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Chat sur la mise en œuvre du parcours de découverte des métiers et des formations en collège

Véronique Lutz


Elargir à l'ensemble des élèves l'ouverture sur le monde professionnel et les formations, tel est l'objectif du parcours de découverte des métiers et des formations qui se met en place dans les établissements volontaires en collège et en lycée (circulaire du 11 juillet 2008).
Cette démarche propose d'intégrer tout au long de la scolarité, selon des modalités différentes, des activités qui permettent d'élargir les connaissances des élèves sur ces questions afin de construire des parcours plus variés. Une trace des différentes activités menées et des apprentissages effectués sera conservée pendant la durée du collège et du lycée.

Véronique Lutz, principale adjointe au collège Albert Camus de Soufflenheim (67) met en place le parcours de découverte des métiers et des formations dans son établissement.
Le mercredi 3 décembre de 15h à 16h, elle a répondu à toutes vos questions concernant l'organisation, les membres de l'équipe éducative impliqués, les ressources utilisées, l'intégration dans le webclasseur...




    La retranscription intégrale du Chat avec Véronique Lutz



La retranscription intégrale du Chat avec Véronique Lutz

Retrouvez ci-dessous l'intégralité des échanges qui se sont déroulés avec Véronique Lutz mercredi 3 décembre 2008, de 15 h à 16 h.


Véronique Lutz

Véronique Lutz : Bonjour à tous, je suis contente de m'exprimer sur ce sujet qui me tient à coeur !

Florence : Depuis combien de temps avez-vous mis en place le parcours de découverte des métiers et des formations dans votre établissement ? A quel niveau vous adressez-vous ?

Véronique Lutz : Je suis arrivée dans ce collège à la rentrée. La mise en place est donc en train de se faire. Les niveaux concernés sont : tout le niveau 5è (5 classes); la moitié du niveau 4è (3 classes); une classe plus un groupe de DP3 (découverte professionnelle 3 heures) en 3è.

Marlène : Combien d'heures sont consacrées par an au parcours ? Cela dépend-il des niveaux ?

Véronique Lutz : Les heures pour le parcours de découverte métiers s'appuient sur 3 à 4 structures : les heures vie de classe, les disciplines enseignées; les itinéraires de découverte en 5è; le stage « découverte de l'entreprise » en 4è. Il est difficile d'évaluer précisément le nombre d'heures. Chaque professeur principal volontaire s'est engagé à consacrer 5 heures au parcours.

Myriam : Aviez-vous déjà mis en place une option DP3 heures dans votre établissement ? A votre avis, est-ce un préalable ?

Véronique Lutz : La présence d'une DP3 dans l'établissement est un élément facilitateur mais n'est pas un préalable. C'est un élément facilitateur dans la mesure où, pour les enseignants, l'idée du travail avec des partenaires extérieurs a déjà fait son chemin. La DP3 peut s'intégrer dans le parcours métiers en tant que telle, mais ce n'est pas une finalité. Cela reste une option proposée aux élèves, option qui peut correspondre aux objectifs proposés par le parcours métiers.

Nini : Comment faire le lien entre toutes ces structures ? Ets-ce que cela repose exclusivement sur vous? Ou sur d'autres membres de l'administration ?  Utilisez-vous le webclasseur ?

Véronique Lutz : Le lien se fait déjà par le programme d'éducation à l'orientation, présent dans un volet du projet d'établissement, qui fédère à lui tout seul toutes ces actions. Le lien se fait pour l'élève à travers les traces qu'il déposera dans le webclasseur.

Hélène : Concrètement, quel va être le contenu du parcours de découverte des métiers et des formations que vous proposez aux élèves ?

Véronique Lutz : Il faut tout d'abord préciser que les contenus sont en construction même si je peux déjà évoquer quelques pistes. Les contenus évolueront aussi en fonction des compétences et des choix pédagogiques des enseignants impliqués.
En 5è : accueil de professionnels lors des itinéraires de découverte et des heures de vie de classe; interviews de proches; et beaucoup d'animations ludiques autour de la représentation des métiers (mimes, jeux de rôle, jeu des 40 métiers,…).
En 4è : immersion dans des lycées d'accueil; stages en entreprise en fin de 4è; préparation et exploitation dans un but de casser la représentation des métiers et de prendre conscience de la nécessité de la formation initiale diplômante. J'insiste sur les phases de préparation et d'exploitation de toutes ces actions.
En 3è : découverte de grands secteurs professionnels; liens avec les entreprises, ...




Véronique Lutz

Nini : Quelle est la place des parents dans l'organisation du parcours ? Intervention, stage, accompagnement ?

Véronique Lutz : Les parents sont des intervenants potentiels et cela leur permet une réelle implication. Cela se pratique déjà dans mon établissement. Les parents accompagnent les actions en lien avec les entreprises, ce qui permet à certains d'être rassurés quant aux procédures d'orientation. Les rendre accompagnateurs de ces actions leur permet de trouver plus facilement une posture quant aux procédures d'orientation en 3è.

Lili-1 : Comment le parcours peut-il s'appuyer sur les actions réalisées en éducation à l'orientation ? Quelles différences voyez-vous entre les deux ?

Véronique Lutz :  Merci de poser la question ! Il faut savoir qu'à Strasbourg, la politique d'éducation à l'orientation en collège a été très active. Pour moi, le parcours des métiers est une loupe sur le programme d'éducation à l'orientation. C'est bien pour cela que vous voyez des actions relevant de l'éducation à l'orientation dans le parcours métiers. Néanmoins, je peux constater que le mot "métier" fédère l'intérêt des élèves et des parents.

Copine : Quelle est l'implication des Conseillers d'orientation dans les parcours de découverte des métiers ?

Véronique Lutz : L'implication du conseiller d'orientation-psychlogue est essentielle. C'est un acteur incontournable qui accompagnera les équipes en leur apportant son expertise.

 

Eric : Certaines disciplines se prêtent-elles mieux que d'autres au Parcours ? Le français ? L'histoire-géographie ?

Véronique Lutz : A priori, on pourrait dire oui. Mais, dans la réalité, toutes les disciplines peuvent passer par la "case métiers". La technologie est naturellement porteuse de l'approche métiers. Dans mon établissement, les professeurs d' EPS sont tous professeurs principaux de 5è et organisent un voyage au ski pour le niveau entier. Afin de préparer ce séjour, ils ont choisi d'aborder les métiers du sport et de la montagne. Quant aux professeurs de langues vivantes, ils étudient la place des langues dans les métiers dès que l'occasion se présente.

Sandrine : Pourquoi avez-vous décidé de participer à l'expérimentation du parcours de découverte des métiers et des formations ? J'aurais également voulu savoir comment s'est passée la mise en place du parcours de découverte dans votre collège ?

Véronique Lutz :  Ancienne formatrice à l'éducation à l'orientation, je suis persuadée que les actions menées contribuent à donner du sens à l'école pour les élèves (je vais vite sur le sujet mais je pourrais étayer...). Naturellement, expérimenter le parcours métiers en utilisant le webclasseur  comme support m'a paru évident, d’autant plus que, dans mon établissement, il existe déjà une ouverture sur l'environnement extérieur.
La mise en place du parcours s'est faite à la suite d'une réunion que j'ai proposée aux professeurs volontaires, en présence de la COP. Les structures présentes dans l'établissement ont généré suffisamment d'enthousiasme auprès d'un assez grand nombre d'enseignants, pour qu'on se lance dans l'expérimentation.
Il est essentiel que la notion de parcours existe réellement. J'entends par là, que des professeurs des trois niveaux s'engagent.
C'est préférable. Et plus simple pour la lecture du parcours. Deux professeurs sont formés au webclasseur et formeront eux-mêmes leurs collègues dans l'établissement.
Un autre élément facilitateur est que nous travaillons déjà en environnement numérique de travail. Donc l'idée de la trace informatique a déjà fait son chemin auprès d'une majorité d'enseignants.




Véronique Lutz

Sylviane : Comment se passe l'expérimentation, notamment au niveau des professeurs principaux ? Sont-ils à l'aise avec cette nouvelle mission ?

Véronique Lutz : Oui, ils sont à l'aise avec cette mission. Ils sont même demandeurs. Cela leur permet de donner du contenu à un certain nombre d'heures de vie de classe. Il faut dire, pour préciser les choses, qu'un itinéraire de découverte des métiers a été proposé aux élèves de 5è et que plus de la moitié du niveau s'y était inscrit.

Eric : Comment réagissent les élèves ? Sont-ils facilement "preneurs" ? N'ont-ils pas peur d'une "pré-orientation" ?

Véronique Lutz : La très forte demande des élèves a surpris tout le monde et a motivé les enseignants. Du coup, les quatre autres itinéraires de découverte abordant d'autres sujets évoqueront aussi les métiers.

coraludo1 : Quelles peuvent être concrètement les retombées directes pour le lycée ?

Véronique Lutz : Sans se leurrer, ces actions devraient permettre aux élèves de se motiver dans le cadre scolaire, de favoriser la construction de leur projet personnel et donc de celui d'orientation. Il apparaîtrait souhaitable que la découverte se poursuive au lycée.

Sylviane : Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez dans la mise en place des parcours ?

Véronique Lutz : Pour certains enseignants, ces notions n'ont aucun intérêt. Convaincre tout le monde est une utopie.
Un autre obstacle est aussi le peu de présence du, ou de la, COP dont il, ou elle, n'est évidemment pas responsable.

Maryse : Les parcours de découverte des métiers et des formations sont-ils adaptés à des élèves de ZEP qui, notamment, n'auront pas forcément un choix large de possibilités à l'issue du collège ? Faut-il des moyens financiers importants pour les mettre en place ?

Véronique Lutz : Pour le questionnement et l'ouverture d'esprit que le parcours métiers apporte aux élèves, je pense que tous les contextes sont favorables. Je pense que ce n'est pas un problème que les élèves n'aient pas un choix large de possibilités dans le sens où le PM n'est pas un parcours d'orientation. Il relève de l'information, de la connaissance, etc.
Pour les moyens financiers, ils ne sont pas indispensables. Je n'ai pas de ligne au budget de mon établissement pour ces actions.

Christine LAFOND : Je serai malheureusement absente cet après-midi. Je suis principale en ZEP et, outre des actions en 3ème, je suis intéressée par des expériences innovantes dans les autres niveaux pour faire découvrir des formations et des métiers.

Véronique Lutz :  En termes d'actions innovantes, il est difficile de répondre en quelques lignes. Ce que je peux dire, c'est que le parcours des métiers permet de sortir, si on le souhaite, de la structure du cours, tel qu'on l'entend ; et aussi de sortir de la classe, voire de l'établissement.

FOUCAULT :  Questions de l'Equipe Pédagogique. Existe-t-il un site web dédié à la mutualisation des expériences de divers collèges sur le parcours de découverte en collège ? Existe-t-il d'autres organismes et ressources relatifs au parcours de découverte en collège ?

Véronique Lutz : C'est en cours à l'ONISEP (documents sur support papier et site web).




Véronique Lutz

Marlène :  Pouvez-vous me dire quelles sont les personnes impliquées dans le parcours dans votre établissement ?

Véronique Lutz : Tout d'abord, la direction, des professeurs principaux, des enseignants et la COP ; nous travaillons également avec des entreprises, des partenaires, des parents...

Iris : Comment avez-vous organisé la répartition du travail entre les membres de l'équipe : heures de vie de classe, disciplines, autres temps ?

Véronique Lutz : Pour l'instant ce n'est pas organisé ; je me suis appuyée sur les bonnes volontés. Je sais bien que c'est disparate mais l'essentiel a été de commencer. On fera une évaluation en janvier afin d'organiser l'implication de chacun des acteurs.

coraludo1 : Pour conclure, les bénéfices vous semblent-ils plus importants que les contraintes ?

Véronique Lutz : Sans aucun doute. Je peux constater l'intérêt des élèves sur le sujet et je suis surprise par l'enthousiasme de certains enseignants qui sont ravis de pouvoir aborder leur discipline à travers un autre prisme. Pour conclure, je donnerai l’exemple d'une professeure d'histoire-géo qui s'est penchée sur l'évolution du métier de dentiste pour expliquer aux élèves l'évolution des métiers et leur montrer que rien n'est figé. Elle-même a découvert quantité de choses surprenantes. Je vous laisse vous renseigner ! Les élèves ont adoré cette séance et ont posé beaucoup de questions pertinentes aux dentiste du village intervenant.


Le mot de la fin ?

Merci à tous pour vos questions ! Elles m'ont permis aussi de clarifier les choses et voir le chemin qui reste à parcourir cette année. Les bénéfices sont vraiment la demande des élèves et l'attitude d'ouverture dans laquelle le parcours les met.

 





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