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Revivez le tchat sur les métiers de la maintenance des matériels (travaux publics, manutention, agricoles et espaces verts…)

publication : 17 novembre 2016
Les entreprises de maintenance manquent de bras. Détecter, anticiper, rétablir les pannes… Ce secteur dynamique recrute à tous les niveaux et offre la perspective du plein emploi. Reste à choisir sa voie. Deux invités ont répondu à toutes vos questions mercredi 16 novembre : Jérémy Allemand, jeune technicien en poste et Florence Dupont-Pruvost, en charge des questions formation et éducation au sein de la fédération DLR. Retrouvez l'intégralité des échanges.

Revivez le tchat sur les métiers de la maintenance des matériels

La maintenance des matériels, c’est quoi ?

La maintenance des matériels, c'est l'entretien et la réparation des matériels, machines et engins agricoles, de travaux publics, de manutention et de parcs et jardins. Ces matériels, dotés de technologies de pointes, nécessitent des entretiens et des révisions périodiques. En cas de panne sur le matériel, le mécanicien procède au diagnostic et à la réparation. Ces opérations sont réalisées selon le cas en atelier ou chez le client. Elles peuvent exiger une intervention rapide, afin de permettre la reprise de l'activité interrompue.

 

ModérateurBonjour et bienvenue pour ce tchat sur les métiers de la maintenance de matériels. Nous accueillons aujourd'hui Jérémy Allemand, jeune technicien en poste, et Florence Dupont-Pruvost, chargée des questions formation et éducation au sein de la fédération DLR. Ils se tiennent prêts à répondre à vos questions. Alors, n'hésitez pas ! 

Florence Dupont-Pruvost : Bonjour. Bienvenue sur ce tchat. Nous sommes là pour répondre à vos questions. N'hésitez pas ! 

Jérémy Allemand : Bonjour. Je suis là pour répondre à vos questions aussi. Je me présente, en deux mots : je travaille chez un concessionnaire de matériels de travaux publics. En gros, je suis dépanneur. J'interviens sur plusieurs types de matériels : chariots élévateurs, pelles hydrauliques, tombereaux articulés (gros camions de chantier), chargeuses, etc. 

Myriam22 : Jérémy, quel a été ton parcours scolaire ? 

Jérémy Allemand : J’ai passé un BAC STI option systèmes motorisés. Ensuite, je me suis orienté vers un BTS Maintenance et après-vente des engins de travaux publics et de manutention (MAVETPM).

Sur les 2 ans de BTS, j’ai fait 10 semaines de stage dans 2 entreprises différentes. La première était un loueur de matériel. La deuxième était un grand groupe de BTP. J’ai ensuite trouvé un emploi très rapidement.  

Florence Dupont-Pruvost : Dans ce genre de filières, les étudiants sont souvent recrutés avant même la fin de leurs études, qu’ils soient en BAC pro, en BTS, comme Jérémy, voire en licence professionnelle. 

Mycke : Bonjour. Aurai-je du mal à trouver un emploi avec un CAP Maintenance des bâtiments de collectivités ? 

Florence Dupont-Pruvost : Dans notre secteur, il s'agit surtout de métiers en lien avec la mécanique des engins. Si c'est un domaine qui t'intéresse, il existe un CAP ou un BAC pro Maintenance des matériels. 

Flo : Qu'est-ce qui t'a fait choisir ce métier ? 

Jérémy Allemand : A la base, je voulais travailler dans la mécanique automobile. Le secteur étant bouché, je me suis réorienté vers la maintenance des matériels de travaux publics et de manutention, sur les conseils d'un de mes profs. 

Bilou : Question à Jérémy. À quoi ressemble une journée dans votre travail ? 

Jérémy Allemand : Les journées ne sont jamais les mêmes. Il arrive que je passe des journées en atelier, pour les interventions lourdes : changement de pièces, entretien, etc.
Mais la plupart des réparations se font sur site, en dépannage. Dans ce cas-là, je pars dans un fourgon-atelier équipé du matériel nécessaire au diagnostic et aux réparations. 

Yad : Quelles sont les choses qui t'intéressent le plus dans ton métier ? Et les moins passionnantes ? 

Jérémy Allemand : J'aime surtout l'autonomie que me permet mon métier. Lorsque je pars en intervention, je suis tout seul. C'est à moi de faire le diagnostic, d'identifier d'où vient la panne sur la machine. Je trouve ça passionnant. Sur les engins sur lesquels je travaille, il y a la partie moteur, la partie hydraulique, la partie transmission et la partie mécanique. C'est très polyvalent. Pour le diagnostic, on peut avoir le soutien d'un ordinateur. Mais, malgré ça, c'est à moi d'analyser le problème. 

Il y a quand même des tâches plus répétitives et moins passionnantes, bien sûr : les entretiens, la vidange...  

Boubie52 : Bonjour, y a-t-il des débouchés en mécanique de motoculture ? 

Florence Dupont-Pruvost : Oui, il y en a aussi. Il y en a dans tous les secteurs de la maintenance des matériels. 

Bruno : Pourquoi avoir choisi ce métier ? C’est ta passion depuis tout petit ? 

Jérémy Allemand : La mécanique m'a toujours passionné. Je me suis retrouvé dans le BTP par le hasard des études, comme je l'ai déjà dit, car je voulais plutôt faire de la mécanique automobile. Mais je ne regrette pas mon parcours. 

Den's : Y a-t-il des difficultés pour trouver du travail ? 

Florence Dupont-Pruvost : Non, au contraire. Chaque année, nos entreprises cherchent plus de 1 500 mécaniciens et techniciens et on n'en forme que les 2/3, faute de candidats. Les débouchés sont à tous les niveaux, surtout à partir du BAC pro.

Les postes sont partout en France. Les recruteurs sont aussi bien des petites que des grandes entreprises. Les emplois se situent principalement en France, mais il y a aussi certains postes à l'étranger. 

Yad : Quelles sont les qualités attendues ou les compétences professionnelles nécessaires pour exercer ce métier ? 

Marco : Jérémy, quelles sont les qualités qu'il faut avoir dans votre métier ? 

Vlad : Florence, quelles sont les qualités nécessaires ? Mon fils est passionné par la mécanique mais pas très doué à l'école. Il faut passer par un CAP ? Et après, quelles compétences professionnelles faut-il posséder ? 

Jérémy Allemand : Il faut avoir un minimum d'autonomie, ne pas avoir peur de se salir. On est parfois amenés à travailler en extérieur, hiver comme été : il ne faut pas avoir peur de la météo. Il faut de la patience, de l'investissement et de la passion. 

Florence Dupont-Pruvost : Vlad, votre fils peut effectivement commencer par un CAP, qui le réconciliera avec l'école. Ensuite, il se révèlera peut-être et il voudra peut-être continuer. 

Domi : A quel moment les machines tombent-elles le plus en panne ? En hiver particulièrement ? 

Jérémy Allemand : Non, pas particulièrement. Les éléments naturels n'aident pas l'électronique : la chaleur, le froid, la poussière... 

Rémy : Jérémy, quels sont tes horaires de travail ? Travailles-tu le week-end ? 

Jérémy Allemand : Non, je ne travaille pas le week-end. Quant aux horaires, ils sont assez variables. Ça dépend des interventions. 

Den's : Le (ou votre) diplôme est-il compliqué à obtenir ? Quelques conseils pouvez-vous me donner ? 

Jérémy Allemand : Non, il n'est pas compliqué à obtenir. Il faut juste un minimum de travail. 
Ne pas négliger les matières techniques, qui ont de plus gros coefficients. En BTS, par exemple, le projet de fin d'études compte pour beaucoup dans la note.  

Florence Dupont-Pruvost Il y a des emplois à tous les niveaux d'étude. L'ensemble des diplômesde la filière vient d'être revu. Aujourd'hui, le BAC pro est en 3 ans, alors qu'il était en 4 ans auparavant. Le BTS est en cours de finalisation. Il est possible d'intégrer le BTS après le BAC pro, mais aussi après un BAC STI2D, voire un BAC S. 

Syl : Bonjour, est-il possible de préparer les diplômes en apprentissage, et si oui, comment cela se passe-t-il ? 

Florence Dupont-Pruvost : Oui, toutes ces formations peuvent se préparer aussi bien sous statut scolaire qu'en apprentissage. Même sous statut scolaire, il y a des périodes de formation en entreprise. Les jeunes se forment en partie en CFA (Centre de formation d'apprentis) et en partie en entreprise. L'alternance peut varier d'un centre de formation à l'autre (une semaine en entreprise, une semaine au CFA...).

En apprentissage, les jeunes ont des contrats de travail. Ils sont salariés. Une partie des vacances scolaires sont travaillées en entreprise. C'est un très bon tremplin vers le monde du travail. 

Jojo : Jérémy, est-ce qu’il y a de l'apprentissage dans votre entreprise ? 

Jérémy Allemand : Oui. On a toujours 3 ou 4 apprentis, en CAP, BAC pro, voire BTS. Tous les ans, on accompagne des projets de fin d'études de BTS. 

Remi77 : Quels sont vos horaires de travail, vos vacances, vos congés… ? 

Jérémy Allemand : Une journée type, à l'atelier, c'est : 8h-12h15 et 13h30-17h30. En cas d'intervention, ça peut déborder. J'ai 5 semaines de congés payés par an. Et je travaille 40 heures par semaine. 

Jol : Jérémy, est-ce que ton métier est dangereux ? 

Jérémy Allemand : Oui, ça peut être dangereux. Il est important de respecter les règles de sécurité. Les risques sont liés à la taille et au poids des pièces en mouvement. Il peut aussi y avoir des risques de chute.  

Rémy : Où est-ce que tu es amené à intervenir lors des diagnostics ou réparation ? Dans des entreprises de quel type ? Y a-t-il de la pénibilité dans ton travail ? 

Jérémy Allemand : Je travaille chez des loueurs, des artisans, des maçons, des grosses entreprises de travaux publics, sur des chantiers. On a parlé des risques du métier, mais nous sommes équipés en conséquence : gants, bleu de travail, etc.  

Marlyse : Y a-t-il des femmes dans votre métier ? 

Florence Dupont-Pruvost : Il y a peu de femmes dans ces métiers-là, entre 1 et 2 %. Mais il y en a de plus en plus ! Il existe de plus en plus d'équipements d'aide à la manutention. Les femmes travaillent différemment et peuvent apporter de nouvelles perspectives. 

Laura : Jérémy, es-tu bien payé ? 

Remi77 : Pourriez-vous nous donner une indication sur votre salaire ?  

Jérémy Allemand : D'une manière générale, on est mieux payés que dans l'automobile.
Le salaire dépend du niveau d'études. Il y a aussi les heures supplémentaires, les déplacements, etc. Avec un BTS, j'ai démarré à 1 700-1 900 € bruts. 

Francky : C'est quoi un projet de fin d'études ? 

Jérémy Allemand : Pendant les 6 derniers mois de la dernière année de BTS, on doit démarcher une entreprise et déterminer avec elle un problème à résoudre : la création d'un outil, l'aménagement d'un atelier, la création d'outils de diagnostic... A partir de là, on doit définir une stratégie et trouver des solutions pour répondre aux besoins du client. Le but est de réaliser un projet, de A à Z. 

Bilou : Question pour madame Dupont-Pruvost. Une fois en poste, les jeunes restent-ils longtemps dans la même entreprise ? 

Domi24 : Est-ce que les gens qui travaillent dans votre domaine restent longtemps en poste ? Y a-t-il beaucoup de perspectives d'avenir ? Le recrutement est-il important ? 

Rémy : Y a-t-il des perspectives d'évolution dans ces métiers ? 

Florence Dupont-Pruvost : Comme il y a une pénurie de mécaniciens et de techniciens, ces profils sont très recherchés par les entreprises. Le changement d'entreprise se fait plus souvent parce que le candidat va chez un concurrent que parce que l'entreprise ne veut pas le garder.

L'ancienneté moyenne dans ce secteur est de 9 ans. Les perspectives d'évolution peuvent se faire soit dans la même entreprise soit en changeant d'entreprise. Avec l'expérience et/ou des compléments de formation, il est possible d'évoluer. Par exemple, un mécanicien peut devenir technicien, chef d'équipe, etc. Certains basculent aussi sur des postes plus technico-commerciaux, de responsables pièces détachées. Il y a près de 60 % de nos effectifs qui sont du personnel technique.

 

Thom : Quelles sont vos ambitions futures ? 

Jérémy Allemand : J'aimerais devenir soit inspecteur technique (chez le constructeur), soit chef d'atelier ou responsable technique chez un concessionnaire (manager du personnel). 

Do : Y a-t-il beaucoup d'évolutions dans les métiers de la maintenance des matériels ? Les matériels évoluent-ils vite ? Les techniciens sont-ils toujours formés en fonction de ces évolutions ? 

Florence Dupont-Pruvost : Les techniciens en poste partent au moins une semaine par an en formation, dans les centres de formation des constructeurs. 

Jérémy Allemand : Il est indispensable de se former ; on ne peut pas répondre au client en lui disant qu'on n'est pas formés ! 

Florence Dupont-Pruvost : Il faut suivre, voire anticiper les innovations.  

Bruno : Est-ce qu'il est possible de créer sa boîte dans votre domaine ? Si oui, le ferez-vous ? 

Jérémy Allemand : Oui, c'est possible, mais ce n'est pas la voie que je choisirais personnellement. 

Florence Dupont-Pruvost : Ce sont des métiers très « capitalistiques », qui nécessitent un gros investissement financier. Mais on voit des jeunes techniciens qui s'installent en montant une entreprise de location. 

Marie de Saint-Etienne : Quelles sont les évolutions possibles dans les métiers de la maintenance ? Et avec la digitalisation, les robots, est-ce que ces métiers ont vraiment de l'avenir ? 

Jérémy Allemand : La robotisation est surtout une aide, pour nous. Mais il faudra toujours quelqu'un pour faire une partie du travail.  

Florence Dupont-Pruvost : Certains de nos engins sont radiocommandés, en motoculture, notamment. Mais ils nécessitent un entretien ! 

Jérémy Allemand : Oui, les matériels ont beaucoup évolué ces dernières années. Notamment avec les normes anti-pollution. 

Vlad : Est-ce qu'il y a de mobilité vers l'étranger ? 

Florence Dupont-Pruvost : Oui, il y a de la mobilité. Quelques entreprises ont des implantations à l'étranger. Les entreprises clientes, du BTP, recherchent aussi des techniciens pour intervenir à l'étranger. Les DOM-TOM sont aussi très demandeurs.  

Jérémy Allemand : Dans mon entreprise, il arrive qu'il y ait des missions ponctuelles à l'étranger. 

Boubie52 : On ne voit pas beaucoup d'offres d'emploi, ou alors il faut avoir minimum 2 à 3 ans d'expérience pour postuler. Je souhaite faire une reconversion dans la mécanique de motoculture, mais je ne sais pas où me renseigner… 

Florence Dupont-Pruvost : Pour la motoculture, vous pouvez vous renseigner auprès du syndicat des concessionnaires de matériels agricoles et espaces verts (SEDIMA). 

Remi77 : Jérémy semble encore un peu jeune mais je pose la question plutôt à Florence. La vision du métier ou l'opinion que l’on en a change-t-elle avec l'expérience professionnelle ? 

Florence Dupont-Pruvost : Ce sont des métiers de passion. En général, même les gens qui arrivent à ces métiers par hasard y restent. A partir du moment où on aime la mécanique, il ne faut pas hésiter : le BTP et la manutention sont des secteurs très humains.  

Jérémy Allemand : J'avais une vision du travail, en sortant du BTS. Après 5 années en entreprise, je vois les choses différemment. Au niveau technique, je me sens plus à l'aise qu'avant. Je me suis perfectionné. 

J'ai travaillé chez un concessionnaire et dans une entreprise de BTP. Ce sont deux approches différentes. J'ai aussi fait du management. Aujourd'hui, je suis autonome dans mon travail, c'est moi qui réalise les dépannages. 

Modérateur : Le tchat se termine... Florence, Jérémy, le mot de la fin ? 

Jérémy Allemand : N'hésitez pas à vous orienter vers le secteur de la mécanique BTP ! C'est un secteur qui manque de candidats, mais qui est passionnant. 

Florence Dupont-Pruvost : C'est agréable de constater que vous êtes nombreux à vous intéresser à ce secteur. On espère vous accueillir très nombreux dès l'année prochaine dans les sections de maintenance des matériels et de manutention, en CAP, BAC pro, et, à terme, dans nos entreprises ! 

Modérateur : Merci à tous de votre participation. Merci à Florence et Jérémy de leurs réponses. Bon après-midi et à bientôt ! 

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