Paroles d'experte

L’accessibilité physique au service du handicap et de l’autonomie

Isabelle Saurat, déléguée intermistérielle à la DIA

Rendre les bâtiments, les transports, les communications téléphoniques et les outils numériques accessibles est important pour le vivre ensemble et la participation à la société des personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie.  Isabelle Saurat nous décrit les missions de la DIA (délégation interministérielle à l’accessibilité).

Image d'illustration, crédit photo ci-après

Dans quels domaines intervient la DIA ?

Créée il y a plus de trois ans, la DIA (Délégation interministérielle à l’accessibilité) incarne l’engagement de l’État en faveur d’une société plus inclusive. Placée auprès de plusieurs ministères, elle structure et coordonne la politique publique d’accessibilité à l’échelle nationale.

L’action de la DIA s’organise autour de trois grands champs complémentaires : 

  • l’accessibilité physique, qui concerne la voirie, les bâtiments, les espaces publics et les établissements recevant du public dits ERP ;
  • l’accessibilité numérique afin de garantir que les sites, démarches et outils en ligne soient utilisables par toutes et tous ;
  • et enfin l’accessibilité téléphonique pour assurer un accès effectif aux services publics et à l’information. 

À travers ces champs d’intervention couverts par le "Dico des métiers pour une société accessible", la DIA poursuit un objectif clair : garantir une accessibilité réelle, continue et universelle.

© Benoît Granier

Sur qui s’appuie-elle pour que l’accessibilité devienne réalité ?

Pour que l’accessibilité devienne réalité, la DIA s’appuie sur un large réseau d’acteurs nationaux et locaux. Elle travaille en étroite coordination avec les ministères, les opérateurs de l’État et les administrations centrales afin d’assurer la cohérence des politiques publiques.

Mais l’accessibilité se construit avant tout sur le terrain. La DIA table donc fortement sur l'implication des préfets et des sous‑préfets référents handicap‑inclusion, qui mobilisent les élus, les collectivités, les services déconcentrés, les associations représentatives des personnes en situation de handicap, ainsi que les acteurs économiques et sociaux. Cette méthode repose sur une conviction forte : l’accessibilité doit être conçue avec et pour les usagers.

C’est ce qui permet aux professionnels de l’accessibilité de proposer des solutions concrètes et ancrées dans les usages réels, afin de garantir un accès effectif aux gestes de la vie quotidienne pour les personnes concernées.

Quelles sont les actions en cours et à venir de la DIA ?

L’accessibilité est l’un des grands chantiers structurants des années à venir. Elle suppose à la fois de transformer des environnements conçus sans être accessibles, comme le bâti ancien ou patrimonial, et de penser dès aujourd’hui des territoires inclusifs, utilisables par tous et toutes. C’est la même chose pour les systèmes d’information ou les applications, les interfaces utilisateurs doivent être accessibles soit nativement, soit après mise à niveau.

Cette transformation repose sur une mobilisation large des métiers :

  • architectes, ingénieurs, artisans et professionnels du bâtiment jouent un rôle central pour rendre le cadre bâti accessible ;
  • les développeurs sont indispensables pour garantir une accessibilité numérique effective des services et démarches en ligne ;
  • l’accessibilité téléphonique progresse également, notamment à travers la future SATU (Solution d’accessibilité téléphonique universelle), qui mobilise des interprètes et des opérateurs spécialisés pour rendre la communication possible en toutes circonstances. 

À cela s’ajoute un enjeu clé : la formation des personnels d’accueil, afin que l’accessibilité des services publics ne soit pas seulement technique mais aussi humaine.

Une attention particulière est portée aux établissements recevant du public dits essentiels (écoles, hôpitaux, tribunaux, commissariats et gendarmeries), car ils conditionnent l’accès aux droits fondamentaux. L’objectif est clair : faire de l’accessibilité une réalité concrète dans tous les gestes du quotidien.