Paroles d'experts
Écoles de journalisme : pourquoi choisir une formation reconnue ?
Ludovic Finez, président de la CPNEJ, et Vincent David, secrétaire général
Alors qu’une 16e formation en journalisme vient d’être reconnue par la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes), retour sur cette procédure avec Ludovic Finez, président de la CPNEJ, et Vincent David, secrétaire général. En quoi consiste cette reconnaissance et pourquoi est-elle importante pour les futurs journalistes ? Réponses.
Pourquoi reconnaître des cursus en journalisme ?
Ludovic Finez : La reconnaissance par la profession via la CPNEJ permet d’attester de la qualité d’une formation, en préparant de futurs journalistes à la vérification, à la hiérarchisation et à la contextualisation de l’information selon les principes professionnels et les règles déontologiques. Le cursus doit remplir huit critères, qui portent notamment sur le contenu des enseignements, l’équilibre théorie/pratique, les moyens techniques de l’école et le corps professoral, les stages, l’alternance et l’insertion professionnelle, ou encore la diversité des élèves et le coût de la formation. Parmi les enseignements dispensés, on doit retrouver les techniques du journalisme tous médias confondus (recueil d’informations, sources, interviews…), la culture générale, le droit de la presse, la déontologie, la connaissance des médias et du secteur… Avec la montée de l’IA, on regarde également s’il y a des modules sur cette thématique.
Les cursus reconnus forment des journalistes qui respectent l’éthique et la déontologie.
En quoi cette reconnaissance est-elle importante ?
Vincent David : Dans un contexte global de désinformation, de fake news, et de défiance du public vis-à-vis des médias, il faut une vraie professionnalisation de la fabrication de l’information. Nos critères sont exigeants. Les cursus reconnus forment des journalistes qui respectent l’éthique et la déontologie, nécessaires pour une information utile et de qualité, et pour nouer un contrat de confiance avec le public.
Ludovic Finez : Ce label est un repère pour les jeunes et leurs familles, car il y a aujourd’hui plus d’une centaine d’écoles qui prétendent former au journalisme. C’est aussi un label de qualité pour les employeurs, qui savent qu’ils peuvent embaucher les diplômés de ces écoles tout de suite. La reconnaissance permet d’ailleurs aux diplômés d’intégrer des rédactions via des procédures et des concours qui leur sont réservés. C’est un vrai tremplin vers l’emploi. Et les sortants des écoles reconnues qui font une demande de carte de presse n’auront qu’un an (au lieu de deux pour les autres journalistes débutants) pour obtenir le statut de journaliste titulaire.
Les écoles doivent s’assurer que le candidat n’a pas d’idée fausse sur le métier, qu’il est conscient de ce qui l’attend à la sortie.
Le journalisme est un secteur que vous conseilleriez ?
Vincent David : Bien sûr ! C’est une belle mission d’informer. Mais il faut avoir la vocation, une vraie curiosité, et avoir l’envie d’aller chercher l’information. Il y a des médias qui disparaissent certes, mais d’autres se créent, les équipes se renouvellent, on a encore besoin de journalistes.
Ludovic Finez : Je le conseille à condition d’être conscient de la réalité. C’est d’ailleurs un critère dans le processus de reconnaissance : les écoles doivent s’assurer que le candidat n’a pas d’idée fausse sur le métier, qu’il est conscient de ce qui l’attend à la sortie, car le secteur reste marqué par la précarité (CDD, piges) en début de carrière.