Décrochage : les établissements
où reprendre des études
Date de publication : 1er avril 2026
On appelle "décrocheur" un élève qui quitte ou risque d'abandonner le système scolaire sans avoir obtenu de diplôme (CAP, bac pro ou bac). Des établissements les accueillent, les remotivent et les accompagnent vers une reprise d'études et un projet professionnel durable. Zoom sur ces différentes structures.
Des dispositifs sont mis en œuvre pour aider les jeunes en situation difficile. Objectif ? Freiner les absences à répétition, le décrochage scolaire, la déscolarisation, la phobie scolaire, etc.
Les micro-lycées
Les micro-lycées accueillent des jeunes de 16 à 26 ans, sortis du système scolaire depuis au moins 6 mois, parfois depuis plusieurs années.
Les effectifs par classe sont réduits. L'objectif est d'aider les élèves à (re)préparer en 1 ou 2 ans un bac général, technologique ou professionnel et de les accompagner dans un projet de formation.
Les cours dans toutes les disciplines prévues pour chaque bac reposent sur des horaires aménagés et adaptés aux besoins particuliers de chaque élève.
Témoignages de jeunes
Les lycées de la nouvelle chance
Il existe plusieurs lycées de la nouvelle chance en France. Les critères d'admission varient selon les établissements :
- À Villeurbanne (69) par exemple, les jeunes sont âgés de 18 à 25 ans. Ils ont quitté le système éducatif scolaire depuis au moins un an et sont à la recherche d'un emploi.
- À Cergy-Pontoise (95), les jeunes ont arrêté leur parcours scolaire depuis au moins 6 mois et souhaitent reprendre une scolarité. Le lycée les accueille entre 17 et 24 ans.
Elle varie d'un établissement à l'autre :
- À Villeurbanne, elle repose sur la construction d'un projet professionnel en préparant un bac professionnel en 2 ans. La formation est organisée en alternance à raison de 3 jours de cours au lycée et 2 jours en entreprise.
- À Cergy-Pontoise, l'objectif est plutôt mis sur l'obtention du bac général ou technologique (STMG - Sciences et technologies du management et de la gestion par exemple). Les jeunes suivent tous les cours des disciplines concernées par le baccalauréat.
Les deux lycées se rejoignent au niveau pédagogique : effectifs réduits, ateliers et accompagnement individualisé pour chaque élève.
Sans être qualifiés d'"écoles de la deuxième chance", de "micro-lycées" ou encore de "lycées de la nouvelle chance", d'autres SRE (structures de retour à l’école) ou dispositifs de "raccrochage scolaire" proposent des solutions.
Par exemple : le Pôle innovant lycéen à Paris (75) ou le réseau des possibles à Saint-Vaury (23). Ils en existent dans la plupart des académies, en lien avec la MLDS (mission de lutte contre le décrochage scolaire).
Témoignages de jeunes
Les MFR (maisons familiales rurales)
Les maisons familiales rurales accueillent des jeunes dès l’âge de 14 ans.
La formation repose sur un système en alternance et en apprentissage, avec des semaines en entreprise et d'autres à l'école. Les lycéens et apprentis bénéficient d’un accompagnement individualisé. Ils sont en général internes et participent au fonctionnement de l'établissement.
Les jeunes construisent un projet professionnel pour obtenir un diplôme et s’insérer dans un emploi. Des poursuites d'études dans l'enseignement supérieur sont aussi possibles.
Les MFR encouragent les jeunes à vivre des expériences en Europe et dans le monde via entre autres, le programme Erasmus + : voyages d'études, stages à l'étranger, échanges, etc.
Les écoles de production
Les écoles de production forment des jeunes, de 15 à 18 ans, en rupture scolaire, sans qualification et en difficulté sociale.
Sous statut scolaire, les jeunes préparent un diplôme professionnel (CAP, bac pro ou certification professionnelle) proposé dans six secteurs d’activité en tension : l'automobile, le bâtiment, l'industrie, les métiers du bois, les métiers paysagers, la restauration.
Objectif : permettre aux élèves de renouer avec un projet de formation, favoriser leur insertion dans la vie active ou les accompagner vers une poursuite d’études.
La formation concilie des enseignements théoriques (1/3 du temps) et pratiques (2/3 du temps) dans un même lieu. Elle repose sur une pédagogie du faire pour apprendre.
Les élèves réalisent des commandes pour des entreprises ou des particuliers du territoire, encadrés par un maître-professionnel. Ils effectuent également un stage pour compléter leur expérience professionnelle.
Témoignages de jeunes
Les E2C (écoles de la deuxième chance)
Les écoles de la deuxième chance accueillent des jeunes, de 16 à 25 ans, sortis du système scolaire depuis plusieurs mois sans diplôme ni qualification.
Le parcours de formation dure de 4 mois à 2 ans. Les jeunes bénéficient d'un statut de stagiaire de la formation professionnelle et perçoivent une rémunération.
Les E2C proposent une formation alternant stages en entreprise et séquences de remise à niveau (français, mathématiques, culture générale, bureautique, savoir-être).
Objectif : accéder à une formation qualifiante ou à intégrer le marché du travail.
Témoignages de jeunes
Les EPIDE (établissements pour l’insertion dans l’emploi)
L'EPIDE (établissement pour l’insertion dans l’emploi) accueille des jeunes volontaires de 17 à 25 ans, qui n'ont ni qualification ni emploi, sans diplôme ou avec (jusqu'au bac) et sont en situation de difficulté scolaire, pour une durée de 8 à 10 mois.
Les jeunes signent un contrat de volontariat pour l’insertion, perçoivent une allocation (sous réserve de respecter le règlement) et sont accueillis en internat. Les jeunes participent aussi aux tâches quotidiennes relatives à la vie en communauté.
La formation s'articule autour de 3 modules :
- remise à niveau des fondamentaux scolaires ;
- formation civique et comportementale ;
- formation professionnelle en lien avec les entreprises locales pour favoriser une embauche dans les secteurs qui recrutent.
Le SMA (service militaire adapté en outre-mer)
Le SMA accueille des jeunes ultramarins, âgés de 18 à moins de 26 ans, résidant en Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, peu ou pas diplômés.
Les jeunes ont le statut militaire de volontaire des armées. Ils intègrent un internat et perçoivent une allocation.
La formation dure de 6 mois à un an en fonction du niveau du jeune et vise avant tout l'insertion professionnelle.
Le parcours s'articule autour de quatre domaines fondamentaux :
- une formation citoyenne ;
- une formation aux premiers secours ;
- une formation scolaire de remise à niveau ;
- une formation professionnelle, de 800 heures minimum pour apprendre un métier.
À l'issue de la formation, le CAPI (certificat d'aptitude personnelle à l'insertion) est délivré.
Le SMV (service militaire volontaire)
Le SMV accueille des jeunes de 18 à 25 ans, peu ou pas diplômés. Il constitue une adaptation en France du SMA.
Les jeunes ont le statut militaire de volontaire des armées. Ils intègrent un internat et perçoivent une allocation. Tout comme le SMA, le SMV a un objectif d'insertion professionnelle. Il dure de 6 mois à 1 an en fonction du niveau et des besoins du jeune.
- Une formation militaire élémentaire,
- une remise à niveau scolaire,
- une formation sportive,
- une formation aux premiers secours,
- la possibilité de passer le permis de conduire,
- une formation professionnelle en partenariat avec les entreprises et les collectivités locales.
La formation professionnelle se fait dans des secteurs garantissant de réelles perspectives d'emploi. Au terme de la formation, est décerné le CAPI (certificat d'aptitude personnelle à l'insertion).
Les lycées expérimentaux
Ces lycées accueillent des jeunes de plus de 15 ans motivés, volontaires en recherche d'une scolarité différente. Ils peuvent aussi accueillir des jeunes ayant quitté depuis longtemps le système éducatif, rencontrant des difficultés particulières ou venant de la filière professionnelle.
Quatre lycées expérimentaux (CLE Hérouville, CEPMO Oléron, lycées autogérés de Paris et Saint-Nazaire) préparent au baccalauréat général.
Les méthodes d'enseignement et de gestion sont différentes d'un établissement classique : peu de hiérarchie et cogestion de l'établissement répartie entre les élèves et l'équipe éducative.
Le programme est décidé collectivement par les élèves et les équipes éducatives. Aux cours "classiques" se greffent des expérimentations, des ateliers, des activités culturelles.
Le jeune doit être à la recherche d'une scolarité alternative, il est autonome dans son parcours, mais aussi en responsabilité vis-à-vis de ses camarades de classe et de la gestion de l'établissement. Chaque établissement est porteur d'un projet de société.
Il existe aussi des établissements alternatifs ou innovants, parfois membres de la FESPI (Fédération des établissements scolaires publics innovants).
Lycées municipaux d'adultes de la Ville de Paris
Ils s'adressent aux personnes de plus de 18 ans qui ont interrompu leur parcours scolaire, parfois depuis de nombreuses années, et qui souhaitent effectuer des remises à niveau en vue de passer un CAP, un bac général ou professionnel, un BTS, des concours administratifs ou développer des compétences spécifiques (bureautique, informatique).
Ils sont ouverts aux non-parisiens, toutefois les cours se déroulant dans les établissements scolaires de la Ville de Paris, sous réserve de se rendre aux cours.
Les cours obligatoires ont lieu le soir et le samedi matin. Les personnes s'y inscrivant s'engagent à les suivre de manière régulière et assidue. Toute absence doit être justifiée.
Les élèves peuvent suivre des cours de remise à niveau. Ils ou elles s'inscrivent aux épreuves sanctionnant l'obtention du diplôme (en candidat libre pour le baccalauréat par exemple) et doivent vérifier les conditions d'accès aux diplômes. Tous les cours proposés sont disponibles sur le site de la ville de Paris.
Les dispositifs relais
Destinés aux collégiens en risque de déscolarisation, les ateliers et classes relais peuvent accueillir parfois des élèves de lycée. Ces structures permettent une prise en charge plus globale.
Ces structures sont complétées par des internats tremplins qui accueillent des élèves en rupture profonde avec les règles et le cadre scolaire, en situation de marginalisation et d'échec scolaire.
Les dispositifs associatifs
Des associations de lutte contre le décrochage, telles que l'Afev (association de la fondation étudiante pour la ville), l'école des XV, la fondation apprentis d'Auteuil, les Cités d’Or... proposent aussi aux jeunes un accompagnement pour trouver leur voie.
Les associations sont présentes sur différents territoires. Parfois en liaison avec les établissements scolaires, elles proposent : mentorat, activités complémentaires, formation en alternance ou ateliers pour préparer un projet autrement.
Témoignages de jeunes
L'obligation de formation des jeunes de 16-18 ans, qu'est-ce que c'est ?
L'obligation de formation des 16-18 ans permet d’accompagner des jeunes ni en études, ni en emploi, ni en formation, ou qui sont sortis du système scolaire sans qualification vers une solution : poursuite d'études, retour en formation initiale ou dispositif d'insertion professionnelle.