Quel bac pour faire du droit ?

Publication : 26 juillet 2021

Quel bac convient le mieux aux études juridiques ? En 1re année de licence droit, les bacheliers généraux représentent presque 80 % des inscrits. Moins nombreux, les bacheliers technologiques et professionnels rencontrent davantage de difficultés. Au-delà du profil lié au choix d'un enseignement de spécialité au bac, l'essentiel pour réussir est de fournir un travail régulier et soutenu.

Un droit tout nouveau

Première "surprise" pour les étudiants de 1re année : les connaissances à acquérir ne se raccrochent à aucun des enseignements reçus au lycée.

Proposé aux élèves de terminale générale, l'enseignement DHEMC (Droit et grands enjeux du monde contemporain) constitue une première initiation au droit. Mais cette découverte de la discipline juridique ne doit pas être considérée comme une préparation au programme de la 1re année de licence.

Le droit nécessite l'acquisition d'une technique, d'un nouveau langage (vocabulaire, notions de droit...). Et dans ce domaine, les bacheliers généraux sont les mieux armés.

Les bacheliers technologiques admis en licence de droit (ils constituent entre 5 et 20 % des effectifs selon les facs) passent difficilement le cap de la 1re année. Les notions de droit abordées au lycée (en STMG notamment) ont peu de rapport avec les enseignements de licence. Les bacheliers professionnels sont rares dans ce cursus.

Certaines universités leur proposent de faire une année de mise à niveau en français, culture générale et méthodologie pour augmenter leurs chances de réussite. D'autres ont mis en place des dispositifs d'adaptation en L1.

À chacun ses atouts

Quant aux bacheliers généraux, on ne peut pas dire qu'un enseignement de spécialité soit plus indiqué qu'un autre pour réussir. Il vaut mieux parler de compétences et d'aptitudes personnelles que d'un profil particulier.

En licence, la discipline est entièrement nouvelle, et chacun doit l'appréhender comme telle. Le droit repose sur l'analyse, le raisonnement et la capacité à argumenter. Si certains sont plus à l'aise en dissertation, en expression écrite et orale, d'autres compensent rapidement en étant plus méthodiques et rigoureux dans leur approche de la discipline.

Réussir en droit, c’est d’abord, et surtout, adopter la bonne méthode de travail, comprendre certains mécanismes, une façon de penser, tout en faisant preuve d’une bonne capacité de travail.

Apprendre à travailler seul

Pour Flore Poughon, jeune juriste, le profil de bac n'est pas le facteur essentiel dans la réussite. Gérer le fossé entre le lycée et l'université reste la première difficulté. "Il faut rapidement devenir autonome, apprendre à travailler seul, à prendre des notes, à comprendre, à synthétiser et à retranscrire", constate Flore, qui insiste sur l'importance "d'apprendre à travailler très régulièrement, en tenant ses cours à jour et en effectuant un travail de préparation pour les travaux dirigés". Une méthode payante.

Marc, étudiant en 1re année de droit à l'université : du lycée à la fac, gérer son temps

 

Très bon niveau général exigé

"La licence de droit nécessite d'avoir un profil équilibré, et un niveau très satisfaisant dans les disciplines générales comme le français, les mathématiques, la philosophie, l'histoire. Le niveau en langues vivantes est par ailleurs un prérequis dans la plupart des licences de droit. Un lycéen doit privilégier les spécialités qui l'intéressent, celles dans lesquelles il sera susceptible d'obtenir les meilleurs résultats. Parce qu'elles nourrissent les aptitudes à l'analyse, trois spécialités peuvent être privilégiées : "Histoire géographie, géopolitiques et sciences politiques" ; "Humanités, littérature et philosophie" ; "Mathématiques". D’autres combinaisons ont aussi du sens, aucune n’est interdite."

 Isabelle Dauriac, directrice de la licence droit, à l'Université de Paris.