L'alternance dans l'enseignement supérieur
L'apprentissage en école d'ingénieurs
Date de publication : 30 janvier 2026
Préparer son diplôme d'ingénieur tout en acquérant de l'expérience en entreprise : c'est ce que proposent plusieurs centaines de formations d'ingénieur en apprentissage. Une formule qui demande une grande motivation, mais séduit les étudiants comme les employeurs.
Les candidats et candidates à l'apprentissage en école d'ingénieurs doivent passer la sélection de l'école mais aussi trouver une entreprise d'accueil.
De nombreux cursus ingénieurs en apprentissage
Les trois quarts des écoles d'ingénieurs proposent des formations en apprentissage. Des formations qui sont la plupart du temps spécialisées dans un domaine (BTP, électronique, informatique, mécanique, etc.), mais aussi à vocation généraliste pour quelques-unes.
Le diplôme obtenu par la voie de l’apprentissage, loin de constituer une "sous-marque" par rapport au diplôme préparé par la voie scolaire, répond aux mêmes critères de qualité édictés par la CTI (Commission des titres d’ingénieur) : sélection des futurs apprentis et apprenties, enseignements poussés en sciences, en communication, en gestion et en langues, ou encore expérience à l’international. La distinction avec les formations sous statut étudiant se fait donc sur les modalités d’acquisition et non sur le contenu.
Une sélection en deux temps
Le recrutement effectué par les écoles pour la formation en apprentissage est généralement distinct de celui organisé pour la filière classique. Il s'opère seulement au niveau bac + 2 ou bac + 3. Les diplômés de BUT et de BTS sont majoritaires. Par ailleurs, près d'un admis sur quatre vient d'une formation en apprentissage.
La sélection par l'école
- Elle commence en général par un examen du dossier. Les formations exigent des diplômes précis qu'elles détaillent sur leur site. Les résultats de l'étudiant ou étudiante, ses éventuels engagements et les appréciations des enseignants sont aussi passés en revue.
- Des tests écrits ou oraux peuvent être organisés pour vérifier le niveau des candidats et candidates en mathématiques, physique, français ou anglais.
- Les candidats et candidates retenus sont ensuite convoqués en entretien devant un jury composé d'enseignants et de professionnels, pour mesurer leur potentiel à mener de front cours théoriques et travail en entreprise.
Le recrutement par l'entreprise
L'admission en école n'est définitive qu'après la signature d'un contrat d'apprentissage avec une entreprise. Il est préférable de commencer les démarches le plus tôt possible, avant même de disposer des résultats d'admissibilité par l'école.
Le contrat d’apprentissage faisant de l’élève ingénieur un salarié à part entière de l’entreprise, les recruteurs prévoient plusieurs entretiens, notamment avec le responsable des ressources humaines et le futur responsable hiérarchique.
Organisation de la formation
L'apprentissage est le plus souvent organisé sur les 3 ans du cycle ingénieur. Certaines écoles proposent l’apprentissage uniquement sur les 2 dernières années du cycle ingénieur.
Le rythme d'alternance varie d'une filière à l'autre. Souvent, les périodes s'allongent au fur et à mesure du cursus : au début, les apprentis ont 1 mois de cours, puis 1 mois en entreprise, puis 2 mois de part et d'autre, puis 3 mois/3 mois. En dernière année, certaines écoles proposent 6 mois de cours, puis 6 mois en entreprise pour la réalisation du projet de fin d'études.
Si les apprentis et apprenties ont un peu moins de cours que les élèves en formation classique, ils et elles ont le même programme à assimiler. Le rythme est donc soutenu. Les enseignements s’appuient notamment sur les cas concrets vus par les élèves en entreprise.
L'apprenti ou apprentie bénéficie d'un double encadrement : un maître d'apprentissage en entreprise et un tuteur ou une tutrice pédagogique en école.
Un accès à l'emploi rapide
Les apprentis et apprenties ingénieurs arrivent sur le marché du travail avec une expérience professionnelle d'au moins 18 mois à faire valoir, ce qui intéresse les recruteurs. Résultat : les jeunes ingénieurs et ingénieures issus de l'apprentissage ont un taux net d'emploi un peu plus élevé que les diplômés et diplômées sous statut scolaire.
Une partie d'entre eux et elles n'ont même pas à rechercher un emploi, puisque leur entreprise d'accueil leur fait une proposition d'embauche. Selon la CGE (Conférence des grandes écoles), quatre apprentis ingénieurs sur dix diplômés en 2024, hommes ou femmes, ont été recrutés ainsi.