Chargé / Chargée d'études en valorisation agricole des déchets
Synonymes : Chargé / chargée de mission pour la valorisation agricole, Chargé / chargée de valorisation agricole des déchets, Ingénieur / ingénieure biogaz, Ingénieur / ingénieure méthanisation
Secteurs professionnels : Agriculture, Recherche
Centres d'intérêt : J'aime bouger, Je veux protéger la planète
Le métier
Identifier les déchets
Les boues des stations d'épuration urbaines ou industrielles, les déchets verts, les déchets des industries agroalimentaires et des élevages contiennent des éléments nutritifs et de la matière organique. Ces composants biodégradables sont utiles pour enrichir les sols à cultiver (à la place des engrais chimiques), à condition d'être traités correctement.
Analyser la matière première
Les chargés et chargées d'études en valorisation agricole des déchets établissent d'abord l'inventaire des déchets collectés auprès des producteurs. Ensuite, un travail de prospection leur permet de trouver les exploitations agricoles susceptibles de recevoir les épandages de ces déchets. Analyser ces derniers est important pour vérifier leur innocuité et leur compatibilité avec les sols à fertiliser. Ces ingénieurs et ingénieures spécialisés proposent des solutions de traitement des boues avant de les épandre.
Faire un bilan de fertilisation
Le recyclage agricole nécessite un encadrement strict et rigoureux. Il faut vérifier qu'il n'y a pas pollution des sols et présenter un projet à l'administration. Une fois les autorisations obtenues, les chargés et chargées d'études réalisent un suivi agronomique des épandages comprenant le conseil aux agriculteurs et agricultrices, des prélèvements de sols, la préparation du planning prévisionnel d'épandage et la rédaction du bilan de fertilisation.
Compétences requises
Expertise et polyvalence
La chargée ou le chargé d'études en valorisation agricole des déchets doit avoir des connaissances en matière de compostage, de méthanisation, etc. Les réactions de fermentation nécessitent de maîtriser divers paramètres : température, acidité, composition du biogaz produit. Il faut connaître les méthodes de traitement des déchets, mais aussi les méthodes de fertilisation.
Beaucoup de réglementation
Les règles administratives des épandages sont très encadrées. Il existe, par exemple, une distance à respecter vis-à-vis des habitations voisines. Lisier, purin ou bien boue urbaine, à chaque fois l'épandage suit des règles spécifiques. Il faut aussi tenir compte de la présence de puits, de cours d'eau ou d'eau de baignade dans les alentours. Les chargés et chargées d'études prennent en compte les réglementations environnementales mais aussi des contraintes économiques au moment de rédiger leur cahier des charges qui détaille propositions et coûts.
Conviction et persuasion
Il faut de la persuasion pour convaincre les agriculteurs et agricultrices d'utiliser les déchets pour enrichir leurs sols, afin de diminuer l'utilisation de pesticides et de préserver la qualité des eaux. Des qualités relationnelles sont donc indispensables pour vaincre les réticences éventuelles.
Où l'exercer ?
Un métier de terrain
La chargée ou le chargé d'études en valorisation agricole des déchets se rend sur les exploitations agricoles, chez les industriels ; rencontre des techniciens et techniciennes agricoles, des élus et élues locaux. Les réunions et les déplacements sont nombreux, d'autant qu'il faut prendre en compte le contexte local, le climat ou encore la topographie (champ plat ou en pente) du lieu. Le métier requiert une bonne disponibilité, notamment lorsqu'il faut réunir de nombreux interlocuteurs ou faire des sessions de formation des agriculteurs et agricultrices. Les chargés et chargées d'études doivent souvent jongler avec plusieurs dossiers en même temps.
Un travail collaboratif
Le travail requiert une étroite collaboration avec l'administration, les municipalités, les chambres d'agriculture, etc. à qui il faut remettre des rapports spécifiques. Certaines recherches sont menées en collaboration avec des instituts spécialisés comme le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) ou l'Inrae (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement). L'avis de spécialistes (géologues, économistes, juristes etc.) est parfois nécessaire avant de mettre en place une solution de revalorisation, d'autant que la réglementation concernant l'utilisation des boues est très stricte.
Les études
Après le bac
5 ans pour obtenir un diplôme d'ingénieur agronome avec une spécialisation en environnement ou un master orienté en agrosciences ou en gestion, traitement et valorisation des déchets.
bac + 5
bac + 6
Emploi et secteur
Un métier en développement
Des centaines de millions de tonnes de déchets organiques sont produits chaque année dans les exploitations agricoles. Il s'agit d'une ressource importante à valoriser et la France détient l'un des plus gros potentiels de production de biogaz agricole en Europe. La dégradation de matière organique par méthanisation pour produire de l'électricité, de la chaleur ou du biocarburant a le vent en poupe. On compte 1 400 sites de méthanisation en France, dont près de la moitié sont détenus par des agriculteurs ou agricultrices, sans compter les projets en cours.
Sur tout le territoire
Les chambres d'agriculture emploient une cinquantaine d'experts et expertes en valorisation pour favoriser cette économie circulaire verte. Elles promeuvent aussi le recyclage de proximité (traiter les déchets verts des collectivités au sein d'une ferme proche). Le métier est donc recherché pour mettre en place la transition des habitudes dans la filière agricole.
Des perspectives d'évolution
Les emplois se trouvent au sein d'une chambre d'agriculture, chez un industriel du biogaz, en bureau d'études, en cabinet de conseil, dans un institut technique ou de recherche. Le chargé ou la chargée d'études peut accéder à la direction d'un bureau d'études ou devenir responsable de recherche.
Secteur
Salaire du débutant *
À partir de 2750 euros brut par mois, variable en fonction du lieu d'exercice et du statut.
* variable en fonction du lieu d'exercice, du statut.



