Portrait
Clémence, distributrice de films
Garantir le succès d’un long métrage en salle, c’est le défi de Clémence, distributrice. "Ce que j’aime, c’est l’adrénaline autour de la sortie d’un film." Programmatrice au sein d'un grand distributeur français, son rôle est de convaincre les exploitants de cinéma de mettre les films à l’affiche et de les maintenir dans la durée.
En équipe
"Le succès en salle d'un film est avant tout le fruit d’un travail d’équipe", note Clémence. Le service acquisitions de la société de distribution pour laquelle la jeune femme travaille sélectionne le film et achète les droits de diffusion au producteur. Le service marketing organise la campagne de promotion (presse, réseaux sociaux…) et crée les supports de communication (affiche, bande-annonce). Le service programmation dont fait partie Clémence fait, lui, le lien avec les programmateurs de cinéma et organise la sortie en salle. La date de sortie est importante aussi : "il faut éviter de distribuer un film face à un autre qui a la même cible ou le même acteur, privilégier les vacances scolaires pour un dessin animé…"
Cibler les cinémas
Avec une dizaine de sorties de films chaque semaine, les distributeurs doivent arriver à se démarquer auprès des exploitants. "On leur montre le film le plus en amont possible, lors de festivals, via des avant-premières, ou en leur envoyant une copie." Pour chaque film distribué, Clémence analyse la cible des spectateurs selon le genre du film (comédie, drame, documentaire…) et dans quelles structures il est le plus susceptible de faire des entrées (multiplexes, cinémas de centre-ville ou de périphérie, salles art et essai). Puis elle contacte les responsables pour négocier le nombre de séances, la durée d’exploitation… "On peut aussi proposer d’autres options, par exemple une séance unique en avant-première ou bien suivie d’un débat."
Suivre les entrées
Chaque lundi matin, Clémence appelle les exploitants de salles de cinéma pour faire le point sur le nombre d’entrées, voir si le film continue d’être diffusé, sur combien de séances. Sentir les tendances est un élément clé. "Quand on constate un engouement, sur les réseaux sociaux par exemple, on doit réagir vite et proposer davantage de copies. Il faut suivre l’énergie du film !"
Diplômée de La Fémis (filière distribution-exploitation), Clémence a commencé comme stagiaire avant d’être embauchée par un distributeur indépendant. On peut débuter comme chargé de distribution ou de diffusion, ou de programmation. Les postes de distributeur ne sont accessibles qu’après une solide expérience du monde du cinéma. C’est particulièrement vrai pour les distributeurs indépendants, qui créent souvent leur propre entreprise.