Fac de sciences : halte aux idées reçues !

Publication : 9 septembre 2021

Les études scientifiques à l'université ne sont pas toujours bien identifiées. Pour donner aux futurs étudiants de licences scientifiques et techniques une vision juste de ce qui les attend, éclairages avec Laurence Mouret, présidente de la CDUS (Conférence des doyens et des directeurs des UFR scientifiques).

En licence scientifique, le rythme de travail est tranquille.

"Certains lycéens pensent qu'une fois le bac obtenu et l'inscription en licence validée, le plus dur est derrière eux. En réalité, c'est là que tout commence. Quels que soient ses résultats au bac, pour réussir à l'université, il faut travailler régulièrement et dès le début du 1er semestre. Il faut reprendre les cours, préparer en amont les TD (travaux dirigés) et les TP (travaux pratiques) pour arriver en séance avec des questions et participer en cours, même en CM (cours magistraux). Il s’agit d'être actif dans ses apprentissages. D’autant que les sciences qu'on découvre à l’université sont assez différentes de celles vues au lycée, le niveau de savoir, de rigueur et d’abstraction étant bien plus élevés. Car c’est d’abord le concept formel qui est étudié avant d’aborder plus tard ses différents champs d’application. Tester ses connaissances sur Faq2sciences permet de situer son niveau par rapport à celui attendu dans chaque discipline."

Autonomie veut dire "se débrouiller seul".

"Au sortir des années lycée, l'université demande aux bacheliers de devenir autonomes. Mais les étudiants et leurs familles confondent souvent autonomie et isolement. L'autonomie est une qualité que les études en fac apportent aux étudiants, et qui représentera un atout dans leur vie professionnelle. En revanche, l'isolement est un facteur d'échec. L'autonomie s'acquiert en s'insérant dans les dispositifs existants, les réseaux et les associations de l'université : tutorat, parrainage, vie de campus, enseignant référent ou directeur d’études... Il faut pour cela que l'étudiant surmonte sa timidité, pour interagir avec les enseignants et avec son entourage. Échanger avec les autres étudiants permet de vérifier ce qu’on a compris des notions."

Les chances de réussir en L1 de sciences sont faibles.

"Les taux de réussite, de l’ordre de 60 à 75 %, sont en augmentation, y compris pour les parcours en "oui si". Cela concerne un étudiant qui assiste régulièrement aux cours et qui se présente aux examens. Par contre, pour celui qui révise son examen juste une semaine à l’avance ou qui n'assiste pas régulièrement aux enseignements, c’est l’échec assuré ! Parce qu'il ne réussira pas à réutiliser les connaissances requises les années suivantes. Suite à la mise en place des nouveaux enseignements de spécialités au bac, des dispositifs d’accompagnement vont se développer dans les universités, pour apporter les compléments d’enseignements nécessaires aux élèves en fonction des parcours suivis au lycée."

La fac ? Des formations théoriques pour devenir chercheur !

"L'image de l'université proposant un enseignement purement théorique débouchant essentiellement sur la recherche est largement répandue. Or, elle est fausse. On s'inscrit à l'université pour décrocher un diplôme de master (en 5 ans) ou un diplôme de licence professionnelle (en 1, 2 ou 3 ans), qui permettra à la quasi-totalité des diplômés de travailler en entreprise. Il est donc possible et même souhaitable de se lancer dans ces cursus avec un projet professionnel en entreprise. Les masters donnent accès à des métiers et des secteurs très variés et de plus en plus de master se font en alternance (par apprentissage). La poursuite en doctorat pour rejoindre la recherche ne concerne en moyenne que 10 % des étudiants passés par la L1, selon les disciplines."