Comment devenir avocat ou avocate ?
Questions-réponses sur les études de droit
Date de publication : 29 novembre 2024
La licence de droit représente l’une des formations universitaires les plus demandées par les lycéens et les lycéennes au moment des vœux sur Parcoursup. Comment s’organisent les études de droit, quel profil est adapté, quelles sont les spécialisations possibles en master ? Quand intégrer une école d’avocat ? Cette FAQ vous explique.
L’admission en 1re année de licence de droit se fait uniquement via la plateforme d’inscription Parcoursup. Pour candidater, les élèves de terminale doivent avoir répondu à un questionnaire d'auto-évaluation en droit, disponible sur le site de l'Onisep.
Obligatoire, ce questionnaire doit permettre aux candidats d’avoir un premier aperçu des connaissances et compétences à mobiliser pour réussir en licence de droit. C’est un test d’auto-évaluation, dont les réponses ne sont pas communiquées aux établissements. Il est sans incidence sur les chances d'admission dans la formation demandée.
Pour en savoir plus sur les attendus en licence de droit, le programme, les objectifs, ainsi que les établissements de formation :
Les études de droit à l'université s’adressent aux lycéens ayant un très bon niveau d'ensemble.
Les bacheliers généraux sont les plus nombreux à s’inscrire en licence de droit. Les élèves en voie générale qui envisagent cette licence après le bac peuvent privilégier certains enseignements de spécialité permettant d'acquérir une bonne culture générale : sciences sociales et économiques (SES), histoire-géographie, géopolitiques et sciences politiques (HGGSP) ou humanités-littérature-philosophie (HLP), notamment.
En licence de droit, on trouve aussi des bacheliers technologiques, en particulier des titulaires du bac STMG. Certaines universités leur proposent de suivre une année de mise à niveau en français, en culture générale et en méthodologie, en vue d'augmenter leurs chances de réussite en licence.
Les bacheliers professionnels, très rares en licence droit, ne sont pas bien préparés aux exigences des études universitaires.
Le droit tel qu'il est enseigné à l'université est une discipline entièrement nouvelle pour les lycéens, et chacun doit l’appréhender comme telle ! La 1re année de licence de droit s’avère difficile et exigeante, avec des notions à découvrir et à assimiler rapidement, sans oublier une méthodologie propre aux études juridiques. Il vaut mieux parler de compétences et d’aptitudes personnelles plutôt que d'un profil type lié à un enseignement de spécialité choisi pour le bac.
Le droit repose sur l’analyse, le raisonnement et la capacité à argumenter. Si certains étudiants sont plus à l’aise en dissertation, en expression écrite et orale, d’autres compensent rapidement en étant plus méthodiques et rigoureux dans leur approche de la discipline. Il n’y a donc pas un profil gagnant pour aborder le programme.
Réussir en droit, c’est d’abord, et surtout, adopter une bonne méthode, comprendre certains mécanismes, une façon de penser, tout en faisant preuve d’une réelle capacité de travail.
Oui et non. La licence AES par exemple, qui offre une formation équilibrée en économie, gestion, droit et sciences sociales, permet d’envisager une poursuite d’études en master droit (avec une coloration plus forte en gestion ou en droit proposée par certaines universités). Mais d’une manière générale, cette mention n’est pas adaptée car elle ne dispense pas les mêmes enseignements qu’une licence de droit.
En 3e année de licence, c’est le moment de choisir une spécialisation (droit civil, droit public, droit des affaires…), à approfondir une fois en master. Ce choix est étroitement lié au projet professionnel. Pour les étudiants qui visent l’examen d’accès à une EDA (école des avocats), toutes les spécialités sont possibles, mais il est recommandé d’approfondir le droit privé. Le droit des obligations et la procédure pénale doivent être connus pour exercer comme pénaliste. D’autres spécialités conviennent également, notamment le droit des affaires mais aussi le droit public ou encore un double diplôme droit-économie.
L’admission en 1re année de master (M1) est sélective. Elle est organisée via la plateforme d’inscription Mon Master. Elle dépend de l’université et de la formation (très demandée ou non). Chaque UFR a ses propres modalités de recrutement, parfois variables d’une spécialité à l’autre. Certains masters nécessitent des prérequis, d’autres non. Le plus souvent, l’étude du dossier est complétée par celle du CV et de la lettre de motivation, et suivie d'un entretien. Un étudiant ou une étudiante bien renseignée sur la formation visée, capable d’expliciter les raisons de son choix et de présenter un projet professionnel cohérent, a toutes ses chances.
Droit de l’immobilier, droit social, droit pénal et financier… de plus en plus de masters proposent la formule de l’alternance. La formation s’articule alors autour d’un socle de connaissances théoriques à l’université et d’une mission en entreprise. Si les avantages sont évidents (rémunération, expérience et connaissance du monde du travail…), il faut se préparer à un rythme soutenu !
Les alternants mènent de front des cours (2 jours à l’université, par exemple) et un emploi (3 jours par semaine). Cette modalité d’étude nécessite donc une bonne capacité de travail et d’organisation. Certains masters s’effectuent en alternance sur les 2 années (M1 et M2), d’autres seulement en 2e année (M2).
L’examen d’accès à la formation d’avocat est difficile. Pour augmenter leurs chances, les étudiants en droit suivent souvent une préparation spécifique aux épreuves écrites et orales. D’autant plus qu’ils n’ont droit qu’à trois tentatives ! La plupart optent pour les IEJ (instituts d'études judiciaires), rattachés aux universités, peu onéreux (quelques centaines d’euros pour 1 an). D’autres s’inscrivent dans des prépas privées plus coûteuses (de 1 300 à 2 900 €), environ. Quelle que soit la formule, mieux vaut consacrer son année à la préparation de l’examen plutôt mener de front préparation et master 2.
À noter : les titulaires d'une thèse de droit (bac + 8) sont exemptés d'examen.
Oui. Sciences Po Paris abrite une École de droit qui offre plusieurs spécialités dans le cycle master, dont "droit économique", pour les futurs juristes et avocats (d'affaires notamment).
L'École de droit est accessible aux sortants du cycle bachelor de l'IEP de Paris (ou d'une autre IEP) et aux titulaires de licence (ou double licence). Aucun prérequis en droit. Son master droit économique apporte, en 1re année, les fondamentaux du droit et l'acquisition des techniques et méthodes ; une année de césure est conseillée, qui prévoit deux stages professionnels de 6 mois (dans un cabinet d'avocat par exemple, en entreprise...) ou un stage et un échange dans une université partenaire. En 2e année, les étudiants choisissent une spécialisation (contentieux et arbitrage, par exemple), à destination des futurs candidats au Barreau. Plus de la moitié des diplômés passent l'examen d'entrée en EDA. Certains poursuivent leur études (LLM/master of law notamment).
En licence et en master, il faut régler les droits d’inscription universitaires, soit 175 € par an en licence et 250 € par an en master.
Les IEP sont des établissements publics rattachés à des universités, sauf celui de Paris, qui est autonome. Néanmoins, aucun cadre unifié ne régit leurs droits de scolarité. Presque tous proposent des frais d’inscription calculés en fonction des revenus des parents. Ils vont de la gratuité pour les boursiers à 4 000 € par an à Lille. Ils grimpent jusqu’à plus de 10 000 € à Paris en cycle bachelor.