C'est quoi le droit ?
L'enseignement de droit dans le supérieur
Date de publication : 28 juillet 2025
Quand on pense aux études de droit, on envisage d'abord les cursus permettant de devenir juge ou avocat. Et au droit tel qu'il est enseigné à l'université (licence, master). Mais d'autres formations supérieures, notamment certains BTS et BUT, comprennent un volet juridique dans leurs programmes.
Capacité en droit : s'initier aux principales matières juridiques
Accessible aux non-bacheliers (et aux bacheliers), la capacité en droit est une formation universitaire qui peut être suivie soit en 1 an, soit en 2 ans. Diplôme national de niveau 4 comme le bac, elle permet d'envisager une poursuite d'études dans un cursus à dominante juridique. Le programme s’appuie sur les principales matières juridiques enseignées de façon très approfondie en licence de droit. L’obtention du certificat de capacité en droit permet d’accéder, sous certaines conditions, à une 1re voire à une 2e année de licence de droit, ainsi qu’au BUT carrières juridiques ou au BTS collaborateur juriste notarial.
Au programme : droit civil, droit public, droit commercial, droit pénal, droit social, économie politique, droit administratif spécial, etc. Pour les étudiants l'objectif est de découvrir et de comprendre la méthodologie du droit, d'apprendre à lire une décision de justice ou une loi, de savoir résoudre des cas pratiques.
BTS : appréhender le droit appliqué à un secteur
Trois BTS du tertiaire comprennent un volet juridique en lien direct avec un secteur professionnel et/ou un métier. Ces formations permettent de s'insérer rapidement, tout en laissant la possibilité d'opter pour une poursuite d'études en licence pro ou en école spécialisée.
Le BTS collaborateur juriste notarial prépare au métier de collaborateur de notaire. Objectif : apprendre à constituer un dossier (succession, vente, donation, etc.), à réunir des pièces et à les exploiter, à rédiger, puis à gérer l’agenda et le suivi des dossiers.
Au programme : le cursus (30 heures par semaine) comprend des enseignements en droit général et notarial (acteurs de la vie juridique, régimes matrimoniaux, successions, droits et biens, droit de l’entreprise, rural, fiscalité...), des cours centrés sur les techniques notariales (et notamment la rédaction des actes et les formalités), etc.
Le BTS professions immobilières forme de futurs administrateurs de biens, des gestionnaires pour des organismes HLM ou un syndic de copropriété, qui doivent maîtriser les techniques de vente et de gestion des biens (négociation, prospection, comptabilité) et les bases juridiques qui s’appliquent au secteur.
Au programme : droit immobilier (droit des baux et de la copropriété, droit spécifique à la vente immobilière, fiscalité, assurances, etc.), Les autres volets du programme concernent principalement la gestion et la comptabilité.
Le BTS assurance prépare à l'exercice du métier de gestionnaire de contrats dans une société d'assurance. Ces professionnels prospectent et conseillent la clientèle, vendent des contrats d'assurance, étudient les risques, etc. Les débouchés se situent dans les sociétés d'assurances, de courtage, les agences générales ou les banques proposant des produits d'assurance. Il peut aussi travailler dans les services de gestion de contrats d'assurance des grandes entreprises.
Au programme : droit général et droit des assurances (les contentieux).
Un BUT pour aborder des notions de droit
En 3 ans après le bac, un BUT est plus spécialement centré sur l'acquisition de notions juridiques, avec une ouverture sur une éventuelle poursuite d'études dans ce domaine.
Pluridisciplinaires, les trois parcours du BUT carrières juridiques : administration et justice ; entreprise et association ; patrimoine et finance, forment des techniciens supérieurs polyvalents dotés de compétences en droit, mais aussi en gestion, en comptabilité... La plupart des diplômés continuent en licence professionnelle (activités juridiques notamment), ou en licence de droit.
Les titulaires du BUT peuvent intégrer de nombreux postes (secteur privé ou public, assurances, banques et organismes de crédits, cabinets d’avocats, études de notaires, études d’huissiers, etc. Possibilité de se présenter aux concours administratifs : douanes, administration pénitentiaire, greffier, etc.
Au programme : L'enseignement juridique représente la moitié du volume horaire. Il s’agit de droit civil (des personnes, de la famille, des biens), de droit constitutionnel, de droit pénal, des affaires, commercial, du travail, des contrats...
Acquérir des bases : licence de droit mais pas seulement
Plusieurs mentions de licence s'appuient sur un socle de connaissances juridiques. Elles permettent de poursuivre des études en master de droit, dans diverses spécialités, de préparer un concours administratif de catégorie A (inspecteur, attaché d'administration...), ou de tenter sa chance à l'entrée des formations professionnelles (greffes, lieutenant de police, par exemple).
En 3 ans après le bac (ou un certificat de capacité en droit), la licence mention droit est le diplôme fondamental de la filière juridique, et le premier pallier des études universitaires. Elle permet de poursuivre en master (en 2 ans après la licence) afin de se spécialiser (droit de l’environnement, droit social, droit de la propriété intellectuelle, parmi de nombreuses autres spécialités). La licence ouvre également l'accès aux formations professionnelles, comme la licence pro (1 an après une L2 validée).
Au programme : bases de la discipline (droit civil, droit constitutionnel, histoire du droit, droit administratif, droit pénal, finances publiques, droit de l'Union européenne...). Des TD (travaux dirigés) permettent de pratiquer les différents exercices juridiques, notamment le commentaire d'arrêt et la dissertation juridique. En 2e, et plus souvent en 3e année, les étudiants amorcent une spécialisation dans l’une des grandes spécialités (droit privé, droit public ou droit international), et ils peuvent choisir parmi certains parcours : entreprise, judiciaire, administration publique, etc.
La licence mention AES (administration économique et sociale) propose une formation pluridisciplinaire principalement basée sur le droit, l’économie, la gestion et les sciences sociales.
Au programme : droit public et privé, et plus particulièrement droit public, droit des affaires, fiscalité, etc. Autres enseignements : sociologie, sciences politiques, comptabilité, informatique, communication, etc.
La licence mention LAP (administration publique) a la particularité de préparer aux concours administratifs, en dispensant une formation juridique à des étudiants n’en ayant pas encore reçue, ou en complément pour ceux qui ont des bases.
Au programme : droit public, institutions politiques, économie et politique économique, histoire contemporaine, sociologie, etc.
Licences pro : acquérir une autre compétence ou se spécialiser
On dénombre une soixantaine de licences professionnelles relevant du droit. Accessibles avec un niveau bac + 2, elles permettent aux étudiants en droit (L2 ou 2e année de BUT validée) d'affiner leur spécialisation, ou à ceux venus d'horizons plus divers (économie, gestion, commerce, par exemple) d'acquérir une nouvelle compétence. Orientées sur un secteur d'activité (immobilier, assurances, etc.) ou sur une compétence répondant aux besoins des entreprises, elles conduisent à un niveau bac + 3.
Quelques exemples : activités juridiques : assistant juridique ; métiers de l'immobilier : gestion et développement du patrimoine immobilier ou gestion et administration de biens ; métiers des administrations et collectivités territoriales, etc. Admission sur dossier et entretien.
Master en droit : vers les formations professionnelles
De très nombreux masters en droit offrent une spécialisation juridique. Ils couvrent toutes les branches du droit (public, privé, international...), dans des domaines aussi pointus que le droit de l'urbanisme et de l'environnement, le droit social, le droit de la propriété intellectuelle, etc. Parallèlement à l'année de M1, possibilité de préparer le DJCE (diplôme de juriste-conseil en entreprise), de passer les concours d'entrée à l'ENM (école nationale de la magistrature), par exemple. Désormais, il faudra un M2 pour poursuivre en école des avocats. Autre possibilité : poursuivre en doctorat (en 3 ans après un M2) pour devenir enseignant-chercheur, mais aussi de passer le concours pour devenir commissaire de police.
Rigueur, méthodologie, capacité à assimiler un vocabulaire spécifique et à comprendre un raisonnement juridique... le droit n'est pas réservé aux littéraires. Pas plus qu'aux scientifiques ! De nombreuses qualités sont nécessaires pour réussir des études juridiques. Elles varient en fonction du cursus et surtout de l'objectif professionnel. Avocat, juge, notaire... oui mais pas que !