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Fiche secteur

Agriculture : des compétences nouvelles

Publication : décembre 2013
L’agriculture française continue son adaptation aux évolutions de la société : forte pression foncière, marchés fluctuants, diminution de réserves d’eau, les chefs d’exploitation sont désormais autant gestionnaires des espaces naturels que travailleurs de la Terre. Le secteur continue de se féminiser et de flirter avec le high tech, diversifie ses modes de commercialisation et ses débouchés, développe des labels de qualité… Dans les exploitations, la relève est attendue : une sur deux sera à céder dans les 10 ans à venir. L’emploi salarié offre de belles perspectives et le machinisme agricole cherche des profils techniques et commerciaux.

Labourage et pâturage

En tête des pays Européens, la France agricole est dynamique malgré les difficultés. Plus de 1 million de femmes et d’hommes participent à l’activité agricole dans plus de 510 000 exploitations. Spécificité du secteur, il regroupe majoritairement des chefs d’exploitation qui emploient des membres de leur famille et de très nombreux saisonniers.

Cependant, grâce notamment à la modernisation des machines qui entraîne une plus grande facilité d’utilisation, le secteur se féminise et, désormais, plus d’un quart des agriculteurs sont des femmes (27 %).

Un secteur diversifié…

Horticulture, viticulture, élevage d’animaux à cornes, de chevaux, élevage de poissons ou de fruits de mer, entretien de la forêt, culture de céréales, de légumes, production de lait et d’alcool… La production française est un inventaire à la Prévert. Alors qu’elle en représentait les 2/3 dans les années 80, la production constitue désormais la moitié du PIB (produit intérieur brut) de l’agriculture, l’autre étant complétée par l’industrie agroalimentaire.

… qui recrute

Malgré des contraintes réglementaires de plus en plus complexes (traçabilité, qualité, calibrage) qui nécessitent d’investir et de s’endetter, l’agriculture recrute, des salariés surtout.

Pôle emploi l’affirme : chaque année, près de 12 000 emplois ne sont pas pourvus dans le secteur agricole. Pourtant, la moitié des offres concerne des postes en CDI.

Parmi les métiers qui peinent à recruter : agent d’élevage (en particulier pour les filières bovins lait et porcins), ouvrier agricole ou viticole, chef de culture, agent d’entretien d’espaces verts et conducteur de travaux paysagers, tractoriste connaissant la mécanique.

Les commerciaux en agrofournitures et en agroéquipement sont également très recherchés.

A contrario l’expérimentation offre peu d’emplois, qui plus est parfois à durée limitée.

Dans les chambres d’agriculture, on recrute surtout des ingénieurs, pour des postes de conseiller agricole ou de chargé de mission auprès des collectivités publiques et des organismes professionnels.

Pour les métiers de la gestion forestière, il faut savoir être mobile et élargir son profil. Des départs à la retraite sont attendus à partir de 2016 dans ce secteur.

Des perspectives s’ouvrent également dans la gestion des exploitations avec le départ à la retraite de nombreux agriculteurs (l’âge moyen des agriculteurs est de 50 ans). Chaque année, c’est plus de 12 000 jeunes qui s’installent. Et autour des chefs d’exploitation gravite une multitude de métiers pourvoyeurs d’emplois.

L’agrandissement de la taille des exploitations, la diminution de la main d’œuvre familiale, la modernisation des équipements, contribuent au développement des métiers du conseil et du secteur para-agricole (agrofournitures, agroéquipement) qui sont friands de jeunes diplômés. Pour preuve, leur insertion professionnelle est rapide et pérenne.

Des métiers en pleine mutation

A 85 % des ouvriers, les métiers de la production regroupent la plus grosse partie de la population agricole. Un travail en extérieur soumis aux aléas climatiques, au contact des animaux pour les éleveurs, où l’on ne compte pas ses heures… A l’instar des productions, les métiers sont très divers : horticulteurs, céréaliers, techniciens/gestionnaires forestiers, viticulteurs, aquaculteurs… Au sein de ces exploitations, les chefs de cultures et d’élevage, les maîtres de chai sont particulièrement recherchés.

Pour les aider à faire face à des contraintes législatives et qualitatives (labels AOC – appellation d’origine contrôlée, bio, etc.) de plus en plus complexes, les agriculteurs peuvent s’appuyer sur des organismes de conseil.

La recherche agronomique (comme l’Inra – Institut national de la recherche agronomique, ou l’Ifremer – Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), les agrofournisseurs (semences et engrais, comme Monsanto) et les coopératives agricoles (comme Savéol pour les tomates) ont contribué à créer une diversité de métiers : conseiller agricole, conseiller d’élevage, technicien d’insémination, technicien d’expérimentation, conducteur et technicien de maintenance et technico-commercial en matériel agricole.

Afin de préserver leurs marges, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à vendre directement leurs produits. Les Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), par exemple, se multiplient sur tout le territoire. A noter qu’un tiers des agriculteurs ont une activité non agricole, tournée vers le tourisme et les loisirs (comme l’hébergement en gîte rural ou le développement de fermes éducatives).

Les métiers du paysage recouvrent des postes, des compétences et des niveaux de responsabilité très variés. Ce secteur recrute chaque année plusieurs milliers de diplômé(e)s d’un bac pro, d’un BTSA ou encore issus d’une école d’ingénieurs. Selon l’expérience et les qualifications, les possibilités d’évolution vers des postes d’encadrement sont fréquentes. Nombreux sont les chefs d’entreprise, les conducteurs de travaux ou les directeurs d’agence qui ont démarré simples jardiniers.

Témoignages de professionnels

Des formations de terrain

La France est l’un des pays où les agriculteurs sont les plus formés, et l’obligation de détenir une "capacité professionnelle agricole" pour exercer devrait encore accentuer cette tendance.

L’enseignement agricole est le 2e dispositif éducatif après l’Éducation nationale qui propose un ensemble de qualifications et diplômes de la 4e au doctorat et forme chaque année 190 000 élèves et étudiants au sein de diverses structures publiques ou privées.

Une centaine de formations, du bac au bac+2 permettent de travailler dans ce secteur, de la production (cultures, élevage, forêt) aux métiers para-agricoles (équipement agricole, conseil).

Et si le bac pro est suffisant pour s’installer, les bac + 2 et + 3 tendent à devenir majoritaires : 57 % des emplois s’adressent à des titulaires d’un BTSA (brevet de technicien supérieur agricole, une dizaine de spécialités) ou d’une licence pro (protection des sols, environnement, développement durable, agriculture raisonnée, biologique, management d’une exploitation, techniques commerciales, marketing...).

Les diplômés des écoles d’agronomie (bac + 5) visent plutôt les postes d’ingénieurs de conception ou encore de managers dans de grandes exploitations. Toutefois, ils sont nombreux à se diriger vers d’autres secteurs plus valorisés, en particulier l’agroalimentaire.

Enfin, il faut compter 7 ans d’études pour devenir vétérinaire en passant pas l’une des 4 écoles françaises.

Quant à l'univers du paysage, il se rejoint à tous les niveaux d'études, du CAP au diplôme d'ingénieur ou de concepteur paysagiste, sous statut scolaire ou par la voie de l'apprentissage. Ces formations proposées par l'enseignement agricole s'appuient sur des situations concrètes, en lien avec des professionnels.

Témoignages d'étudiants en agriculture

Les publications de l'Onisep

Les métiers de l'agriculture et de la forêt

Les métiers de l'agriculture et de la forêt, collection Parcours

Parution : décembre 2013

Les métiers du paysage (2013)

Les métiers du paysage, collection Zoom sur les métiers

Parution : août 2013

Document à télécharger. Vente également sur la librairie web

2013_ZOOM_PAYSAGE.pdf (15,73 Mo)

Animaux (2011)

Les métiers auprès des animaux, collection Parcours

Parution : avril 2011

Les métiers de l'environnement, collection Parcours

 Parution : janvier 2011

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