Ma 1ʳᵉ année

Bac pro plastiques et composites

C'est en 2 ans après un CAP de chaudronnerie industrielle que Nathan a préparé un bac pro plastiques et composites au lycée de Chauny. Le jeune homme souffre de troubles Dys sévères et éprouve de grandes difficultés à lire, écrire et compter. Un handicap qui ne l'a pas empêché d'obtenir son bac pro avec mention. Interview.

Image d'illustration, crédit photo ci-après

Quel parcours depuis la 3e ?

Nathan a suivi toute sa scolarité dans un collège spécialisé dans la prise en charge des élèves dyslexiques. Après la 3ᵉ, il s’est dirigé vers un CAP de chaudronnerie industrielle, attiré par le travail manuel. "J'avais bien réussi les épreuves de sélection et je m'en sortais très bien à l'atelier et en cours de techno. Par contre, j'ai beaucoup souffert dans les matières d'enseignement général, notamment en français. Je me suis senti parfois infantilisé et humilié à cause de mon handicap." Malgré les difficultés, il réussit son CAP. Mais il ressent le besoin de changer de filière et d’environnement. C’est ainsi qu’il découvre le bac pro plastiques et composites.

Pourquoi avoir choisi de préparer un bac pro dans le secteur de la plasturgie ?

Nathan, qui souhaite obtenir un bac pro, est d'abord attiré par l'ambiance du lycée. "Lors de la journée portes ouvertes, le proviseur nous a accueillis, mes parents et moi, avec bienveillance. Nous avons senti que ce serait un bon cadre pour moi," se souvient-il. "Nous nous sommes dit que je pourrais réussir dans un établissement où les professeurs prennent soin de leurs élèves." Au fil des semaines, Nathan découvre un univers technique passionnant. "J'ai pris goût à la plasturgie pendant les travaux pratiques, à l'atelier."

Que fait-on à l'atelier en bac pro ?

À l’atelier, les élèves manipulent des presses hydrauliques, règlent les machines, et suivent des procédés de transformation comme l’injection, l’extrusion ou le thermoformage. "On injecte une matière pâteuse dans une machine, et on obtient une pièce solide. C’est impressionnant." Ils apprennent aussi à utiliser les commandes automatiques et manuelles, à démarrer et arrêter les machines, et à assurer leur bon fonctionnement.

Sur quoi portent les enseignements professionnels ?

Les cours professionnels couvrent les propriétés des plastiques, le dessin industriel assisté par ordinateur, les calculs de volumes, et la mécanique des machines. "On étudie les vérins, les moules, les logiciels de CAO (conception assistée par ordinateur)... C’est technique, mais on est bien accompagnés", explique Nathan.

Qu'est-ce qui change entre la 1re et la Terminale pro ?

En terminale, les élèves gagnent en autonomie. "C’est à nous de monter le moule, de régler la presse, et de produire les pièces dans un délai donné. Comme en entreprise", raconte Nathan. Cette autonomie prépare efficacement aux stages et à l’entrée dans le monde professionnel.

Quelle est la matière qui plait le plus ?

Depuis son CAP, Nathan a développé une vraie passion pour le dessin industriel. "J’aime concevoir des pièces, imaginer leur forme, leur fonction. À la maison, j’utilise le même logiciel qu’au lycée. J’ai même dessiné les plans d’une pièce en composites pour mon aviron." L'an prochain, il compte choisir l'option conception outillage, aller plus loin dans la modélisation de moules complexes.

Quels projets ?

Nathan a déjà une idée claire pour la suite : poursuivre en BTS europlastics et composites. Il envisage de travailler dans l’aéronautique. "Je vais essayer de faire mes stages de BTS dans une entreprise qui utilise des composites. C'est un matériau très utilisé dans ce secteur."


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