Restaurateur / Restauratrice d'oeuvres d'art

Des tableaux aux couleurs assombries par le temps, une sculpture ternie par la pollution, une jarre brisée, un meuble endommagé... Le restaurateur ou la restauratrice d'œuvres d'art est là pour donner une seconde jeunesse à tous ces objets.
Niveau minimum d'accès :  bac + 5
Statuts :  Statut artisan, Statut fonctionnaire, Statut salarié

Synonymes : Artisan-restaurateur / artisane-restauratrice, Conservateur-restaurateur / conservatrice-restauratrice

Secteurs professionnels : Artisanat d'art, Culture - patrimoine, Fonction publique

Centres d'intérêt : Je rêve d'un métier artistique, Je veux travailler de mes mains, Réparer, bricoler, j'adore ça

Le métier

Valoriser les œuvres

Le restaurateur ou la restauratrice d'œuvres d'art assure la préservation d'objets, tableaux, livres, mobiliers, tapisseries, sculptures, vitraux de valeur et de tout objet à valeur patrimoniale (patrimoine scientifique et technique). Grâce à différentes techniques, il ou elle stabilise leur état de conservation et leur rend un aspect plus conforme à leur contexte de réalisation et à l'histoire qu'ils ont traversé.

Diagnostiquer

Le restaurateur ou la restauratrice identifie les altérations d'une œuvre, dresse un constat d'état et un diagnostic. Il ou elle détermine ensuite le type d'intervention, les traitements et le temps nécessaires à la restauration selon les dégradations observées, l'époque de création, le style de l'artiste, les matériaux employés, etc.

Restaurer et prévenir

D'abord, il faut désinfester l'œuvre pour arrêter les attaques biologiques. Puis, viennent les étapes de consolidation, démontage, nettoyage, retouche, réintègration ou création de certaines pièces. Le restaurateur ou la restauratrice rédige également un rapport de traitement, illustré de photos (avant, pendant et après) qui pourra être utilisé pour de futures restaurations. Enfin, des préconisations de conservation sont faites pour éviter de nouveaux dégâts.

Le restaurateur ou la restauratrice s'occupe aussi de la conservation préventive des œuvres. Il ou elle veille à ralentir leur vieillissement en agissant sur leur environnement : conditions d'emballage et de stockage, qualité de l'éclairage, taux d'humidité...

Compétences requises

L'art du savoir-faire

Restaurer une œuvre d'art demande un savoir-faire traditionnel, le même que celui utilisé par l'artiste d'origine afin de comprendre comment l'œuvre est réalisée. L'habileté manuelle et une sensibilité artistique sont également indispensables pour rendre son identité à une œuvre. Il ne s'agit pas seulement de réparer : il s'agit de faire renaître, ce qui demande un minimum de talent.

Artiste scientifique

Des prédispositions pour la pratique artistique et des connaissances en histoire de l'art sont bien entendu indispensables mais une culture scientifique et un savoir-faire moderne le sont tout autant : des notions (en physique, chimie, biologie, minéralogie, technologies de pointe...) sont des connaissances utiles pour maîtriser les procédés techniques de la restauration.

Rigueur et respect du passé

Le restaurateur ou la restauratrice d'œuvres d'art sait faire preuve de rigueur et de méticulosité mais également de curiosité. Il ou elle s'informe de l'évolution des techniques et sait remettre sa pratique en question. Il ou elle se caractérise également par une conscience professionnelle aiguë qui suit un code de déontologie : toute restauration doit strictement respecter l'authenticité de l'œuvre.

Où l'exercer ?

En respectant des règles

Les interventions du restaurateur ou la restauratrice doivent être réversibles afin de pouvoir retrouver l'aspect antérieur de l'œuvre. Les procédés et matériaux utilisés dans le cadre de la restauration ne doivent donc nuire ni à l'objet, ni à l'environnement, ni aux personnes. Sans oublier le respect de la signification esthétique et historique, ainsi que l'intégrité physique des œuvres traitées.

Un travail collaboratif

Restaurer une œuvre d'art implique de côtoyer historiens ou des historiennes d'art, des archéologues, des conservateurs ou conservatrices du patrimoine, des scientifiques du patrimoine, des chercheurs ou des chercheuses pour répondre aux demandes de la clientèle (musées de France, Monuments historiques, collectivités territoriales, antiquaires, assurances, archives ou particuliers). Le restaurateur ou la restauratrice intervient dans son atelier ou sur les chantiers, s'adaptant à des équipes toujours différentes.

Avec des matériaux et des techniques variés

Le restaurateur ou la restauratrice travaille sur du bois, de la céramique, du cuir, du papier, du textile... avec des outils traditionnels ou modernes. Pour restaurer un tableau, par exemple, il ou elle se sert d'un pinceau, mais aussi d'une lampe à infrarouges pour voir les couches sous-jacentes ; d'une lampe à ultraviolets pour discerner les anciennes restaurations ; d'un microscope, d'un capteur hygrométrique et d'un thermomètre pour contrôler les conditions de conservation (humidité, température).

Les études

Après la 3e

3 ans pour le bac pro Arts et métiers de la pierre. Après 2 ans d'expérience professionnelle au minimum, 2 ans complémentaires pour le BP tailleur de pierre des monuments historiques, ; À noter : ce niveau d'études peut permettre d'intervenir sur des oeuvres où des parties ou fragments sont à refaire et sous la conduite d'un chef d'équipe.

Après le bac

3 ans pour le DN MADE mention patrimoine pour travailler pour une clientèle privée ou au sein d'équipes sous la responsabilité d'un chef d'équipe dans le domaine public; 5 ans pour suivre l'une des 4 formations reconnues pour travailler sur les collections des Musées de France : le diplôme de restauration du patrimoine de l'Institut national du patrimoine (sur concours post-bac), le master conservation-restauration des biens culturels de l'université Paris 1, le DNSEP des Beaux-arts de Tours ou d'Avignon.

bac + 5

Emploi et secteur

A son propre compte

La majorité des restaurateurs ou des restauratrices montent leur propre entreprise. Lorsqu'ils ou elles travaillent (de manière solitaire ou en association) dans un atelier indépendant, il leur faut démarcher leur clientèle, répondre à des appels d'offres, établir des devis, tenir une comptabilité.

Sous statut salarié ou fonctionnaire

Environ 10 % des restaurateurs ou des restauratrices sont salariés ou salariées d'une entreprise privée ou d'une association. Certaines d'entre elles appartiennent à un réseau national d'ateliers et de laboratoires des Musées de France. Quelques fonctionnaires sont recrutés ou recrutées par concours et travaillent dans un établissement public (Bibliothèque nationale, Archives). Le restaurateur ou la restauratrice fonctionnaire affecté ou affectée dans un grand établissement culturel, exerce en équipe, sur la durée, et autour d'une collection qu'il ou elle apprend peu à peu à connaître.

Besoins en peinture et sculpture

Parmi la quinzaine de spécialités recensées, ce sont la peinture et la sculpture qui répondent au plus grand nombre de commandes de restauration selon la Fédération française des conservateurs-restaurateurs. D'autres genres restent néanmoins porteurs : le textile, la céramique, le bois.

Secteur

Salaire du débutant

Variable en fonction des commandes pour les restaurateurs indépendants.

À partir de 1944 euros brut par mois, grille indiciaire d'Etat du chef de travaux d'art (échelon 1 de la grille).