Parole d'expert
Études de médecine : stop aux idées reçues
Niki Christou, professeure et chercheuse en chirurgie digestive et viscérale à la faculté de Limoges
Remédier aux préjugés qui pèsent sur les études de médecine réputées longues et difficiles, c’est l’un des engagements de Niki Christou, chirurgienne au CHU de Limoges. Les études sont aujourd'hui diversifiées et axées vers la pratique dès la 3e année.
Avec la réforme des études de santé, est-ce plus simple de réussir en médecine ?
La mise en place des deux voies d’admission, le PASS (parcours spécifique accès santé) et la L.AS (licence avec option "accès santé"), a modifié l’apprentissage de la médecine. Le passage en seconde année n’est plus conditionné par le système du concours et son numérus clausus. L’enseignement est plus diversifié : les matières scientifiques sont variées, plus transversales et il y a des modules de découverte. Les étudiants ont aussi la possibilité de se réorienter dans d’autres domaines connexes, comme celui de la kinésithérapie ou du paramédical. Ainsi, il n’y a jamais d’échecs.
Quelles sont les grandes étapes qui jalonnent le parcours d’études ?
Les deux premières années sont les plus fastidieuses car les étudiants doivent acquérir le socle de connaissances théoriques nécessaire. Il ne faut pas se décourager, d’autant qu’en 3e année, on met le cap sur la pratique, on voit des patients durant les stages (50 % du temps), ce qui donne de l’énergie pour poursuivre en internat jusqu’à la 6e année. Cette période est longue mais indispensable pour allier théorie et pratique : l’interne choisit sa spécialité, en fonction de son classement aux épreuves dématérialisées (EDN), puis il devient docteur junior, avec plus de responsabilités. Et contrairement aux idées reçues, il n’apprend pas seul, mais toujours en lien avec des praticiens séniors.
Un dernier conseil pour tenir le cap en médecine ?
Avoir la fibre et la vocation à soigner des êtres humains. La notion d’humanité est très importante si l’on vise une carrière de médecin. Il faut aimer le contact avec les gens et vouloir les guérir quel que soit sa spécialité. Que l'on exerce en radiologie, au bloc opératoire ou même derrière un ordinateur, il faut se rappeler qu’in fine, seule la prise en charge des patients compte.