Agriculture : bousculer les idées reçues sur les métiers

Publication : 23 novembre 2020
L’agriculture rime encore dans nos esprits avec fourche, tracteur, alors qu’elle se conjugue davantage aujourd’hui avec nouvelles technologies, environnement, diversification, bio… Balayons ici les stéréotypes les plus répandus.
un champs de blé mûr et de coquelicots

→ Idée reçue 1

"Agriculture égale agriculteur."

Pas seulement. Il existe bien d’autres métiers que celui d’agriculteur exploitant. D'une part, les opportunités d’emplois comme salariés sont de plus en plus nombreuses. Par ailleurs, outre la culture et l’élevage, l’agriculture comprend d’autres branches telles que l'horticulture (production et vente de végétaux et d’arbres fruitiers) ou la forêt (sa gestion et l’exploitation du bois). Enfin, autour de ces activités de production, on trouve les métiers de l'agroéquipement, du commerce, du conseil et de la recherche.

→ Idée reçue 2

"Pour rejoindre l'agriculture, pas besoin d'une formation."

S’il est encore possible d’apprendre quelques métiers sur le terrain, la plupart des activités de la production ou des services à l’agriculture nécessitent une formation. Celles-ci vont du CAP (pour être agent agricole notamment) à bac + 5 (pour devenir ingénieur en agronomie), voire plus pour travailler dans le domaine de la recherche. Pour créer ou reprendre une exploitation agricole, il faut obtenir la capacité professionnelle agricole et justifier pour cela d’un diplôme de niveau bac au minimum (bac professionnel agricole, brevet professionnel, BTSA).

→ Idée reçue 3

"Agriculteur, c'est un métier répétitif."

Les choses évoluent. Des machines à la pointe de la technologie (robots de traite, capteurs de santé, etc.) secondent les exploitants dans bon nombre de leurs tâches quotidiennes. Ceux-ci sont aussi des gestionnaires, qui ont une double mission environnementale et sociétale : faire des produits de bonne qualité, dans le respect de la nature, en recyclant ses déchets, etc. Enfin, de plus en plus d’exploitants diversifient leurs productions et les transforment eux-mêmes, par exemple en fromage ou en bière qu’ils vendent sur place ou sur les marchés.

→ Idée reçue 4

"On doit être fils ou fille d'agriculteur pour le devenir."

S'il est plus facile de posséder des terres familiales pour débuter (l'achat de terres revient cher), ce n'est pas une obligation. Pour faciliter leur installation, les personnes non issues du milieu agricole peuvent s’associer ou travailler en regroupement via des coopératives. Il existe aussi des aides financières à l’installation (les dotations aux jeunes agriculteurs). Grâce à ces dispositifs, une installation aidée sur trois se fait hors cadre familial.

→ Idée reçue 5

"Agriculteur, c'est plutôt un métier d'homme."

Faux. Même si elles sont moins nombreuses que les hommes, les femmes occupent tous types de métiers salariés dans l’agriculture. À la tête des exploitations, certaines partagent la responsabilité avec leur conjoint, d’autres les dirigent seules. Les femmes représentent ainsi un tiers des nouveaux exploitants agricoles qui s’installent.

→ Idée reçue 6

"Agriculteur, une activité solitaire."

C'est variable. Le responsable d'exploitation travaille de manière régulière ou occasionnelle avec différentes personnes, comme un vétérinaire, un comptable, un chef de cultures, un conseiller agricole, éventuellement un contrôleur de performances, etc. Il peut également faire partie d'une coopérative ou d'une chambre d'agriculteurs, des lieux de partage des matériels et services. Par ailleurs, une partie des exploitations s’agrandit employant au moins un salarié. La communication est alors indispensable pour bien travailler en équipe.

→ Idée reçue 7

"L'agriculture est un secteur sinistré."

Pas vraiment. 2e employeur de France, le secteur de l’agriculture manque de main-d’œuvre salariée et recrute, notamment dans l'agriculture biologique et la conduite des machines agricoles. Les métiers de la forêt sont également à la recherche de bûcherons et techniciens forestiers. Par ailleurs, les départs à la retraite constituent des opportunités de reprise d'exploitation. Malgré des revenus variables et incertains, la majorité de ceux qui s’installent à la tête d’une exploitation réussissent à poursuivre et maintenir leur activité.