Parole d'expert
Réussir en prépa ECG (économique et commerciale générale)
Alain Joyeux, enseignant en CPGE ECG au lycée Joffre à Montpellier (34) et président de l’APHEC (Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales)
Enseignant de géopolitique en classe préparatoire économique et commerciale voie générale, Alain Joyeux préside aussi l’APHEC (Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales). Il revient sur les attendus de cette formation et donne des conseils pour s'y épanouir.
Qu’est-ce que la prépa ECG ?
C’est une formation d’excellence, qui permet d’intégrer l’une des 23 meilleures écoles de commerce. Son ADN est la pluridisciplinarité : elle associe aux mathématiques un enseignement très important d’économie ou de géopolitique, des lettres, de la philosophie et des langues vivantes. Elle s’adresse à des étudiants curieux, voulant comprendre les grands enjeux du monde contemporain, mais aussi acquérir des méthodes de travail efficaces, qui leur seront utiles tout au long de leur vie professionnelle.
Quels sont les profils accueillis ?
Ils sont très variés ! Seul critère exigé ? Ne pas avoir abandonné les mathématiques au lycée et avoir au moins suivi l’option maths complémentaires en terminale. Ne pas avoir choisi les enseignements de spécialité HGGSP (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques) et SES (sciences économiques et sociales) au lycée n’est pas rédhibitoire pour suivre les enseignements de HGGMC (histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain) et d’ESH (économie, sociologie et histoire du monde contemporain) en prépa. Au-delà du profil, nous cherchons surtout des élèves motivés, curieux, et dotés d'une forte capacité de travail.
Vos recommandations aux lycéens sur Parcoursup ?
Utiliser tous leurs vœux et ne pas s'autocensurer, les prépas ne recrutent pas que les têtes de classe ! Ensuite, plusieurs parcours sont possibles car les élèves choisissent entre maths approfondies et maths appliquées, et entre HGGMC et ESH. Ils doivent donc cibler des lycées, en fonction de leur offre (tous les établissements ne proposent pas les deux choix). La localisation géographique est bien sûr aussi essentielle : s’éloigner de sa famille n’est pas toujours un pari gagnant.
Faut-il avoir un projet avant d’entrer en prépa ?
Ce qui doit guider les étudiants, c’est l’envie d’intégrer une école de commerce avec, à la sortie, des débouchés extrêmement larges : finance, marketing, comptabilité, mais aussi relations internationales, humanitaire... Aux entretiens de personnalité et de motivation, lors des oraux d’admission, les jurys n’attendent pas forcément des candidats qu’ils aient déjà un projet ficelé. D'autant que les métiers évoluent avec l’IA : certains vont disparaître, d’autres sont en train de se transformer, de nouveaux vont émerger…
Quels sont vos conseils pour réussir ?
Avoir un équilibre entre travail et vie personnelle, en continuant à pratiquer un sport par exemple. Ensuite, pour limiter son stress à l’approche des épreuves, il faut garder en tête que c'est un concours de classement, et non d’élimination. Il existe presque autant de places dans les écoles que de nombre de candidats. Chacun est donc assuré d’en obtenir une, et les étudiants sérieux durant deux ans sont souvent admis dans plusieurs écoles. La prépa, c’est le choix de l’ambition avec un risque très marginal d’échec.