Ma 1re année en prépa TSI au lycée Colbert à Tourcoing

Nord-Pas-de-Calais - Lille / Publication : 13 juin 2018
Titulaires du bac STI 2D, Aurore et Lola ont choisi d’intégrer une CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) TSI (technologie et sciences industrielles) au lycée Colbert de Tourcoing. C’est une classe prépa spécialement faite pour les bacheliers STI2D ou STL qui veulent préparer les concours d’entrée en écoles d’ingénieurs. Pendant 2 ans, Aurore et Lola vont découvrir une ambiance de travail, à la fois studieuse et sympathique. Elles nous racontent leurs expériences.
 Lola et Aurore, élèves en prépa TSI au lycée Colbert

Aurore, élève en 1re année de prépa TSI

Aurore, élève en 1re année

Pourquoi avoir choisi la prépa TSI ?

En terminale STI2D, Sciences et techniques industrielles option ITEC (innovation technologique et éco - conception), Aurore envisage, comme la plupart de ses camarades, de poursuivre en BTS ou DUT. "Devenir ingénieur me paraissait inaccessible" explique Aurore. Très bonne élève, ses professeurs du lycée Blaise Pascal à Longuenesse lui conseillent de candidater en prépa TSI. Aurore participe à une journée d’immersion au lycée Colbert de Tourcoing. L’image qu’Aurore se faisait de la prépa - énorme quantité de travail, rythme extrêmement intensif, compétition entre les élèves, absence de solidarité - a complètement changé au fil de la journée. "L’ambiance, le contact avec les professeurs de prépa, ce qu’on y apprend, les perspectives que cela apporte, tout cela m’a donné envie d’essayer", précise Aurore.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?         

"Le passage de la terminale à la prépa oblige à une période d’adaptation car la quantité de travail est nettement plus importante. Le programme est très chargé, on doit assimiler beaucoup de connaissances en peu de temps. ! On ne peut pas faire d’impasses, toutes les matières sont importantes, y compris le français et les langues, dont la maitrise est déterminante pour les concours. J’ai mis un peu de côté le piano et la danse, le temps de la prépa" explique Aurore.

Et le fait qu’il y ait une majorité de garçons dans votre classe ?

"Ce n’est pas un problème pour moi, nous sommes plusieurs filles et c’est important qu’il y ait aussi des femmes dans les industries" souligne Aurore

À quel rythme de travail a-t-il fallu s’adapter ? 

Jusqu’au bac, je faisais mes devoirs au fur et à mesure et au début de la prépa aussi, en m’accrochant pour suivre le rythme. Sur les conseils de mes professeurs, j’ai appris à m’organiser et à définir des priorités. Je travaille de façon régulière pour ne pas être débordée, environ 3 à 4 H chaque soir en semaine. Je reprends les cours de la journée, je fais des fiches et je revois les cours correspondant à ceux du lendemain. Je prépare aussi les devoirs surveillés (DS) qui ont lieu le mercredi après-midi, les DM et les colles qui représentent 2 à 3H par semaine en maths, physique, sciences de l’ingénieur, français et anglais", explique Aurore. Une partie de mon weekend est consacrée à la détente et au repos, indispensable pour tenir bon.

Qu’est-ce qui change par rapport à la terminale ?

Par rapport à la terminale STI2D, Aurore observe une continuité et un approfondissement dans l’apprentissage des matières, avec toutefois des enseignements beaucoup plus denses. "On apprend à travailler vite et efficacement. J’ai découvert la "semaine banalisée" où on a dans une même journée des DS et des cours et ceci dans toutes les matières.
Nous faisons des sorties culturelles : palais de la découverte et musée J. Chirac à Paris, pièce de théâtre et musée Magritte à Bruxelles, etc. "Contrairement à l’idée que je me faisais de la prépa, étant en internat, nous travaillons ensemble le soir, il y a de la solidarité entre nous. J’ai appris à parler en public. Nos professeurs nous considèrent comme des adultes, on gagne en confiance en soi et en autonomie" explique Aurore.

Et après la prépa ?             

Aurore ne sait pas encore précisément quelle école d’ingénieurs elle voudrait intégrer, mais elle envisage de devenir ingénieur dans le bâtiment et les travaux publics... . « Je veux surtout faire quelque chose qui me plaît. J’aimerais diriger une équipe, monter des projets. Je souhaite faire ma formation par apprentissage, c’est à dire en alternance école/entreprise pour connaître le monde du travail avant même d’avoir mon diplôme. Comme cela, j’ai déjà un pied à l’étrier.» précise-t-elle  Aurore aura alors le statut d’apprenti. Elle touchera une rémunération calculée en fonction de son âge.

Lola, élève en 1re année de prépa TSI

En 1re année de prépa TSI

Pourquoi avoir choisi la prépa TSI ?

Après la seconde GT, Lola, intéressée par l’architecture, intègre une 1re STI2D option architecture et construction au lycée Jean Prouvé à Lomme. Elle est en tête de classe. En terminale, Lola discute avec ses enseignants et recherche tout ce qui est accessible après un bac STI2D, sur le site de l’ONISEP. Elle découvre la prépa TSI qui pourrait lui ouvrir les portes des écoles d’ingénieur. Cette voie correspond bien à son ambition et son choix de faire des études longues. Elle se rend aux portes ouvertes du lycée Colbert à Tourcoing qui a une prépa TSI et un internat. « J’y ai rencontré et questionné les professeurs, et Mme Wlodarczak m’a particulièrement convaincue. J’y ai retrouvé l’ambiance familiale de mon lycée. Ça m’a plu. Je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je ne réussisse pas en prépa, que je devais tenter » explique-t-elle.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Il a fallu s’habituer aux journées de cours plus longues, jusqu’à 18 h 30 et à avoir beaucoup plus de travail à faire tous les soirs de la semaine. Les cours sont plus denses et plus approfondis qu’en terminale.

Comment vivez-vous le fait d’être dans une classe composée essentiellement de garçons ?

Cela ne me change pas du lycée. Et puis, il y a d’autres filles dans ma classe. Selon moi, les filles ont autant de chances d’y arriver que les garçons si elles aiment travailler dans un univers plutôt masculin.

À quel rythme de travail a-t-il fallu s’adapter ? 

"En terminale, j’avais peu de devoirs à la maison. Je travaillais quelques heures par semaine chez moi. Maintenant, c’est le temps que je consacre tous les soirs à mes devoirs et révisions. Je relis le cours la veille pour le cours suivant. Si j’ai une colle ou un DS le lendemain, il m’arrive de travailler jusqu’à 2 heures du matin. J’ai mis un peu de côté le tennis et le hand-ball que je pratiquais en club. Je suis les séances de sport incluses dans le programme de prépa » ajoute Lola.

Qu’est-ce qui change par rapport à la terminale ?

"Il faut être plus organisé, attentif en cours et surtout actif en TD et en TP. On apprend à travailler vite, efficacement et à acquérir une grande capacité de travail. Par exemple, en début d’année, en maths, nous révisons le programme de terminale, les exercices sont assez simples, puis, les cours deviennent de plus en plus denses et approfondis" explique Lola.
"Le fait d’être en internat soude et crée de la solidarité entre les élèves. On se réunit dans une salle le soir et on révise ensemble. C’est stimulant. Ce n’est pas la compétition comme je me l’imaginais avant d’y être. Et nos professeurs nous conseillent et nous soutiennent pour que l’on s’adapte bien. Enfin, nous sommes entre nous, pas mélangés aux autres lycéens" précise-t-elle.

Et après la prépa ?

Lola vise une école d’ingénieurs dans le génie civil ou la construction navale, INSA Brest peut-être Elle a encore le temps d’affiner son projet. Lola souhaite faire sa formation d’ingénieurs par apprentissage, c’est à dire en alternance école/entreprise pour acquérir de l’expérience, connaître le monde du travail avant même d’avoir son diplôme. Lola aura alors le statut d’apprenti et elle touchera une rémunération calculée en fonction de son âge.

Que sont les TIPE ?             

Nous avons un travail personnel sur un thème "Milieux : interactions, interfaces, homogénéité, ruptures" en 2017-2018. Nous sommes mis en situation de responsabilité et de recherche scientifique et technique, comme un avant-goût du métier d'ingénieur. Les TIPE débouchent sur la rédaction d'un dossier où l’on est évalué et un exposé oral.

Zoom sur les colles/khôlles           

Ce sont des interrogations orales individuelles avec évaluation, mais elles sont aussi un moment pendant lequel nos professeurs prennent le temps de nous expliquer ce que l’on n’a pas compris.

Étudiants en TP

Autonomes en TP (travaux pratiques),
les étudiants peuvent faire appel à un
professeur dès qu’ils le souhaitent.

Elèves en TD

Élèves du lycée Colbert en TD (travaux dirigés)

Prépa TSI, fiche d’identité

Durée : 2 ans après le bac. Possibilité de cuber sa 2e année (la refaire pour améliorer ses résultats aux concours).

Sélection : sur dossier, via Parcoursup.

Profil des admis : bacheliers STI2D des quatre spécialités, et bacheliers STL de la spécialité SPCL (sciences physiques et chimiques en laboratoire).

Cadre : lycée public ou privé.

Emploi du temps : 37 heures hebdomadaires, auxquelles s’ajoutent 4H consacrées aux devoirs surveillés (DS), le mercredi après-midi + les colles (interrogations orales) : 2 à 3 H par semaine, en maths, physique, sciences de l’ingénieur (mécanique, électricité), français et anglais.

Matières : enseignements principaux en mathématiques, physique – chimie, génie électrique et mécanique. Français-philosophie, anglais, informatique, sport et TIPE (travaux d’initiative personnelle encadrés).

Charge de travail : importante. Beaucoup de travail personnel pour réviser les cours, faire les DM, préparer les colles et les DS organisés chaque semaine. Travail en commun possible en internat.

Vie de classe : nombre d’élèves par classe variable ; la moitié des enseignements sont assurés en TP ou TD à effectif réduit.

Encadrement : élevé. Grande proximité avec les enseignants.

Validation : contrôle continu et concours blancs.

Diplôme : pas de diplôme. La prépa TSI mène principalement aux concours d’entrée en écoles d’ingénieurs. Les 2 années de prépa confèrent des crédits ECTS permettant des équivalences avec d’autres cursus, en licence à l’université notamment.Des passerelles de réorientation existent également au cours du cursus prépa vers les BTS, les IUT ou l’Université.

Coût de la scolarité : dans les lycées publics, uniquement les frais d’inscription dans l’université partenaire (184€, exonération pour les boursiers) ; dans les lycées privés, de 2000€ à 8000€ par an.

Emploi du temps de la prépa TSI au lycée Colbert

Disciplines

Cours

TD

TP

Aide personnalisée

Mathématiques

7 H

3 H

1 H

Physique-Chimie

4 H

2 H

2 H

1 H

Informatique

1 H

1 H

Génie électrique et mécanique

2 H

2 H

3 H

1 H

TIPE

1 H

1H

Français Philosophie

1 H

1 H

Langue

2 H

Sport

2 H

Devenir des élèves en prépa TSI au lycée Colbert en 2016 -2017 

Sur 17 élèves en 1re année

  • 15 entrent en deuxième année
  • 1 entre en STS 1re année
  • 1 entre en licence 1 de russe à l'Université de Lille

Sur 16 élèves en 2e année

  • 14 entrent en école d'ingénieurs
  • 2 cubent (recommencent une 2e année, dont 1 élève qui était admis en école d'ingénieur)

87,5 % des élèves de seconde année sont admissibles à un concours d'entrée en école d'ingénieur.TOUTES les écoles d’ingénieurs sont accessibles aux étudiants de classe préparatoire TSI, issus du bac STI2D et du bac STL y compris les plus grandes écoles. D’anciens élèves ont intégré par exemple :

  • l’école polytechnique ( l’ « X »)
  • Les Mines de Paris
  • L'école Centrale de Paris, mais aussi celles de Nantes, Lille
  • Sup-Elec
  • L'École Nationale des Arts et métiers...