Situation de handicap : Où travailler ?

Date de publication : 22 juillet 2025

Lors de son entrée dans la vie professionnelle, un jeune en situation de handicap doit faire connaître ses besoins pour s'assurer un environnement de travail favorable. Retour sur les différentes possibilités existantes sur le marché du travail.

Image d'illustration, crédit photo ci-après

Les prérequis à l'insertion professionnelle

Préparer son entrée dans la vie professionnelle, c’est se poser tôt la question de son avenir, s'interroger sur ses envies et ses possibilités. La grande majorité des personnes en situation de handicap actuellement en poste travaillent en entreprise ordinaire. Dans le secteur privé, la fonction publique ou les entreprises adaptées, de nombreux métiers sont accessibles. Des aménagements de poste de travail, des aides techniques appropriées permettent de compenser un handicap. La reconnaissance d'un statut, la RQTH, attribuée par la CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées), permet d’accéder à l’ensemble des dispositifs spécifiques d’aide à l’insertion et au maintien dans l’emploi.

Emploi ordinaire en entreprise classique avec ou sans mobilisation du dispositif de l’emploi accompagné, EA (entreprise adapté), Esat (établissement et service d’accompagnement par le travail), les personnes en situation de handicap à la recherche d’un emploi pourront envisager toutes les options qui s’offrent à eux. 

Dans les entreprises privées et la fonction publique

La fonction publique et les entreprises privées, sont soumises à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés. Pour favoriser l’insertion, des aides financières permettent de compenser des surcoûts liés aux déplacements, à l’aménagement du poste de travail, à la formation ainsi que, si nécessaire, à l’accompagnement par un auxiliaire de vie, dans le secteur privé comme dans la fonction publique. 

Dans le secteur privé, l’Agefiph (association nationale de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées) apporte des aides complémentaires aux aides de droit commun, qui permettent de compenser les surcoûts liés au handicap.

Dans la fonction publique, le FIPHFP (fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique) a pour vocation de favoriser le recrutement ou le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap. Le recrutement peut se faire par concours ou par la voie contractuelle ou dans le cadre d’un contrat d’apprentissage.

Dans les entreprises adaptées et les entreprises adaptées de travail temporaire

Entreprises du milieu ordinaire, les EA (entreprises adaptées) et les EATT (entreprises adaptées de travail temporaire) ont la particularité d’employer 55 % de travailleurs en situation de handicap pour les EA, et 100 % pour les EATT. Les EA permettent de bénéficier d’une expérience professionnelle, d’une formation qualifiante et d’un accompagnement renforcé et individualisé favorisant la réalisation de votre projet professionnel, dans le cadre de CDD « Tremplin », contrat à durée déterminée de 4 à 24 mois (renouvelable si nécessaire pour achever une formation). Pour leur part, les EATT proposent des contrats de mission (de 24 mois maximum) ou des CDI (contrats à durée indéterminée) intérimaires, dans lesquels les conditions de travail seront adaptées à votre situation.

En milieu protégé de travail

Les personnes en situation de handicap qui ne peuvent pas travailler en milieu ordinaire peuvent exercer une activité professionnelle en Esat (établissements et services d'aide par le travail). Les Esat sont des établissements du secteur médico-social qui associent des activités professionnelles à un soutien médico-social et éducatif. Ils emploient des travailleurs en situation de handicap à partir de 20 ans (16 ans sur dérogation).

L'orientation vers un Esat, relevant de l'emploi protégé, sera proposée par France Travail, en collaboration avec les Cap emploi et les MDPH (maisons départementales des personnes handicapées) parce que le diagnostic professionnel réalisé en lien avec la personne a permis notamment par des immersions de l’identifier comme l’environnement professionnel le plus adapté.

Pour permettre une évolution vers le milieu ordinaire, les travailleurs d’Esat peuvent être mis à disposition d'une entreprise ordinaire ou adaptée pour y exercer une activité à l'extérieur de l'établissement, auquel ils restent rattachés. Ce détachement fait l’objet d’un contrat écrit, d’une durée maximum de 2 ans. En cas de rupture de ce contrat de travail, la personne est réintégrée de plein droit en dans son Esat d’origine. Elle peut aussi cumuler une activité professionnelle à temps partiel en Esat avec un contrat de travail à temps partiel auprès d'un employeur du milieu ordinaire.

À savoir : Les Esat "hors les murs" sont des structures d’insertion qui accompagnent des travailleurs en entreprise ordinaire, avec un suivi sur plusieurs années. Les personnes bénéficient d’une convention passée entre l’Esat et leur employeur. Elles peuvent progressivement devenir salariées de l’entreprise.

Devenir son propre patron

La création d’entreprise est possible grâce à des aides, notamment financières, et le soutien de réseaux dynamiques. La demande d’aide doit être faite par l’"handipreneur", avant l’immatriculation ou la reprise d’activité, auprès de sa délégation régionale Agefiph.

Par ailleurs, H’up entrepreneurs et Linklusion accompagnent les TIH (travailleurs indépendants handicapés) dans leur complément de formation, la mise en place de leur projet, le développement de leur activité.

En 2021, les TIH (travailleurs indépendants en situation de handicap) étaient ainsi 80 000 à être leur propre patron (étude avenir de Linklusion).

Guide pratique édité par APF France handicap avec le soutien de l’Agefiph

Le principe de non-discrimination

La loi oblige tous les établissements publics ou privés de plus de 20 salariés à compter au moins 6 % d’employés ou stagiaires en situation de handicap. Tous les employeurs, quels que soient leurs effectifs, sont tenus d’en déclarer le nombre et de proposer des solutions pour leur permettre de conserver leur emploi : aménagements d’horaires et/ou du poste, télétravail, recours à des logiciels ou à du matériel particulier, etc.