années : acquisition d'une formation médicale complète et de plus en plus de pratique hospitalière. A la fin de la 6e année, l'étudiant passe l'ECN (examen classant national). Le choix de la spécialité et/ou de la région où il effectuera son internat dépend de ses résultats et de son rang de classement. A noter : dans le cadre de la réforme du 2ème cycle des études médicales, l'Epreuve classante nationale (ECN) devrait être prochainement supprimée.
  • L'internat : d'une durée de 3 à 6 ans selon la spécialité, il constitue une plongée dans le métier. Il se conclut par une thèse qui permet l'obtention du diplôme d'État de docteur en médecine.

Tout interne ayant validé 3 semestres dont le stage chez un praticien peut demander une licence de remplacement qui permet de s'engager dans certaines ONG.

Les médecins peuvent suivre une formation en 2 ans conduisant à une capacité en médecine tropicale ou en médecine d'urgence. Ces spécialisations sont recherchées par les ONG.

Exemples de formations

Après BAC

bac + 9 et plus

En savoir plus

Témoignages

Émilie, pédiatre

Du sang neuf

"Le personnel local et les médecins humanitaires en mission sont complémentaires. Il faut rester humble, sans croire que l'on va tout changer en arrivant. Certains s'imaginent avoir toujours raison. Or on apporte " uniquement " trois choses : un savoir-faire médical précis, l'expérience de missions précédentes et, enfin, du sang neuf et de la motivation (on est là pour 6 mois seulement). Les équipes locales, elles, restent sur place et ne peuvent donc pas être à 200 % de leur capacité constamment. En revanche, elles ont la mémoire du projet et apportent leur connaissance du pays, de son contexte, de sa culture et du vécu des gens. C'est le mélange des deux qui est intéressant : l'expatrié insuffle une dynamique et un regard neuf, donc de nouvelles idées ; les médecins locaux permettent de les rendre plus réalistes, en expliquant par exemple que telle proposition, déjà essayée, n'avait pas fonctionné mais que l'on pourrait s'inspirer d'une autre initiative, réussie. "

(25/04/2016)

Ressources utiles

www.coordinationsud.org

Coordination SUD, portail des ONG

Publications

Publications Onisep

Les métiers du médical
collection Parcours, Onisep
parution 2019

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