Portrait
Jake, cadreur
Plan large ou serré, travelling… au cinéma ou pour une série télé, le regard du cadreur contribue à la réussite d’une séquence. Sa mission : gérer les mouvements de la caméra et trouver les meilleurs angles de prise de vues. "La place de la caméra, son mouvement, tous les choix que l’on fait servent les intentions artistiques du réalisateur."
Au cœur de l’action
Depuis qu'il est cadreur, Jake alterne les projets de cinéma et de télévision, comme une série télé française pour une nouvelle plateforme de diffusion en ligne. Sur le tournage, il travaille en collaboration directe avec le réalisateur et le chef opérateur. "En général, ce dernier filme avec une caméra A, et je suis derrière la caméra B, résume-t-il. Mon objectif, quand c’est possible, c’est d’aller chercher autre chose sur une scène, comme des plans plus serrés que le réalisateur pourra exploiter au montage." Machinistes, scripte, maquilleurs… la caméra ne doit pas gêner l’équipe. "Je tiens aussi compte des éléments devant rester hors champ, du cours de l’action, etc."
Suivre les mouvements
Une scène de danse, une course-poursuite en voiture… Jake choisit la technique adaptée : caméra à l’épaule, dolly… "Je suis plus particulièrement formé au Steadicam. Cette technique permet davantage de fluidité dans les mouvements, explique-t-il. Je vais par exemple trouver intéressant de l’utiliser pour filmer deux acteurs qui marchent et qui parlent. Chaque film a ses spécificités et ses contraintes : on fait du sur-mesure."
Prendre sa place
Pour apporter une plus-value au film ou à la série, le cadreur doit savoir prendre sa place. "Sur une scène, je peux prendre l’initiative de demander à un comédien de se déplacer, de s’appuyer plutôt sur sa jambe droite, illustre Jake. Au-delà d’une belle image, le cadrage, c’est une question de point de vue. La place de la caméra, son mouvement, tous les choix que l’on fait servent l’histoire que le réalisateur veut raconter."
"Ce métier lié à l’image, c’est un héritage familial ! Ma grand-mère prenait énormément de photos, mon père a été chef opérateur, puis réalisateur de documentaires", résume Jake.
Ses premiers pas dans le métier ont été assez classiques, avec des étapes à respecter. "Dans l’équipe image, on commence comme stagiaire, puis troisième assistant caméra, deuxième assistant caméra, premier assistant et, enfin, cadreur", explique Jake. Sa formation à la technique du Steadicam a été, selon lui, un atout pour se faire une place dans le métier. "Même s'il n'y a pas qu'une seule façon d'y accéder, le chemin pour débuter dans le métier est toujours long : il faut du temps pour construire un réseau."