Parole d'experte
Intégrer le monde du luxe, c'est possible !
Bénédicte Épinay, déléguée générale du Comité Colbert
Le luxe recrute, dans des métiers variés ! C'est le message du Comité Colbert, qui réunit près de 100 maisons de luxe françaises et qui organise chaque année l’événement "Les deux mains du luxe", où des jeunes se mettent dans la peau d'un artisan pour découvrir des métiers. Bénédicte Épinay, déléguée générale du Comité Colbert, revient sur les besoins du secteur et les profils recherchés.
Le luxe fait rêver de nombreux jeunes, mais est-ce un secteur accessible ?
Oui, les portes du luxe vous sont ouvertes ! Le luxe a cette image d'une industrie fermée, alors qu'elle accueille des profils variés. Que ce soit dans les métiers du marketing, de la chaine logistique (supply chain), de la "tech" ou dans les métiers de la main, il y a des opportunités. Et les besoins sont partout en France : en Ile-de-France , mais aussi en Auvergne-Rhône-Alpes, un autre grand bassin d'emplois du luxe, et dans le grand Ouest, troisième sur le plan national en terme de postes. Le Grand Est est, lui, réputé pour ses manufactures de verre, avec la cristallerie.
Quels types de métiers sont recherchés ?
On manque de maroquiniers. La France est un des leaders mondiaux dans ce domaine, il y a d'importants besoins. La filière cuir embauche des piqueurs, des coupeurs, des selliers... Dans la haute couture et la mode, on recherche des professionnels de la couture et du prototypage (couturier, mécanicien modèle, modéliste, brodeur...). La haute joaillerie recrute également des joailliers, des sertisseurs, des polisseurs, des concepteurs 3D... Avec l'émergence de la data et de l'IA, le secteur a aussi besoin de spécialistes pour analyser les données récoltées en boutiques. C'est la même tendance avec le développement durable, le luxe doit développer l'écoconception de ses produits, avec des designers spécialisés dans ces thématiques. Il y a enfin tout un champ dans la recherche des matériaux du futur, que ce soit des textiles, mais aussi pour les cosmétiques.
Intégrer une maison de luxe sans diplôme, c'est possible ?
Oui. Depuis la loi de 2020 sur l'apprentissage, les entreprises du luxe ont pu ouvrir leurs propres CFA. Hermès a été la première maison à ouvrir son école des savoir-faire pour former ses futurs maroquiniers (en les faisant passer le CAP maroquinerie dans des lieux implantés tout près de leurs manufactures). D'autres maisons ont suivi, comme LVMH, avec l'Institut des métiers d'excellence. Un jeune peut être recruté sans condition de diplôme, se former et intégrer une maison, puis évoluer au fil des années. Ces formations sont aussi ouvertes à des adultes en reconversion. Il y a également des techniques rares, comme l'orfèvrerie de table, pour qui il n'existait plus de diplôme. Une grande maison d'orfèvrerie de l'art de la table vient d'ouvrir un cursus dédié, car elle a besoin de professionnels formés pour donner vie à ses produits exportés dans le monde entier.