Les écoles d'art

Suivre des études d'art avec
un handicap

Publication : 26 janvier 2024

Que ce soit pendant les auditions, les concours ou la scolarité, les établissements mettent en place des aménagements pour répondre aux besoins spécifiques des étudiants à besoins éducatifs particuliers.

Image d'illustration, crédit photo ci-après

L’inscription via Parcoursup permet aux élèves à besoins éducatifs particuliers d’apporter des éléments d’information sur leur situation.

Préparer son projet d'études

De nombreuses formations permettent de travailler dans le milieu de l'art, sans devoir devenir un artiste. Avant de se lancer, quelques précautions s’imposent. Pour commencer, il faut bien évaluer les attendus de la formation envisagée (arts plastiques, design, musique...) en fonction de ses compétences et de son parcours scolaire et personnel. Ensuite, il est important de se renseigner sur les conditions d’accueil des étudiants en situation de handicap ou à besoins éducatifs particuliers dans les établissements visés. Pour cela, les JPO (journées portes ouvertes) permettent d’échanger avec le référent handicap, des étudiants, l’équipe pédagogique, voire la direction avant de poser sa candidature. Il faut aussi se renseigner sur les transports, le logement et la vie étudiante en général.

Les modalités d’inscription 

La sélection à l’entrée est forte dans la plupart des formations artistiques, qu’elle se fasse sur dossier ou sur concours. Les critères de sélection à l’entrée sont les mêmes pour tous. DN MADE, licences universitaires, écoles d’art publiques, prépas artistiques (CPES-CAAP, uniquement), CPGE arts et design... L’inscription via Parcoursup, qui tend à se généraliser, permet aux élèves à besoins éducatifs particuliers d’apporter des éléments d’information sur leur situation, liés à la scolarité. Mais un bon dossier, du talent, un potentiel et une réelle motivation sont indispensables.

Les dispositifs d’accueil 

L’ambiance de travail et la culture humaniste propres aux formations artistiques favorisent, d’après les professionnels, l’ouverture à la différence. Au-delà de la solidarité spontanée entre les étudiants, les jeunes à besoins éducatifs particuliers bénéficient d’un accompagnement par l’équipe éducative. En classe prépa ou en DN MADE, le PPS (projet personnalisé de scolarisation) et/ou le PAI (projet d’accueil individualisé) mis en place en terminal se poursuivent. Dans les lycées, ces élèves sont suivis par l’enseignant référent à la scolarisation des élèves en situation de handicap, le chef d’établissement, le médecin ou l’infirmière scolaires. Par ailleurs, les écoles dépendant du ministère de la Culture ont désigné un référent handicap en leur sein.

À savoir : les aides à la vie quotidienne relèvent de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées). Pour un logement Crous, il faut contacter, dès la formulation des vœux sur Parcoursup, le référent handicap du Crous de la région où le jeune poursuivra ses études.

Anticipez des les auditions

Selon les besoins spécifiques du jeune, de nombreux aménagements dès les concours ou auditions puis pendant la scolarité sont possibles, à condition d’en faire la demande dès les inscriptions. Les aménagements mis en place pour le baccalauréat peuvent s’appliquer pour les concours, il est important de contacter au plus tôt dans l’année de terminale les référents handicap des écoles visées. Il est également utile de s’informer sur les stages en milieu professionnel qui seront demandés en cours de scolarité. Là encore, des aménagements seront peut-être nécessaires.

Un dispositif innovant

Créer des bandes dessinées tout en continuant de développer ses compétences par compagnonnage, c’est ce que propose l’Esat (établissement et service d’aide par le travail) Image-Arts graphiques, situé à Angoulême. Cet établissement "hors les murs", géré par l’Adapei de Charente, accueille cinq dessinateurs ou dessinatrices et illustrateurs ou illustratrices en situation de handicap, tous lauréats du concours de bande dessinée, organisé chaque année par l’association Hippocampe. Intégrés à l’atelier du Marquis, association de dessinateurs professionnels, ils bénéficient d’un cadre favorable à la création. Des professionnels de l’atelier les accompagnent, leur apportent conseils et émulation grâce à une dynamique de groupe. L’Esat Image-Arts graphiques, qui vient de signer une convention avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême, souhaite développer ce dispositif, encore expérimental, afin d’offrir des débouchés pour les dessinateurs en situation de handicap talentueux.